Comme cette rose de soie qui ne se fanera jamais...
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 Entretiens avec ........ le passé

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MessageSujet: Entretiens avec ........ le passé   Jeu 12 Jan - 22:17

Je me lance dans un cross over, utilisant les personnages d'IKEDA, ainsi que des dialogues tirés du manga ou du DA. Je mets par contre de coté la maladie d'Oscar et réinterprète librement certains passages pour les besoins de ma fic.
Merci à Myminette qui m'a motivée et poussée à l'écrire.



L'action se déroule en 1793 et dans le passé

Chapitre 1 : Nouveau propriétaire

L’homme sortit de l’étude d’un pas décidé : c’était fait ! Signé, il avait signé et se retrouvait propriétaire ! Lorsqu’il avait appris que le domaine était en vente, il s’était empressé de revenir vers la capitale et avait tout fait pour s’en rendre acquéreur le plus vite possible : en jour de décembre 1793, il était le plus heureux des hommes et le plus triste aussi !
Le notaire regarda partir son client : l’attitude et le maintien droit et strict sentaient l’ancien militaire à ne pas s’y tromper ! Mais derrière les apparences, il avait senti l’émotion lorsque l’homme avait apposé sa signature sur l’acte de vente, à l’hésitation de quelques secondes que celui ci avait montrée. Et également lors de l’évocation de l’ancien propriétaire : François Régnier de Jarjayes, resté sans descendance, ses biens ayant été confisqués par le Comite de Salut Public.
L’homme se mit en selle et après un dernier salut partit au grand galop.

Le trajet fut court de Versailles au domaine.
Une fois les scellées brisées et la grille ouverte, il fit remonter l’allée en friche à son cheval. Seuls les aléas propres à l’abandon semblaient marquer le château et les environs immédiats : qui aurait osé profaner les lieux où avait vécu celui ou plutôt celle qui avait aidé à prendre la Bastille !! Même si cette personne appartenait à la noblesse !

Il atteignit le porche d’entre et pénétra à l’intérieur.
S’arrêta religieusement dans le hall où il rassembla son courage pour commencer son douloureux pèlerinage ; si signer lui avait provoqué boule à l’estomac et serrement de gorge, sa présence en ses lieux était comme un coup de poignard en plein cœur : il aurait tellement aimé leur rendre visite et ne pas être, lui, maître en ce domaine !!

Il attaqua la première marche avec lenteur, puis un pas en appelant un autre, se retrouva en haut sur le palier du majestueux escalier. Enchaîna par le couloir sans savoir comment et arriva devant SA porte, SA chambre. Entra… Il était dans le petit salon avec son piano, souleva le couvercle, effleura les touches et en tira un son aigre et faux : il le ferait réaccorder par devoir de mémoire même s’il ne savait pas jouer lui-même. Passa dans la pièce suivante où était le lit, inchangé……..Exactement tel qu’il l’avait vu lors de la veillée funèbre……. Mais vide ….Sans elle…. Bien que l’image de son corps sans vie y reposant resta gravé à jamais dans sa mémoire !! Il ressortit en courant, l’émotion trop forte le submergeant.

Il poursuivit le couloir, ouvrant des portes et les refermant successivement……..Pour finalement déboucher sur une des chambres principales : celle du Général, comme l’attestait le portrait trônant au-dessus du lit. Il eut un sourire mauvais, regardant haineusement cet homme qui avait fait de sa fille, son fils et l’avait poussé vers le destin tragique qui avait été le sien. Il décida aussitôt que ce serait sa chambre à coucher : François de Jarjayes aurait été fou de rage de le savoir occuper ce lieu, revanche dérisoire s’il en était ! Il décrocha le cadre et le posa, peinture vers le mur afin de bien marquer son territoire.

Puis regagna le rez de chaussée et se dirigea vers les communs et la chambre d’André. Y pénétra, en fit le tour, semblant encore sentir la présence de son ancien occupant. En reculant son pied heurta malencontreusement le socle de la cheminée, son talon provoquant un son creux. Il se baissa, tâta la brique qui se sépara du mur révélant une cache. Fouillant de la main à l’intérieur, il la ressortit serrant des carnets à la couverture poussiéreuse. Qu’il ouvrit et parcourut rapidement : l’écriture d’André ! Il les examinerait plus tard !
Maintenant le plus urgent était d’engager une armée de domestiques et ouvriers pour redonner lustre et éclat au château, afin que tout soit prêt pour Noël.

***************************************

25 décembre
Il se trouvait dans la salon de réception en élégante tenue. Seul. Car n’ayant pas eu le temps de convier des hôtes, et n’ayant plus de famille à réunir autour de lui.
Mais il ne s’ennuyait pas en ce soir de fête : il avait agréablement dîné, la nouvelle cuisinière ayant mitonné de délicieux plats accompagnés de bon crûs.
Soirée qu’il allait poursuivre de plaisante façon : derrière lui sur la table basse, étaient posés une bouteille de cognac 1755 et les carnets, boisson et lecture, que rêver de mieux !
Il se servit un verre, se dirigea vers la cheminée, face au miroir la surplombant et porta un toast : « Joyeux Anniversaire, Oscar François de Jarjayes ! Puissiez-vous être heureuse avec André ! Où que vous soyez tous les deux ! »
Il but une gorgée, puis jeta le verre encore emplit de liqueur dans l’âtre : l’alcool attisa le feu, augmentant les flammes et leurs donnant une couleur étincelante, magnifique et presque irréelle. Il s’accroupit pour admirer le spectacle et à travers le fort crépitement crut entendre des voix
« Alors Oscar ! Que penses-tu de mon butin ? Je crois que j’ai de l’avenir, n’est-ce pas ! »
« Tu oublies un détail infime mon pauvre André : dès que nous aurons démasqué ce bandit nous rendrons tout cela à leurs proprietaires ! Et quand je dis tout c’est tout !

Il se redressa brusquement et dans le miroir, contempla une autre scène que son simple reflet !!
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MessageSujet: Re: Entretiens avec ........ le passé   Ven 13 Jan - 23:15

Chapitre 2 : Miroir ! Oh mon miroir ! Dis moi……..

Il se redressa brusquement et dans le miroir, contempla une autre scène que son simple reflet !!

Ce ne furent d’abord que des voix. Mais oh combien connues et familières !
Puis une image. D’abord floue et sombre…….. S’éclaircissant petit à petit, telle l’eau d’une vasque qui s’apaise lentement en une onde claire et lisse.

Il ne pouvait y croire ! Etait-ce un mirage ? Etait-il ivre malgré le peu d’alcool bu ?
Le fait d’avoir trop pensé à eux, son esprit pourtant rationnel ayant créé cette illusion ?
Il se pinça pour être sûr qu’il ne rêvait pas mais la vision persista.

Le salon était là, sous ses yeux, exacte réplique de celui qui se trouvait derrière lui.
Mais certains détails étaient différents………
La saison d’abord : les fenêtres étaient grandes ouvertes, indiquant le printemps ou l’été débutant ; alors que pour lui régnaient le froid et l’hiver !
Le moment de la journée ensuite : pour lui, l’obscurité était tombée depuis longtemps, un clair de lune envoyant de pâles lueurs sur le jardin ; tandis qu’il assistait, dans le miroir, au déclin d’un jour que les rayons du soleil réchauffaient encore.

Et surtout, il y avait elle….. Elle …… Le beau colonel de Jarjayes….. Débarrassée de son uniforme, portant une tenue décontractée composée d’un pantalon vert olive surmonté d’une chemise blanche bouffante, épousant parfaitement cette silhouette aux courbes de rêve.
Oscar……. Mais une Oscar plus jeune que celle qu’il connaissait….Aux traits plus détendus….. Aux yeux bleus océans des mers du sud, sans la froideur glaciale du regard de militaire auquel il était habitué… A la chevelure blonde, semblant des champs de blés, cascadant par vagues sur ses épaules et son dos……
Oscar…….Pourtant morte depuis 4 ans et qui se tenait là sous ses yeux, sirotant une tasse de chocolat chaud et parlant avec un André qu’il n’apercevait pas encore, mais dont la voix semblait émaner du fond de la pièce.
Et qui apparut enfin, semblant sortir de nulle part se matérialisant également dans le miroir.

ANDRE : Dommage !

OSCAR : Cela suffit André ! Tu seras libre d’aller où tu veux dès que tu en auras fini avec ce pantin masqué.

ANDRE : J'ai peur que tu ne te rendes pas compte de la situation ! Si on n’y fait rien la Noblesse risque de payer très chère ses erreurs.

OSCAR : Pourquoi t’en soucies-tu André ? Quand ce jour viendra, tu n’auras rien à craindre : tu n’es pas noble !

André ne parla pas, semblant répondre silencieusement à la dernière phrase d’Oscar.

Puis ce que l’homme n’avait pas perçu de prime abord, lui sauta littéralement au visage : deux émeraudes regardaient Oscar ! André avait ses deux yeux : il ne l’avait jamais connu ainsi, se demandant si cela avait toujours été !
Il reconnaissait que son ami avait indubitablement du charme, un attrait particulier auprès de la gent féminine…. Et qui l’avait parfois desservi, lui, qui jusque là, avait toujours été le « chouchou » de ses dames. Mais loin de lui en vouloir, il en avait pris son parti et les deux acolytes formaient depuis lors une paire redoutable lors de leurs sorties nocturnes dans les estaminets du quartier : l’un toujours calme et observateur, fixant de son œil unique qui semblait transpercer jusqu’à l’âme ; l’autre, volubile et charmeur, usant de son bagout naturel pour faire tomber dans ses bras la moindre donzelle !!
Mais là on était bien loin du compte ! Et le spectateur qu’il était devait convenir que le visage observé, si parfait de symétrie sans cette mèche de jais lui occultant la moitié de la face était digne d’Apollon lui-même !
Comment Oscar n’avait elle pas succombé plus tôt aux charmes d’un tel homme ? S’il avait été une femme ou un homme aimant les hommes……….

Il ne s’attendait pas à cela ! Mais à quoi devait-il s’attendre au juste en cette soirée de Noël ?
A un retour vers le passé, vers la vie de deux amis chers à son cœur ?
Cette nuit était magique, une grâce du Destin au milieu de la solitude qui était la sienne depuis tant d’années.
Ne sachant plus trop ce qu’il faisait, il se mit à reculer sans quitter le miroir des yeux, souhaitant s’asseoir, l’excès d’émotion menaçant son équilibre. Arrivant trop rapidement, sa jambe heurta le fauteuil derrière lui, le renversant avec un bruit mat. Il tourna rapidement la tête pour voir l’ampleur des dégâts, mais son attention fut aussitôt rappelée vers le miroir : Oscar venait d’effectuer une brusque volte face, réagissant elle aussi au son !

OSCAR : Tu as entendu, André ? Quel était ce bruit ?
ANDRE : Oui oui ! Mais à mon avis ce n’est rien : Grand-mère ou une soubrette a dû laisser tomber un objet !

A ces mots, l’homme finit par terre : plus besoin de siège, le sol était là et ferait tout à fait l’affaire ! Ils pouvaient l’entendre……. Cette vision n’était pas à sens unique…… Ils pouvaient l’entendre ! Un sourire naquit sur les lèvres de l’homme : avec ce qu’il savait il allait pouvoir agir !
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