Comme cette rose de soie qui ne se fanera jamais...
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 FIVE

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MessageSujet: FIVE   Dim 4 Déc - 17:26

FIVE

[note de l’auteur : merci à mes bêtas, Tof et Virginie (co-autrice), pour leur participation active à cette fic. Je crains malheureusement que l’esprit malin se soit à nouveau emparé de mes neurones]


Partie 1 : le goût

« Débout André »

Le jeune homme se leva brusquement, enfila un pantalon et une chemise avant de se diriger vers la source d’un vacarme pas possible qui régnait ce matin dans les cuisines : bruit de gamelles, ustensiles de cuisine qui semblaient danser au rythme des nombreuses chutes, et divers « chplofs » preuves que quelques condiments atterrissaient sans le vouloir sur le sol… du moins à en croire les paroles qui suivaient : « nooon !!! C’est pas vrai !!!!… crotte ! ».
Rassemblant tout son courage, André ouvrit la porte de ce lieu d’expérimentation et découvrit la cause de ce raffut. Oscar François de Jarjayes, militaire de profession, avait décidé de jouer la vraie petite femme d’intérieur… enfin la cuisinière. Le témoin de ces faits se passa la main devant des yeux verts en essayant de se rappeler ce qui l’avait conduite à une telle folie…. Oui, la mémoire lui revenait. Grand-mère… Oscar voulait faire une surprise à sa nourrice en lui préparant un « festin » pour son anniversaire. C’est vrai, André avait un peu tiqué en entendant la jeune femme parler de « festin ». Elle qui n’avait jamais touché à une casserole ce serait vraiment une première. Après tout elle ne faisait aucun mal… du moins, jusqu’à ce que cette créature aux cheveux de feu s’approcha de son compagnon, un sourire espiègle aux lèvres pour lui demander : « tu vas m’aider n’est ce pas ? ». Voilà c’était dit ! Elle comptait sur lui pour tout faire ! Mais André connaissait le personnage et ne voulait pas se retrouver aussi facilement derrière les fourneaux, aussi il réfléchit un instant avant de trouver la parade : « bien sur, Oscar, si tu n’es pas capable de préparer ce festin pour grand-mère, je m’en chargerais.. ». Il savait que de cette façon la jeune femme prendrait cette « mission » comme un défi et le relèverait comme toujours. Malheureusement il y avait un « hic » dans le plan d’André : ne pouvant être le cuisinier… il serait… le goûteur… goûter la cuisine d’Oscar… quelle mission périlleuse !

Voilà comment il en était arrivé là, admirant la jeune femme, un tablier autour de la taille, les cheveux relevés avec une sorte de torchon en guise de foulard et les joues et mains recouvertes de substances diverses et variées. Il prit un couteau de cuisine et attrapa le jambon qui était suspendu dans un coin de la réserve.

« Halte ! »

ANDRE surpris par l’ordre : qu’est ce qu’il y a Oscar ? C’est bientôt l’heure du repas et j’ai faim !

En effet, occupée à tous ses préparatifs culinaires, Oscar s’était levée aux aurores et avait laissé André faire la grasse matinée et l’empêchait ainsi de profiter de son cher petit déjeuner.

OSCAR : mais je suis sûre que tu dois être affamé… c’est pour ça qu’au lieu d’attendre ce soir pour goûter tous ces bons petits plats, j’ai préféré te préparer, pour toi tout seul, ton repas de midi.

Pas possible : il devait encore dormir… et faire un cauchemar… il allait devenir le seul et unique cobaye de cette cuisine « gastronomique ». Il connaissait la force de caractère d’Oscar et savait que cette fois-ci, sauf en jeûnant, il ne pourrait pas s’en sortir indemne. Résigné, il prit place à table. Oscar avait fait des efforts en lui dressant un petit coin de table sur son plan de travail, disposant belle vaisselle et couverts en argent. « Décidément, elle avait mis les petits plats dans les grands ! »


« Entrée : soupe d’asperges »

Oscar posa l’assiette de soupe devant son ami, découpa une tranche de pain et lui servit un verre de vin. Puis d’un sourire timide, elle s’écarta d’André pour guetter ses conclusions. « Bon appétit » entendit-il.
Il regarda la petite feuille de persil nager à la surface du liquide verdâtre avant d’y plonger sa cuillère. Puis il jeta un rapide coup d’œil discret à la cuisinière avant d’ouvrir la bouche pour y faire disparaître le fluide… Oscar suivait chacun de ses gestes comme hypnotisée. Une fois la cuillère enfournée, André referma sa bouche et après une brève pensée d’héroïsme « aller, j’y vais », il avala le liquide. Etrange… c’était presque bon. La soupe était à bonne température, ni trop salée, ni trop poivrée. Il se tourna pour donner son verdict : « c’est bon ». Un sourire sans pareil illumina le fin visage d’Oscar. Convaincu du faible risque que représentait le plat, le jeune homme attaqua ce « délice » de plus belle. Il plongea copieusement sa cuillère au fond de l’assiette et avala le contenu d’un trait. Soudain son visage se ferma… ses yeux se remplirent de larmes et ses joues tournèrent au vermillon… une quinte de toux phénoménale suivit les autres symptômes. André sentait une « chose » coincée dans sa gorge qui s’amusait à narguer ses amygdales. Sur le point d’étouffer, il saisit prestement le verre de vin qu’il vida cul sec ! Peu à peu, sa toux se calma et sa respiration redevint régulière.

OSCAR inquiète : ça va ? Tu as du manger trop vite…

André reprit alors sa cuillère et explora son assiette. Après quelques instants, il trouva l’objet du méfait : une sorte de petit triangle de verdure flottait parmi ses semblables… « Elle n’a pas épluché ses asperges » pensa-t-il. Devant le regard figé de la cuisinière, il tenta un rire franc avant de poursuivre son repas… prenant soin d’éviter les petits « poissons ».


« Plat principal : mystère »

André prit quelques minutes pour « digérer » sa soupe avant que la belle cuisinière ne lui propose un plat de résistance. A première vue la « chose » paraissait morte, enfin il jugea préférable de planter sa fourchette dedans pour s’en assurer. En fait dans son assiette reposaient trois catégories : un truc marron, un truc jaunâtre et un dernier blanchâtre. « Qu’est ce que ça peut bien être ? » s’interrogea André.
L’élément marron semblait assez ferme, en le coupant il distingua un jus qui s’en écoulait… ce devait être la viande… enfin une viande, laquelle… aucune idée. Puis il piqua de la fourchette les rondelles jaunes, d’après son expérience, il s’agissaient de pommes de terre, ou du moins ce qu’il en restait. Enfin il n’eut d’autre choix pour identifier le dernier constituant de ce savoureux plat que de le goûter du bout de sa fourchette… ça ressemblait à …. du lait… du fromage… non du yoghourt. Certes ces éléments pris indépendamment étaient mangeables mais là, réunis, il fallait oser.
Toujours sous le regard attentif d’Oscar, le cobaye découpa sa viande, examina son assiette, priant intérieurement pour que sa « tortionnaire » choisisse ce moment pour sortir de la cuisine afin qu’il puisse faire disparaître la chose dans un coin. Malheureusement, la dite cuisinière ne voulait pas en manquer une miette. Aucune échappatoire, il devait faire son devoir… après tout, c’était la seule et unique fois qu’il ferait honneur à sa cuisine… heureusement. Il prit donc son temps pour mâcher la viande, essayant de penser aux bonnes crêpes que Grand-mère leur faisait… mais malgré toute son imagination, ses bouchées n’avaient vraiment aucun rapport avec les délices sucrés. Au bout d’un moment, il dut renoncer… son estomac criait au scandale et le menaçait de représailles. Il posa ses couverts à côté de l’assiette et se massa discrètement l’abdomen.

OSCAR la mine déconfite : tu n’aimes pas ?
ANDRE essayant de sauver la face : en fait, je me dis que tu as sans doute préparé encore quelques surprises et je voudrais avoir encore de place dans mon estomac pour les apprécier.
OSCAR retrouvant le sourire : très bien… dans ce cas je t’amène ça tout de suite.

« Pourvu que mon estomac tienne le coup » pensa-t-il.


« Dessert : choux à la crème »

Le clou du repas approcha. André avait une petite idée sur le plat suivant, il avait repéré quelques instants plus tôt des « cadavres » de pâte trônant sur le bord du fourneau. Oscar lui avait réservé le meilleur pour la fin : dans une petite assiette, reposaient trois choux recouverts d’une sorte de nappage de chocolat et quelques quartiers de poires accompagnaient le tout. Le jeune homme resta un instant en admiration devant la présentation du dessert. Il devait bien avouer que là Oscar s’était montrée très habile : la présentation était soignée et le tout avait l’air particulièrement appétissant.
Il eut juste un petit moment de méfiance en repensant à la soupe d’asperges qui s’était révélée être une redoutable adversaire. A l’aide d’une petite cuillère, il coupa un morceau de poire…sucrée et juteuse à souhait, puis, timidement, il s’attaqua à un des choux qu’il goûta du coin des lèvres, ne relevant aucun signe de « danger ». Confiant, il engloutit donc le dessert en moins de temps qu’il ne fallut pour le dire. Repu, il but un second verre de vin.

ANDRE regardant fièrement son amie : c’était délicieux, Oscar.

En récompense de ce compliment, le goûteur se vit offrir le plus doux des baisers sur la joue. Le cœur gai, Oscar entreprit de nettoyer la cuisine avant le retour de sa nourrice, sous le regard attendri de son compagnon. Après quelques minutes de silence, elle entendit un bruit sourd envahir la pièce… André était toujours assis mais sa tête reposait à présent sur la table… il venait de s’endormir… « J’ai peut être eu la main un peu lourde sur le cognac » pensa-t-elle.





L’histoire ne dit pas ce qui fut servi à Grand-mère pour son souper d’anniversaire…
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MessageSujet: Re: FIVE   Mar 6 Déc - 19:38

Partie 2: l'ouie

Caserne des gardes françaises. Oscar sortit de son bureau pour faire sa ronde quotidienne. Aujourd’hui ce petit tour de garde se déroulerait vite : une grande partie de son régiment était de congé et un autre assurait la relève. Seuls quelques hommes restaient dans leurs quartiers ou prenaient du bon temps dans une taverne quelconque. Elle prenait la direction des dortoirs quand elle aperçut un homme disparaître furtivement derrière les bâtiments. Devant ce comportement suspect, le colonel prit la même direction pour savoir ce que recherchait l’intrus et l’arrêter le cas échéant.
L’inconnu traversa toute l’arrière cour et entra dans un des dortoirs par l’entrée de derrière. Etrangement, Oscar avait impression que la silhouette de cet homme lui était familière. Oui, elle avait cru reconnaître … Girodelle ? Non elle devait se tromper. Que viendrait faire Girodelle dans le dortoir de ses soldats, surtout que presque tout le régiment était absent. L’homme suivit le long couloir qui menait aux chambres et s’arrêta devant une des portes. Il regarda de part et d’autre pour s’assurer qu’il était seul avant de frapper. Oscar se glissa dans l’ombre lorsque le visage de l’intrus se tourna de son côté.
Après quelques minutes de silence, la porte s’ouvrit et Girodelle se glissa dans la salle, ne pouvant s’empêcher de jeter un oeil pardessus son épaule. Qui était dans le dortoir ? Intriguée, Oscar essaya de deviner avec qui Girodelle pouvait bien avoir rendez-vous. André était rentré au château pour rendre visite à Grand-mère ; Lassalle devait retrouver une demoiselle, il était d’ailleurs si impatient qu’il en avait parlé toute la semaine à ses camarades. Quant à Alain et ses comparses, ils devaient sans doute cuver une bouteille dans un ses estaminets sulfureux de la ville. Cédant à sa curiosité, le colonel s’approcha à son tour de la porte fermée et s’apprêtait à l’ouvrir quand elle entendit des voix émaner du dortoir.

« vous en avez mis du temps »
« vous ne vouliez tout de même pas que tout le monde me voit vous rejoindre ici, j’ai du me montrer discret ! »

Oscar reconnut parfaitement la voix de Girodelle, confirmant l’identité de l’intrus… quant au second homme, sa voix grave appartenait à l’un de ses hommes sans aucun doute mais elle avait du mal à mettre un visage dessus… pourtant cette voix lui était familière.

« bon maintenant que vous être là on va pouvoir commencer » entonna l’homme
« un instant, vous n’avez pas peur que quelqu’un nous surprenne ? »
« pas dans ce dortoir, tous mes amis sont sortis, il n’y a aucun risque »
« mais il y a le colonel »
« le colonel ? Non, il a du rentrer chez lui avec André… et puis de toutes façons que viendrait il faire ici… aucun homme du régiment n’est de service. »
« bon dans ce cas commençons ! »
« comment je dois m’y prendre ? »
« non, pas comme ça… il faut déjà vous déshabiller »
« mais… »
« il n’y a pas de « mais »… vous serez plus à l’aise »
« si vous insistez… mais si on se fait surprendre, vous expliquerez au colonel pourquoi je ne suis plus en uniforme ! »

Oscar posa la main sur la poignée de la porte pour l’ouvrir quand elle entendit Girodelle parler : « maintenant attrapez moi ». Elle suspendit son geste…mais que se passait il donc à l’intérieur de cette pièce. Elle voulait en avoir le coeur net. Elle abaissa silencieusement la poignée pour entrouvrir la porte quand à nouveau la voix du noble se fit entendre : « plus doucement, voyons, je ne suis pas un de vos comparses ! ». Surprise, elle relâcha la poignée avant de faire quelques pas en arrière. Mais que faisait Girodelle avec cet homme ? Elle s’assura que personne ne traînait dans le baraquement et colla discrètement son oreille contre le panneau de bois.

« là c’est mieux » murmura Girodelle
« je ne vous serre pas trop cette fois-ci ? »
« non, c’est très bien… maintenant placez votre main sur ma hanche »

Oscar se figea interloquée : l’homme posait sa main sur la hanche de son ami ?

« bien, maintenant balancez vous »
« mais vous êtes trop raide, on dirait un piquet »
« écoutez si je ne vous satisfait pas, allez vous investir avec quelqu’un d’autre »
« non, c’est bon je vous obéis »
« très bien, maintenant vous vous rapprochez de moi… non là vous êtes trop prêt »
« mais il faut que je puisse vous sentir »
« je comprends, mais là c’est moi qui vous sens trop … mettez vous un peu en arrière… voilà très bien»
« et maintenant ? »
« continuez dans ce rythme… lentement… lentement…bien »

Le colonel, aux aguets, entendait des bruits réguliers envahir le sol et les murs.

« lentement… maintenant de plus en plus vite…. »
« comme ça ? »
« oui…. encore… encore … encore… »
« je sens que ça vient… »
« je crois aussi……..aïe ! »

Oscar sursauta en entendant le cri puis se cacha dans un recoin en comprenant que les deux hommes se mettaient à marcher dans la pièce. De sa cachette, elle discerna tout de même les paroles.

« je suis désolé, je ferai plus attention la prochaine fois »
« je ne sais pas s’il y aura une prochaine fois… je vous avoue que je crains à présent pour mon anatomie »

Sur ce, Girodelle ouvrit précipitamment la porte et s’enfuya presque en courant. Sortant de sa cachette, Oscar se rapprocha de la porte restée ouverte. Elle entra discrètement pour déterminer qui était le partenaire de Girodelle et surtout ce qu’ils faisaient. Elle se retourna brusquement en entendant des pas derrière elle !

« M’accorderiez vous cette danse, colonel ? » demanda Alain en s’inclinant.


Dernière édition par le Ven 10 Mar - 11:06, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: FIVE   Ven 9 Déc - 12:27

Partie 3 : La vue

Un messager venait de déposer au château de Jarjayes une lettre destinée au cadet de la famille. Oscar remarqua que la missive portait le sceau de la reine de France, Marie Antoinette. Que lui voulait-elle ? Cela faisait des mois qu’elle n’était plus à son service. Intriguée la jeune femme brisa le cachet et lut les quelques lignes qui lui étaient destinées.

« Chère Oscar, cela fait bien longtemps que je ne vous ai pas revue mon amie…trop longtemps, votre présence à la cour se fait si rare. Mais ce n’est pas pour votre absence que je me permets de vous écrire. J’ai un service à vous demander… et je vous supplie de l’accepter … vous êtes la seule personne vers qui je peux me tourner en toute confiance… je sais que jamais vous ne me trahirez. Demain après midi, je dois rencontrer un de mes amis, un de mes très chers amis… mais vous savez comme moi, que je ne peux rester seule en sa présence sans mettre en péril notre réputation à tous les deux. Aussi je vous en conjure … acceptez de m’accompagner à ce rendez vous. Marie Antoinette ».

Oscar relut une seconde fois la lettre puis la jeta dans les flammes qui dansaient dans la cheminée. Cette lettre ne devait jamais être découverte par qui que ce soit de mal intentionné. Elle savait qui était « l’ami » que la reine devait rencontrer… la seule personne qui justifiait qu’elle fasse appel à l’ancien colonel de la garde royale plutôt qu’à tout autre personne. Soit ! Elle accepterait cette « mission » pour le bien de la reine ; elle rédigea une réponse et pria André de l’apporter en personne à la reine. Elle savait qu’ainsi que cette rencontre resterait secrète.

…………

Le lendemain, en début d’après midi, Oscar de Jarjayes se présenta à Versailles, pour demander comme convenu audience à Marie Antoinette. Sa majesté l’attendait dans l’un de ses boudoirs, seule, et accueillit la militaire avec un sourire franc et radieux.

MARIE ANTOINETTE : oh Oscar, si vous saviez comme je suis heureuse que vous ayez accepté de venir
OSCAR en s’inclinant : mais votre majesté, tout l’honneur est pour moi de me trouver à vos côtés.

Oscar remarqua que la reine ne portait pas une de ses tenues extravagantes mais une robe plus simple et fut étonnée de la voir prendre place devant un chevalet et une toile. Elle avait entendu dire que l’autrichienne était dans sa jeunesse très douée pour les arts, en particulier le chant, la danse et le dessin. L’ancien colonel trouva étrange que Marie Antoinette demande sa présence pour une séance de dessin. Que voulait elle ? Qu’elle pose pour la reine ? Non, sans doute pas… elle allait questionner sa majesté quand une porte dérobée s’ouvrit.

Hans Axel de Fersen, comte suédois, amant de la reine d’après que ce disaient les mauvaises langues, venait de faire son entrée. Le jeune homme jeta un premier regard empli de tendresse envers la femme de sa vie, puis s’avança au centre du boudoir, face à l’artiste. Oscar savait parfaitement qu’il avait noté sa présence dans la pièce, mais il n’avait à cet instant d’yeux que pour sa belle. Nullement froissée, Oscar se recula vers l’autre extrémité de la pièce pour se faire la plus discrète possible, s’assit sur une chaise et croisa ses bras dans l’attente. Elle n’avait aucune idée du temps qu’allait durer la séance, et il valait mieux s’installer confortablement.

La reine saisit un fusain dans sa main alors que le comte de Fersen dénouait la ceinture de son manteau. Oscar resta un instant suspendue comme dans un autre monde. Un monde mythique, irréel, celui des dieux, celui de la Grèce Antique dont elle avait maintes fois vu des gravures dans les livres de la bibliothèque du château. Mais cette fois, tout cela était bien réel, enfin elle le pensait. En écartant les pans de son manteau Fersen avait dévoilé une cuisse robuste, musclée… et nue ! En dehors de ses bottes, toute sa tenue semblait appartenir aux siècles passés. En effet, le beau suédois avait revêtu une toge beige qui lui donnait l’allure d’un de ces athlètes grecques qui participaient aux jeux mythiques.

Avec difficulté, la jeune femme détacha son regard de cette vision du passé pour entrevoir le visage de sa majesté. Contrairement à ses attentes, Marie Antoinette paraissait impassible devant son modèle. Après un rapide retour à la réalité, Oscar en conclut que l’autrichienne était déjà au courant. Voilà pourquoi elle avait souhaité la présence de la militaire : la souveraine de France et le gentilhomme ne devaient pas être surpris dans une telle situation.

D’une main fine mais experte, l’artiste commença à esquisser les premiers traits du portrait de l’homme… l’homme ? Etait ce vraiment un homme ? N’était ce pas un dieu ? Fersen se tenait debout, une large épée plantée dans le sol, la main droite reposant fermement sur la garde, la main gauche posée sur sa hanche, le menton relevé, le visage capturé par un des portraits de la première dame de France. Envoûté par cette prestance, Oscar eut presque l’impression de sentir l’aura du jeune homme émaner de ce corps sculpté.

Après quelques minutes de travail, le croquis de Fersen commençait à prendre forme. Ce qui était au départ des traits hasardeux, enfin pour la novice qu’était Oscar, prenait peu à peu des formes reconnaissables. C’était la première fois qu’elle assistait à une telle création ; elle ne pouvait détacher son regard de la symbiose qui existait entre le modèle et le créateur. Fersen restait immobile tel une statue de marbre tandis que Marie Antoinette levait et baissait la tête par intermittence, donnant un coup de crayon de-ci de-là. La jeune femme avait l’impression de voir ces deux personnages hors de son propre corps, comme un esprit qui vient hanter les lieux sans repos… comme une illusion, un mirage.

Les heures semblaient passer inlassablement, pourtant ni l’homme ni la dessinatrice ne semblaient s’en rendre compte. Oscar, quand à elle commençait à s’ankyloser et du changer de position pur détendre ses muscles. Se faisant, elle se déconnecta un instant de cette vision irréelle qui l’avait captivée quelques minutes auparavant. A présent elle semblait revenue de la « réalité ». A nouveau elle semblait regarder Fersen comme un homme, le voir avec ses yeux de femme… loin de cette image chimérique.

Elle paraissait découvrir ses formes masculines, ses muscles à la fois fins et marqués. Elle avait toujours deviné que sous ses habits distingués, Fersen cachait un corps aux proportions parfaites mais là, elle en avait la preuve sous les yeux. Oscar laissa ses iris bleus glisser le long de cette épée froide plantée dans le sol pour remonter vers la main ferme et chaude qu’elle avait tant de fois serrée. Puis son regard poursuivit sa course sur le bras droit, l’épaule … imaginant la perfection de son torse voilé par le tissu de sa toge.

Comme animée d’une volonté propre, sa main se leva vers cet appel sensuel de la nature, … elle voulait toucher cette peau frémissante, elle voulait goûter à la douceur de ses lèvres, elle voulait sentir son parfum musqué, elle voulait voir de plus près chaque défaut invisible de ce corps … A nouveau le charme s’opéra …mais ce n’était plus seulement sa vue qui était envoûtée par ce spectacle… tout son corps était maintenant prisonnier de ce sortilège…
Réalisant ce geste inconscient Oscar abaissa rapidement son bras avant que quelqu’un ne s’en aperçoive. Mais ses prunelles restaient hypnotisées par cette scène… comme lorsque plus jeune elle était restée en émoi devant les nombreuses statues qui parsemaient Versailles… mais le marbre blanc et froid avait à présent laissé sa place aux courbes opalines et chaudes de cet homme. Dans un soupir résigné, la jeune femme se leva, se posta devant une des larges étagères et prit un ouvrage… elle reprit ensuite place sur sa chaise et commença à feuilleter le livre…

Avec un peu d’attention Marie Antoinette et Axel de Fersen auraient pu s’apercevoir que le jeune colonel de la garde tenait son livre à l’envers…
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MessageSujet: Re: FIVE   Ven 10 Mar - 11:09

Partie 4 : L’odorat

Oscar émergea au petit matin… sa bouche pâteuse lui rappela la veille au soir. Ils avaient ri, chanté et bu… Oh oui, Dieu qu’ils avaient bu… du moins à en croire la migraine qui commençait à envahir sa tête. Elle repoussa d’un geste le drap qui l’avait protégée de la nuit dévoilant par là même ses longues jambes fuselées, sa taille fine et ses seins tonifiés par la fraîcheur matinale. Elle posa ses pieds au sol et enfila la large chemise qui reposait au pied du lit. L’étoffe engloba l’intégralité de ses courbes, voila ses charmes féminins. La jeune femme se passa le visage à l’eau, espérant faire diminuer le tintamarre qui se jouait entre ses tempes ; revenant près du lit, elle croisa son reflet dans la psyché… cette chemise n’était pas la sienne ! Et d’ailleurs depuis quand dormait-elle nue ?

Elle essaya de se souvenir : on était le vingt-six décembre…la veille, André l’avait invitée à une fête donnée en son honneur. Il y avait tous ses amis : Rosalie, Fersen, Alain, Girodelle, Diane et même Bernard était de la partie. Elle se rappelait le repas, les jeunes femmes qui faisaient danser les cavaliers ; même qu’elle dut refuser une valse avec la sœur d’Alain prétextant ses piètres talents de danseur.
Elle examina de plus près la chemise… à n’en pas douter, c’était une chemise d’homme. Le premier nom qui lui vint à l’esprit fut celui d’André ! Oui sans doute s’était elle tâchée et André lui avait prêtée une de ses tenues. Mais alors ? Pourquoi était elle nue à son réveil ? Aurait-elle… ? Non ce n’était pas possible ! Pas elle ! Elle s’approcha timidement du lit et tira sur le drap…quelques traces sur le matelas confirmèrent ses craintes. Comment ? Pourquoi ? QUI ?????
Oscar ensevelit son visage dans le col de son vêtement, tentant de retenir les larmes qui lui montèrent ; sa respiration s’accéléra comme pour contenir ce flot d’incompréhension qui commençait à la submerger. Avec qui avait-elle fait l’amour ? Elle resta plusieurs minutes ainsi, se forçant à se souvenir, essayant de glaner la moindre information sur l’identité de son amant. Une fois calmée, elle respira un bon coup pour se donner du courage… ce parfum…ce parfum était celui de cet homme. Oui elle retrouverait cet homme…

Elle s’habilla et décida que sa « quête » commencerait dès à présent ! Son premier suspect était André ! Il lui avait déjà avoué son amour et l’avait peut être saoulée pour profiter de sa faiblesse et abuser d’elle. Oui cela ne pouvait être que ça ! L’homme qui avait passé la nuit à ses côtés ne pouvait qu’avoir eu des intentions malveillantes à son égard et avait dû abuser d’un état de faiblesse. Il ne pouvait pas en être autrement.
Comme elle s’y attendait : elle trouva André attablé devant les tartines de confiture et un chocolat chaud préparés avec soin par Grand-mère.

GRAND MERE : bonjour ma chérie. Bien dormi ?
OSCAR nauséeuse : en fait, j’ai dû un peu abuser du vin hier soir, mais je crois que d’autres en ont profité…

Elle avait haussé la voix et regardé André droit dans les yeux.

ANDRE : c’est à moi que tu dis ça ? Tu exagères, je pense que tu en as au moins autant profité que moi !

Les nerfs à fleur de peau, Oscar prit cette dernière remarque comme un aveu ! Elle attendit que la vieille femme sorte de la pièce avant de réagir. Elle se rua sur son compagnon et l’attrapa par le col.

OSCAR sortant de ses gonds : c’est toi n’est-ce pas ! Traître ! Je n’aurais jamais dû te faire confiance !
ANDRE : mais de quoi parles-tu ? Je ne t’ai jamais trahie pour quoi que ce soit… Tu étais consentante si mes souvenirs sont bons
OSCAR : quoi ? Tu prétends que je le voulais aussi ?
ANDRE toujours aussi calme : bien sûr ! C’est toi-même qui me l’as proposé.

Oscar se recula comme frappée par les mots : son compagnon prétendait qu’elle l’avait incité à …

ANDRE : je trouve que tu t’en aies plutôt bien sorti… si on considère que c’était la seconde fois…
OSCAR : la seconde fois ? La seconde fois que quoi ?
ANDRE : mais que tu dansais Oscar… tu ne te souviens vraiment pas ? Tu m’as invité à danser hier soir…

Bon ! Soulagée, Oscar se retrouvait à son point de départ : André lui avait avoué ce qu’elle avait fait avec lui la veille, il pouvait être mis hors de cause. Un suspect à rayer de la liste ; plus que quatre ! Son enquête se poursuivrait à Versailles : prochaine cible Hans Axel de Fersen !

…………………..

Versailles, quelques heures plus tard…

Oscar de Jarjayes fut, conviée aux audiences du Roi puis invitée à accompagner la Reine pendant sa sortie dans le parc du château en compagnie de quelques gens, dont le jeune suédois.
A plusieurs reprises, elle tenta de s’approcher de Fersen afin de déterminer si oui ou non, le parfum qui enveloppait la fameuse chemise pouvait lui appartenir. Malheureusement, les dames qui étaient présentes trouvèrent quelque peu étrange le comportement du colonel : lui d’habitude si discret, éternellement en retrait, se montrait particulièrement « accroché » au soupirant de la reine. Notant les regards suspicieux de ces commères, Oscar dut rapidement mettre fin à son manège. Tant pis, elle tenterait sa chance plus tard.

L’attente ne fut pas longue à arriver. La Reine demanda à Oscar de reconduire son ami à son hôtel particulier. La jeune femme saisit sa chance… elle pensait que la calèche serait le lieu idéal pour découvrir la vérité. Mais ce ne fut pas si simple, Fersen était venu à Versailles à cheval et ne voyait aucune raison d’emprunter une calèche pour rentrer chez lui… Oscar enrageait : elle devrait encore attendre avant de savoir si son premier amour était effectivement l’amant de cette nuit.
Oscar resta silencieuse tout au long du trajet ; tant et si bien que le comte crut un moment qu’elle avait un quelconque reproche à lui faire. En fait, la cavalière tentait désespérément de trouver le moyen de se rapprocher du suédois mais si possible de manière discrète. Arrivés devant l’hôtel particulier, aucune idée n’avait fusé de son esprit.

FERSEN : prendriez vous un verre en ma compagnie ?
OSCAR voyant en cette invitation une nouvelle chance : ce sera avec le plus grand plaisir

Mais alors que la militaire monta les marches du perron, son pied glissa et elle ne dut son salut qu’au bras salvateur de Fersen qui la serra près de lui pour maintenir l’équilibre. Une fois stabilisée, Oscar profita de l’occasion, le nez collé à la base du cou du suédois, pour humer son parfum musqué. Malgré l’agréable odeur qui envahissait ses narines, ce parfum ne ressemblait pas à celui qu’elle avait senti le matin.
Dommage… une nuit avec Fersen, pourquoi pas après tout, n’avait-elle pas souhaité que cela se produise à de nombreuses reprises, il y a seulement quelques années ? Mais l’angoisse commençait de plus en plus à la gagner. L’inconnu de la nuit n’était pas André, ni Fersen… les seuls hommes pour lesquels elle éprouvait de l’affection… mais qui était-ce ? Cette question ne cessait de la hanter à présent. Il ne restait plus que Girodelle, Alain et Bernard. Après la missive qu’elle avait envoyée à ce dernier, il devait sans doute déjà l’attendre ; elle n’avait pas de temps à perdre.

………………

Début de soirée dans une taverne…

Oscar avait pris le temps de se changer avant de rejoindre Bernard : pas question de garder son uniforme dans un endroit pareil… pas si elle tenait à repartir indemne. Elle retrouva le jeune homme près de la fenêtre ; il se leva à son approche. L’atmosphère était pesante : l’odeur qui régnait dans ce lieu était un savant mélange de tabac, d’alcool, sans doute de crasse également. Oscar avait déjà tant de mal à respirer à proximité de certains, qu’elle renonça à humer davantage encore cet air ; d’ailleurs comment déceler le parfum de Bernard à travers cette puanteur ?

BERNARD : bonsoir Colonel
OSCAR : bonsoir Bernard, mais appelez moi Oscar je vous prie
BERNARD : comme vous voulez. Pourquoi m’avoir demandé de venir ce soir ? Est-ce au sujet de Rosalie ?
OSCAR : en fait non…

Oscar devait jouer serré. Elle savait que son amitié avec l’ancien Masque Noir était récente ; en fait elle était plutôt due à leur amie commune : Rosalie. Au fil des mois, les deux anciens ennemis commençaient à se supporter sans effusion, du moins en évitant les sujets épineux. Petit à petit, la jeune femme prit conscience de la perspicacité de Bernard et que sa confiance en elle n’était pas définitivement acquise. Peut être valait-il mieux jouer cartes sur table.

OSCAR gênée : voilà je suis très heureuse que vous soyez venus Rosalie et vous à la soirée d’hier. J’espère également que vous vous y êtes amusés.
BERNARD : oui en effet

Eh bien ce serait plus dur que prévu, Bernard avait cette qualité, qui ce soir pour Oscar représentait le pire obstacle : il savait écouter, il laissait parler sans intervenir… qualité indispensable pour un bon journaliste.

OSCAR essayant de garder son sang froid : il semble que des personnes se soient éclipsées de leur côté en fin de soirée, je voulais savoir si vous et…
BERNARD : très bien, vous avez gagné : c’est vrai j’ai proposé à Rosalie de passer le reste de la soirée avec moi… vous comprenez c’était Noël et nous voulions être seuls.

Le colonel regarda l’homme rougir à son tour. Ainsi ce n’était pas lui. Elle était tellement soulagée de la nouvelle qu’elle ne pensa même pas à en savoir plus sur leur soirée en tête à tête. Elle trinqua simplement avec Bernard qui resta intrigué par le changement soudain de comportement de son compagnon.

« Plus que deux possibilités » pensa Oscar. On verra cela demain.


…………………..

Le lendemain à la caserne… dans le bureau de Victor Clément de Girodelle…

« Puis-je m’entretenir un instant avec vous, Victor ? » demanda Oscar

Girodelle tressaillit en s’entendant ainsi appelé par le colonel de Jarjayes. Jamais elle ne l’avait appelé autrement que « Girodelle », que lui arrivait-il ?

GIRODELLE : que puis-je pour votre service… Oscar ?
OSCAR : accepteriez vous un petit combat amical ?

Voyant cette invitation comme de bonne augure, Girodelle sauta sur l’occasion. Oscar l’appelant par son prénom, lui proposant un combat « amical »… il n’allait pas laisser passer sa chance !

Ainsi les deux nobles commencèrent leur entraînement sous le regard amusé mais également admiratif des soldats. Bien que Girodelle se soit indéniablement amélioré au fil des années, il n’en restait pas moins de niveau plus modeste que la jeune femme. Cela ne fit aucun doute lorsque les lames se croisèrent ; chacun faisant son possible pour maintenir sa position face à l’autre.
Oscar profita de ce geste provoqué pour se rapprocher de son adversaire, feignant une nouvelle tactique, afin d’identifier le parfum qui voltigeait autour de lui. Une délicate odeur de chèvrefeuille parvint à Oscar … elle repensa à Sa chemise… non son essence était plus « musclée », plus « virile » ! Oscar mit fin au combat. Elle remercia Girodelle de sa participation puis regagna ses quartiers, pensive… il n’en restait qu’un ! Plus de doute… l’odeur correspondait au personnage… Alain…

……………..

A quelques pas de là……

Oscar ruminait. Ainsi Alain et elle avaient… Comment avait-elle pu oublier ? Comment avait-il pu la ramener au château sans que quiconque s’en aperçoive ? Comment André avait-il pu le laisser faire ? Et maintenant qu’allait-elle advenir ? Elle n’aimait pas Alain… et lui ? L’aimait-il ? Etait-ce pour cela qu’il l’avait entraînée dans sa chambre, qu’il avait abusé d’elle ? La seule issue était-elle la mort ?

Le colonel de Jarjayes ouvrit la porte du dortoir en grand. Tous les hommes se turent… tous les regards se tournèrent vers le visage froid de la jeune femme.

OSCAR d’un ton sans appel : tous dehors !

Les hommes sortirent les uns après les autres sans demander leur reste. Quand le sous-lieutenant s’apprêtait à faire de même, l’épée d’Oscar l’en empêcha !

OSCAR : vous, vous restez là ! C’est une affaire entre vous et moi à présent !

Elle attendit que le dernier homme soit sorti puis referma la porte. Alain restait impassible devant le comportement nerveux de la jeune femme.

ALAIN : il semble Colonel que vous ayez quelque chose à me reprocher
OSCAR en glissant le fourreau de son arme sous la gorge d’Alain : ah vous croyez… je pensais que vous étiez un homme honnête et droit mais je me suis trompée… vous ne valez pas mieux que cet homme qui a abusé de votre sœur !
ALAIN furieux d’un tel jugement : de quoi m’accusez vous ?
OSCAR : vous m’avez violée !
ALAIN: quoi ?
OSCAR : osez me mentir à présent… j’ai la chemise que vous portiez hier… votre odeur y est incrustée !
ALAIN : ah ah ah… Oscar je crois malheureusement que vous faites erreur… quoi que j’aurais bien aimé être le premier… Ce n’est pas avec moi que vous avez quitté la soirée…
OSCAR relâchant son emprise : mais c’est votre chemise…
ALAIN : oui mais ce n’était pas moi qui la portait… c’était un emprunt
OSCAR : qui était-ce ?

Alain commençait à rassembler les pièces du puzzle : Oscar avait passé la nuit avec un homme dont elle ne se rappelait plus l’identité et avait semble-t-il perdu son innocence par la même occasion. Il y avait un vrai chanceux dans l’affaire !

………………….

Au château de Jarjayes……..

Oscar monta les escaliers jusqu’à sa chambre. Alain s’était moqué d’elle mais avait refusé d’en dire plus sur l’identité de son amant. Elle ne doutait pas qu’il savait très bien de qui il s’agissait. Sa recherche était à reprendre depuis le début mais elle estima que pour aujourd’hui sa quête prenait fin : elle poursuivrait ses investigations le lendemain… ne dit-on pas que la nuit porte conseil ?
Elle pénétra dans son salon personnel, fit glisser ses doigts sur quelques touches du piano quand un bruit venant de sa chambre l’interrompit : il y avait quelqu’un ! Elle s’approcha et vit André, les bras dans le dos.

OSCAR : que fais-tu là ?
ANDRE : je…
OSCAR en faisant quelques pas vers lui : qu’est-ce que tu caches ?
ANDRE : rien, je…

Mais Oscar était lasse de tous ces mystères ; elle avait eu sa dose depuis deux jours ! Elle lui faisait à présent face. Le regard plongé dans celui de son ami. Elle réalisa soudain… ce parfum, le parfum d’André…elle tendit son bras dans son dos et saisit l’objet… SA chemise…oui elle comprenait à présent : le parfum qui imprégnait le tissu était un mélange d’odeurs : le parfum d’Alain…. et celui d’André !
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FIVE

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