
Comme cette rose de soie qui ne se fanera jamais... |
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 | Sujet: l'Ombre Lun 7 Nov - 17:55 | |
| !Attention! des moments d'égarement sont à prévoir... lecteur sérieux passe ton cheminPrologue Le Masque Noir ! Tous en ont entendu parler mais personne ne sait qui il est ! Certains le disent vieux, d’autres qu’il est jeune (les jolies jeunes filles en mal d’amour essentiellement). Tout ce dont on est certain c’est qu’il s’agit d’un voleur, un brigand qui cambriole les demeures nobles au profit des plus défavorisés : les familles sans sous, les mères célibataires, les orphelins, les repris de justice (qui ne sont pas trop méchants et ont payé pour leurs péchés). Ce que les gens ignorent aussi c’est que derrière ce masque de cuir noir, bat un cœur fougueux à la recherche d’un monde meilleur et d’une gentille femme à aimer (quelqu’un dans l’assemblée est-« elle » volontaire ?). Comme tout héros qui se respecte, le Masque noir, prend sa véritable identité le jour venu. Une identité bien entendu sage, dans aucun problème avec la justice. Malheureusement, ce cœur fougueux l’est aussi sous sa véritable apparence ! Cet homme ne sait pas se taire : même sans son costume de défenseur de la veuve et de l’orphelin, il essaye d’aider les gens. Quand la nuit, son épée parle pour lui, le jour c’est sa plume qui récite les mots dictés par son cœur ! Bernard. Voilà c’est son nom : Bernard Châtelet, journaliste, révolutionnaire…. Il est jeune, il est beau, il est brun, les yeux… on ignore la couleur tant ils sont magnifiques ; il a un corps de rêve : tout en muscles. Un Dieu en quelque sorte. Bernard a tellement de succès la nuit, que certaines jeunes filles se parent de tous leurs bijoux au crépuscule, espérant ainsi que le Masque Noir vienne directement cueillir sur elles les précieux ornements. Mais Bernard n’est pas ce genre d’homme ! C’est un héros, un vrai ! Il ne veut pas une midinette ! Pas une femme qui l’aidera à enfiler son costume, à raccommoder les accrocs, non il recherche une femme aimante, une confidente, une partenaire, une maîtresse. Il est en quête d’une femme, une vraie ! |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Lun 7 Nov - 17:56 | |
| ELLE Un jour, alors que je rentre chez moi après une réunion avec Robespierre, j’entends des passants hurler, les sabots frapper les pavés de Paris. Affolé par tant de remue ménage je me laisse guider par ces bruits. Après quelques pas, j’aperçois un groupe de personnes rassemblées autour d’une jeune fille agenouillée près d’un corps, une femme ! ELLE crie sa détresse, sa rage, sa solitude ! Des torrents de larmes déchirent ses fines joues, rendues saillantes par la faim! Ses poings frappent le sol espérant désespérément réveiller le cadavre ! Ses yeux oscillent entre la haine et le désespoir ! Sa voix crie sa haine envers les nobles ! Sa mère est morte, assassinée ! Je m’approche davantage. Malgré sa maigreur, sa robe en lambeaux, ses mains usées à la tâche, ELLE ressemble à une poupée de porcelaine. Qu’ELLE est belle ! ELLE ressemble à Maman ! Ses yeux, la blondeur de ses cheveux, la douceur de son visage… Maman… les larmes me viennent aux yeux. Elle me manque ; cela fait si longtemps qu’elle est partie. Je sens encore l’eau glaciale m’envahir, j’ai peur, je me sens seul. Soudain nos regards se croisent, un instant, rien qu’un infime soupçon temporel. Ses yeux m’envahissent. Mon cœur se réchauffe… il se remet à battre. Son visage s’est déjà détourné de moi pour venir se poser sur celui de sa mère. Mon cœur se serre autour du sien. ELLE souffre comme j’ai longtemps souffert. Sa mère lui manque comme la mienne m’a si souvent manqué. Je ressens sa douleur, la mienne est semblable. Je voudrais embrasser ses joues pour effacer à jamais ces gouttes salées. Cette poupée de porcelaine, cette petite fille brisée, aujourd’hui est morte. La femme naît à cet instant. Rosalie. |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Lun 7 Nov - 17:56 | |
| INCONNUE Cela fait quelques semaines que je quitte, la nuit tombée, ma tenue sage de petit révolutionnaire pour endosser cette tenue noire sous laquelle je camouffle mon visage et mon corps. Certains penserons que je m’habille de cuir noir pour sculpter ses formes ou me dandiner sur une scène quelconque sous les regards gourmands de jeunes femmes, peut être même des hommes. Non, je cherche seulement à disparaître au profit de la nuit. Je veux que l’obscurité soit mon alliée, ma sœur. J’ai découvert récemment que les mots ne suffisaient plus pour faire bouger les choses. Le peuple meurt de faim sous mes yeux, je ne peux pas rester sans rien faire. J’ai donc dissimulé mes traits derrière ce loup. Je vole aux riches et je donne toute ma récolte aux pauvres. C’est peu, mais ainsi mon cœur souffre un peu moins. Après plusieurs soirs « d’exploits » j’ai entendu mon surnom : « le Masque noir ». Ce n’est pas vraiment original mais cela me conforte dans le fait qu’on parle de moi… mes actions sont entendues. Au fil des semaines je dois me montrer plus prudent : je deviens plus habile certes mais aussi plus dangereux pour les nobles. Ils veulent m’arrêter ! Les majestés ne tarderont pas à me mettre un de leurs pantins sur le dos. Je l’imagine bien celui là : gras, poudré à souhait, perruque datant de Mathusalem et vieille mouche écrasée au coin du menton. Un vrai aventurier quoi ! Un soir alors que je vaque à mes occupations nocturnes, je débarque dans un immense jardin, style Versailles, dessiné par Le Nôtre, ou Le Leur, je ne sais plus vraiment ; et là je vois une proie candide supplémentaire. Une assez belle blonde, un peu grande mais agréable à regarder, elle porte un beau bijou autour de son cou, que je pourrais sans doute échanger contre quelques pièces forts utiles. Je la suis quelques instants, elle me tourne le dos et s’appuie près de la fontaine. C’est l’occasion ! Je pose ma main sur sa bouche pour l’empêcher de hurler, je déteste les vierges effarouchées qui crient pour un rien ! Je pense saisir tranquillement le bijou ! Mais là ce sont mes bijoux qui y échappent de peu ! Cette folle m’enfonce son coude dans le ventre et me fait voltiger au-dessus de sa tête ! J’ai du rêver… non cauchemarder ! C’était bien une femme… je commence à avoir des doutes ! Pourtant les fesses au sol, je le ou la regarde plus attentivement… oui c’est une femme ; en tout cas elle a les formes d’une femme : des seins, des hanches, des longues jambes et des yeux perçants. Je me lève en vitesse, j’entends qu’on crie mon nom ! J’y crois pas cette fille m’a fait prendre la fuite. Je vous dit pas le super héros… la daube ! Un peu plus tard, grâce à un de mes amis judokas, j’allais découvrir le nom de ce vol plané : ippon soe nage, qu’aujourd’hui encore je n’arrive pas à prononcer ! |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Lun 7 Nov - 19:54 | |
| Le pantin Quelques jours après l’éprouvante rencontre avec cette fille, je me décide enfin à reprendre mes « tournées » des bals. Justement il y en a un qui se donne ce soir (ça tombe bien me direz vous !). Bon pour le mode d’emploi c’est assez simple, on éteint la lumière (vous allez me demander comment, j’en suis sûr… Deux options s’offrent à vous : soit vous êtes un patient et vous soufflez les bougies une à une en espérant que personne ne remarque votre manège ; soit vous abaissez l’interrupteur. Bref, chacun sa méthode). Seconde étape, vous vous glissez négligemment entre les invités (inutile de vous décrire les prouesses techniques dont il faut faire preuve ! entre les robes à panier, les coups de coude, les mains aux fesses et les croche patte à éviter). Troisième étape, vous glissez discrètement votre main autour du cou ou de la main de votre victime et vous lui ôtez délicatement le bijou (par prudence, vous avez pris la précaution de glisser une coque en bois dans votre pantalon pour protéger vos attributs : on se fait avoir une fois, pas deux). Enfin vous essayez de vous faufiler toujours aussi discrètement vers la sortie avec les mêmes prouesses qu’à l’étape deux. Bon maintenant que le cours est fini, un peu d’action. Ainsi je décide d’intervenir ce soir, je suis les étapes de mon larcin à la lettre et je m’empare de quelques joyaux. Je monte les escaliers pour passer par les toits mais à ma grande surprise, je suis pris en chasse par un soldat. J’arrive à lui échapper et à m’enfuir par les toits jusqu’à mon cheval qui m’attend un peu plus loin. Je pense avoir semé mon poursuivant mais je fais erreur, il me course toujours ! Il ne me laisse pas le choix ! Je sors mon pistolet de ma ceinture et je l’arme en direction de l’homme. Je fais feu ! Le cheval blanc qui me suivait prend peur, se cambre et fait choir son cavalier. Ma fuite est un succès : je ne serais pas arrêté ce soir. Alors que je veux reprendre la direction de ma cachette, mon esprit repense à ce soldat… qui était il ? Etait il à ce bal par hasard ou était il en mission ? Je me souviens qu’il avait crié mon nom ! Oui… cet homme était sans doute le pantin envoyé par ces majestés. Je fulminais intérieurement : on ne me prenait pas au sérieux ! On m’envoyait un gamin pensant que je me laisserais attraper sans rien dire ou faire ! Je suis intrigué, je me demande qui a été choisi pour cette mission, je m’attendais à un vieux général sur la descente et voilà que je me retrouve avec un « jeune premier » qui va me coller aux bottes pour essayer d’avoir rapidement une promotion ! C’est décidé, ce soir je saurai qui est mon adversaire. J’attache mon cheval à un arbre et je rebrousse chemin me cachant dans la noirceur de la nuit, il commence à être tard et la plupart des lumières sont éteintes (et le coup de feu me direz vous… quelqu’un l’a bien entendu ! Effectivement mais la nuit, tard, les coups de feu ne sont pas de bonne augure, aussi quand ils retentissent on fait semblant de ne rien entendre… on a suffisamment de problèmes comme ça !). Après quelques pas, je le vois debout près de son cheval. Il s’approche d’une fontaine… le clair de lune se reflète sur lui… j’entrevois son visage… je le connais ! Oscar de Jarjayes ! Le « toutou de la Reine » comme je l’ai appelé lors de notre première rencontre, il y a quelque temps dans une taverne alors que j’étais en compagnie de mon ami Robespierre. Le colonel de la garde Royale avait passé la soirée à échanger des coups avec une bande de buveurs. Pour le moment je préfère rester dans l’ombre à l’observer. Je le vois qui tourne sa tête de tous côtés comme pour s’assurer que personne ne le voit. Je me colle davantage contre le mur pour ne pas trahir ma présence. C’est alors que je le vois : il déboutonne sa veste de son uniforme, il dénoue le haut de sa chemise, je devine plus que je ne vois : les reflets de la lune sont mes seuls éclairages. Perplexe, je l’observe plus attentivement… que fait il ? Alors il extrait une étoffe de sa chemise… que veut il en faire ? Complètement pris par l’étrangeté de la scène, je m’oblige maintenir mon attention sur le soldat. Il se penche au-dessus de la fontaine… encore un regard autour de lui…. De plus en plus étrange ! L’étoffe est plongée dans l’eau fraîche puis ressortie. Il la place alors encore toute ruisselante sous sa chemise sur son côté gauche : je comprends ! Il est blessé : la chute de cheval a du lui casser une ou deux côtes… il essaie d’apaiser la douleur. Je m’apprête à repartir quand un mouvement du colonel capture mon regard. Le fin rayon lunaire vient de se poser sur la peau blanche du noble. Je n’ai pas rêvé… je n’y crois pas… je prends le risque de m’avancer un peu, je dois savoir… Le linge humide commence à mouiller la chemise blanche. Je n’en crois pas mes yeux : la femme de mon cauchemar ! Une femme pour m’arrêter ? Quelle est cette mascarade ? |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Mar 15 Nov - 22:02 | |
| L’Homme Devant mes yeux se trouvait donc le vrai colonel de la garde : une femme, une femme dans un rôle d’homme ! Je ne sais pas quoi en penser : d’un côté je suis curieux de savoir ce qu’une femme fait dans l’armée et de l’autre j’ai l’impression qu’on se moque de moi en m’envoyant cette femme pour me pourchasser, et pourquoi pas un enfant tant qu’on y est ! Je sors de ma cachette, je veux lui parler, je veux savoir la vérité ! J’ai déjà vu cette femme auparavant se battre comme un homme, je sais ce dont elle est capable. D’un autre côté j’avais aussi entendu Robespierre me parler du colonel Oscar de Jarjayes, l’homme qui avait toute la confiance de la reine. Je ne sais plus que croire. J’en viens même à me demander si je ne rêve pas tout éveillé… Je m’apprête à apparaître sous la clarté lunaire quand je la vois qui bouge. C’est étrange, je suis à la fois énervé et intrigué par le personnage. Je la vois qui s’échappe tranquillement par une ruelle, guettant sans cesse ses arrières. Pourquoi agit elle ainsi ? C’est alors que je comprends : elle défait sa veste et sa chemise dans un coin sombre, à l’abri de tout regard… sauf du mien, me direz vous… c’est vrai, je joue les voyeurs … mais pas ce genre de voyeurs … je cherche simplement à comprendre cette dualité homme / femme qui prend forme sous mes yeux. Je la suis, je l’espionne : elle est à présent torse nu, elle applique ensuite l’étoffe mouillée contre son buste… je comprends enfin ce qu’elle fait : elle enroule la large bande autour de ses seins, prenant soin de serrer le bandage. Pourquoi ? … je réfléchis, je me dis qu’il s’agit de ses côtes sans doute fêlées ; mais plus j’y réfléchis et plus je sais que je fais erreur : ce bandage elle l’avait déjà avant sa blessure. Elle l’a toujours eu. L’explication se fait dans ma tête : ce carcan lui permet de dissimuler sa poitrine : ce n’est pas une femme soldat : elle se fait passer pour un homme ! Une femme c’est quoi ? Un sac d’os dans un corset et une toilette qui coûte une fortune. J’ai déjà entraperçu des tas de femmes dans mes aventures nocturnes : des grosses, des maigres, à fortes rondeurs… imposantes mais quand même agréables, et d’autres où on se demande même où elles ont caché leurs formes. Une noble est poudrée à outrance, empeste le parfum et a généralement une choucroute qui menace de tomber sur sa tête ! Or même en femme, Oscar de Jarjayes n’est pas ainsi : pas de poudre, pas de faux chignon, pas de parfum à outrance… non, je dis pas que j’en ferais mon quatre heures, elle manque cruellement de féminité et de rondeurs. Mais il faut avouer qu’elle doit faire sensation dans les bals… surtout que si un des prétendants s’approche de trop près, il finira eunuque bien avant l’heure ! Voilà j’ai enfin réalisé ce qui se passait : Oscar de Jarjayes berne son monde : sous ces artifices, elle cache ce qui fait d’elle une femme, une redoutable femme à en croire. Et bien soit me dis-je… tu veux être homme, je te traiterai comme tel ! Ma décision est prise, je la laisse s’en aller sans lui parler. Même si j’apprécie les femmes qui combattent avec moi les idées du peuples, je ne peux m’empêcher de voir en celle-ci une ennemie. Dès à présent, seul LE colonel de la garde existe à mes yeux ! |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Mar 15 Nov - 22:02 | |
| Imposteur Les semaines passent les unes après les autres. Mes sorties nocturnes augmentent au fur et à mesure que je m’aperçois de l’ampleur de la misère du peuple. Tous les jours, une nouvelle famille vient me voir, moi Bernard Châtelet, pour me demander de l’aide grâce à mon journal. Tous les jours de nouvelles personnes viennent augmenter l’assemblée qui assiste aux réunions avec Robespierre. Le plus étonnant encore est que tous ne sont pas forcément des miséreux ! Certains que je vois dans la foule sont mieux vêtus que la plupart… sont ils des nobles déchus ou tout simplement des serviteurs un peu mieux lotis ? Mais même si nous crions fort, la voix du peuple est toujours étouffée à Versailles… les seuls échos qui arrivent jusqu’à moi est la capture du rebelle, du masque noir. Au fil des soirs, je le vois de plus en plus souvent au bal … je suis à présent sûr que c’est moi qu’il cherche ; j’ai beau être plus prudent de jour en jour, je sais que le colonel de Jarjayes est difficile à berner, Robespierre me le répète assez. Je n’ai pas le choix, je voudrais être un monstre, je voudrais le tuer de sang froid pour me débarrasser de lui … mais je ne peux pas… je ne suis pas un tueur… je ne pourrais jamais l’être. Je voudrais le convaincre d’abandonner la chasse à l’homme mais je sais que c’est impossible, il est incapable de désobéir aux ordres de ses majestés. Je ne peux pas me permettre de me faire prendre… à aucun prix… trop de gens comptent sur moi. Je saurais me défendre si cela arrivait ! Un soir alors que je regagne ma maison j’entends une rumeur : le masque noir vient de sévir dans une des demeures les plus riches de Paris ! Comment ce fait il ? Je suis certain de ne jamais être allé dans ce coin de Paris ! C’est sans doute un ragot sans importance, je passe mon chemin… Mais voilà, trois jours plus tard, cela se reproduit : un vol m’est attribué de nouveau sans que je ne sois au courant. Ce n’est pas possible : il dois y avoir une explication ! Soit les gens confondent ces voleurs avec moi, soit quelqu’un se fait passer pour moi ! Cela ne peut pas être un hasard ! Je n’ai pas choisi ce costume pour ameuter toute la ville, ni pour me faire des conquêtes faciles (surtout que dans ce cas là on ne pourrait pas distinguer si c’est ou non le vrai masque noir, et donc quel bénéfice en aurais-je ?) Ce qui m’interpelle pourtant c’est le manque de discrétion de cet imposteur : apparemment il ne cherche pas à être discret ! On dit même que le masque noir a manqué plusieurs fois de se faire prendre… bref ça a l’air d’être un masque noir limite pataud. Je dois faire cesser ce manège : ce type va finir par me discréditer et en plus contrairement à moi, il ne distribue pas ses gains aux pauvres… il profite de mon nom pour commettre ses méfaits à son propre profit ! Je dois l’arrêter… mais ma mission d’apporter mon aide aux plus miséreux ne doit pas passer au second plan. Je décide donc de poursuivre mes habitudes, je finirais bien par tomber sur lui. |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Ven 18 Nov - 8:26 | |
| 7 Double Le soir de notre rencontre est arrivé ! Je suis face à face avec cet imposteur ! C’est fou : avec ce costume j’ai presque l’impression de me voir dans un miroir. On dirait mon frère… mis à part quelques différences, la ressemblance est stupéfiante ! Il a comme moi les cheveux sombres, sa carrure est comparable à la mienne, du moins pour ce que j’en vois (je ne vais tout de même pas lui demander de se déshabiller pour comparer nos mensurations… on se connaît à peine). Le seul signe qui nous distingue au premier abord sont ses yeux : ils sont autant verts que les miens sont bleus. Je l’interpelle ! Je veux savoir qui il est ! Je veux qu’il cesse son manège. Je dégaine mon épée… je veux l’attraper et le démasquer. Pour une fois, je ne suis pas la proie, je suis le chasseur. Quelle ironie : je pourchasse le masque noir ! Si le colonel de Jarjayes me voyait, il m’apporterait sans doute son aide. Quoi que comment pourrait il faire la distinction entre le vrai et le faux masque noir ? A part le regarder de près yeux dans les yeux et encore… il ne sait sans doute pas de quelle couleur sont les miens ! Après quelques échanges d’escrime, il tente de prendre la fuite. Quel couard ! D’ailleurs qui donc d’autre qu’un couard vole l’identité d’un autre ? Il saute sur son cheval et s’éloigne de la demeure où nous étions. Sans attendre, je rejoins ma monture et je le poursuis. Je suis sur le point de le rattraper quand j’entends un sifflement retentir dans la nuit. Alors que seuls les pas de nos chevaux résonnent dans le silence nocturne, je distingue un troisième bruit de sabots qui se rapproche. Je guette, il s’agit certainement d’un cavalier qui rentre chez lui, retrouver sa femme et ses enfants. Je n’y prête presque plus attention tellement ma course après le faux masque noir monopolise mon attention. Mais au détour d’une place, je le vois surgir ! Sorti de nulle part, sur son blanc destrier. Je serais une princesse en détresse, je serais émue de voir mon preux chevalier apparaître ainsi… mais dans le cas présent, c’est une calamité qui me tombe dessus : un faux masque noir et mon pire ennemi le même soir ! C’est beaucoup pour un seul soir. Me voilà déambulant dans les rues de Paris, à la fois proie et chasseur ! Après quelques mètres, Oscar de Jarjayes galope à ma hauteur et met en joue avec son pistolet. Me voilà pris au piège entre d’un côté le colonel de la garde et de l’autre l’imposteur masqué… je réalise… je comprends… ils sont de mèche ! Tout cela n’était qu’un piège ! Un redoutable et machiavélique piège ! Je commence seulement à réaliser l’intelligence de mon adversaire. Je n’ai pas le choix. Dans un mouvement vif, je tire mon fouet de ma veste et je laisse le cuir se détendre… la fine lanière zèbre le visage de mon double ! Le cheval de l’imposteur arrête sa course… le soldat abandonne sa poursuite… cet homme en noir est plus important que moi, semble-t-il. J’approche d’une demeure… je pense que le mieux est d’y disparaître quelques minutes… le colonel ne me suivra pas en pleine nuit… |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Ven 18 Nov - 8:27 | |
| 8 Enlèvement Je franchis le mur extérieur, je traverse un grand jardin et je longe les murs du château. La demeure doit certainement appartenir à un noble fortuné à en croire ce que je vois : rien que l’entretien du parc doit coûter une fortune ! Je réfléchis quelques secondes, quitte à entrer par effraction dans le château autant en tirer un quelconque bénéfice : si je trouve quelques babioles à voler, je ne m’en priverais pas ! Je décide donc de passer par une fenêtre en forçant sur la fermeture… comme souvent le mécanisme cède assez rapidement (on est un bon voleur ou on ne l’est pas !)… il semble que je me trouve dans la cuisine. A part quelques poêles, il n’y a rien de bien précieux ici à dérober (non mais sincèrement… vous m’imaginez…moi, le masque noir, des poêles sous les bras…) Bref, trêve de plaisanterie ! Je pénètre rapidement dans un grand salon et j’aperçois dans un coin, près des escaliers, deux silhouettes éclairées par une bougie : deux femmes. Mais que font elles là à cette heure… les jeunes filles nobles doivent se coucher tôt pour être fraîches et disposes le lendemain. Je me rapproche d’elles, elles me sourient ! C’est complètement fou : je suis le terrible voleur masqué (bon d’accord : le masque noir) et elles me regardent la bouche en cœur ! C’est alors que la vieille femme m’appelle « André ». Qui est cet « André » ? Pourquoi ne sont elles pas terrifiées en me voyant ? … Elles me prennent pour quelqu’un d’autre ! et si c’était … Mais ma pensée s’évapore dans mon esprit : mon regard a croisé celui de la jeune femme … c’est ELLE… elle est aussi belle que dans mon souvenir. C’était un jour empli de tristesse, la dernière fois où je l’ai vue… devant la tombe de sa tendre mère… la pauvre femme avait pris place dans sa dernière demeure, loin des maux, de la faim, de la souffrance… mais aussi loin de l’amour de sa fille. ELLE était restée là, prostrée des heures durant, maudissant tous les nobles, exprimant ses désirs de vengeance. Quand les premières gouttes de pluies ont pleuré du ciel, je me suis approché de cette poupée, recouvrant ses frêles épaules de mon manteau… ELLE s’est alors laissé aller contre moi… elle a pleuré jusqu’au profond de la nuit… après ce qui m’a paru des heures, ELLE m’a enfin dit son nom… « Rosalie »… Alors que je dévisage la jeune femme, celle-ci semble transpercer mon regard bleuté. « Ce n’est pas André » entends-je. La vieille femme se met alors à hurler et à gesticuler dans tous les sens… elle devient folle tout d’un coup… Je ne veux pas que Rosalie se mette à crier à son tour, alors en prenant soin de ne pas la blesser, je me glisse à ses côtés et je lui bayonne (non ça c’est le jambon cher à Rozam et Aérine… pourquoi j’en sais rien !) bref… je lui bâillonne ses fines lèvres de ma main gantée (je sais ce que vous pensez, vous vous dites que j’aurais préféré la bâillonner d’un baiser langoureux, profond, chaud, qui électrise les corps en contact… mais non ce n’est pas le moment approprié !). Au bout de quelques instants, le corps de mon ange semble se détendre, se liquéfier… elle perd conscience… alors sans brusquerie je passe mon bras autour de sa taille et je maintiens son corps gracieux contre le mien. Imperceptiblement, je sens sa douce chaleur m’envahir… mais ce rêve s’arrête brusquement quand un dentier vient se planter dans mon bras : la vieille peau a encore des ressources ! D’un geste malheureusement un peu brusque je la repousse… elle tombe sur son postérieur en hurlant « prends moi à sa place ! » A-t-elle vraiment pensé à ce qu’elle a dit ? Que ferai je avec une vieille bique comme elle ? Non je LA garde auprès de moi ! Je la veux à mes côtés, au moins pour un temps… elle sera en sécurité… jamais je ne lui ferai du mal. Je me dirige vers la sortie quand Oscar apparaît ! Il me fait face ! Il baisse son regard sur Rosalie que je tiens toujours évanouie … étrange son regard est inquiet mais presque tendre… le colonel l’appelle : « Rosalie ! » mais elle dort toujours, d’un sommeil sans rêve. Qu’est ce qui lie le colonel de la garde et Rosalie ? C’est un mystère que je me donne pour objectif d’élucider. En attendant je le mets en garde « j’ai un otage, laisse moi partir ! » Je vois de la crainte dans ses yeux bleus : il ne fera pas un geste… Oscar de Jarjayes aurait-il un cœur ? |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Ven 18 Nov - 8:28 | |
| 9 Captive Ma nuit se termine au Palais Royal. Ce lieu est réputé pour tout plein de choses, de plus ou moins bon goût malheureusement… mais les sous-sols sont un lieu d’asile. J’ai fait tout le trajet à cheval au pas, serrant ma poupée près de mon cœur, la réchauffant, la berçant. Je sens son parfum fleuri envahir mon corps. Je voudrais rester ainsi pour l’éternité : que je suis bien ainsi… je me souviens de cette chaleur, la même chaleur que ma mère, le même parfum… Je porte alors Rosalie dans mes bras, jusqu’à la pièce qui sert de cachette au masque noir, personne ne sait qui je suis en réalité, c’est mieux ainsi. Je dépose mon tendre fardeau sur le lit, je sais que la paille pique un peu et que les draps sont rêches sur sa peau… mais je n’ai rien de mieux à lui offrir. Je lui allonge les jambes, je prends la liberté de lui ôter ses pantoufles. Dégagée de ma chaleur, je la vois qui se met à frissonner. Elle ne porte qu’une simple nuisette et une fine robe de chambre. Je rabats la couverture sur son corps frêle…je voudrais tant me glisser sous les draps, la toucher, l’embrasser…. Mais je n’en ai pas le droit… et puis je dois tenir les hommes à distance d’elle ! Je me glisse hors de la pièce sans bruit… je tourne la clef dans la serrure et je glisse la lanière qui me sert de porte-clef autour du cou… la clef de mon trésor près de mon cœur. Je vais donner les ordres pour qu’aucun mal ne lui soit fait et qu’on lui apporte tout ce dont elle aura besoin. D’ici peu elle aura de la compagnie. Le lendemain, j’apprends que mon piège a fonctionné. On m’informe que le colonel de Jarjayes est enfermé avec Rosalie. Quel idiot, il est tombé dans le piège du tissu comme un débutant. (quoi ? vous ne savez pas de quoi je parle ? bon… explication : mon but est de capturer le colonel pour qu’il me procure des armes… pour défendre le peuple bien entendu… (je ne veux pas organiser un paint ball…) comme je l’ai vu traîner vers le Palais Royal, j’ai négligemment déposé une étoffe provenant de la robe de chambre de Rosalie près d’une porte… et là Bingo ! Le colonel entre dans les sous-sols, mes hommes le capturent et le tour est joué ! C’est bien trouvé n’est-ce pas ?). Je décide de retourner à ma cachette pour mettre la fin de mon plan à exécution : Oscar de Jarjayes va demander à son père des fusils en échange de sa libération. Je m’approche de la cellule, j’entre et là je le vois : mon double ! Que fait il ici ? Sans que j’ai le temps de réagir il lance son pistolet au colonel qui, d’un geste vif, s’en saisit et le glisse entre mes côtes. La situation s’est à nouveau retournée contre moi. Si ça c’est pas de la malchance… je ne sais pas ce que c’est ! J’avais compté sur les gardes pour bloquer l’accès des sous sols mais apparemment mon « jumeau » s’est encore fait passer pour moi pour pénétrer dans les murs… Je demande une explication à Oscar de Jarjayes… mais il m’enfonce un peu plus l’arme dans mon flan . Il me regarde ! Son regard me glace les os : j’y vois la haine ! j’y vois la mort… ma mort… le colonel a changé… pourquoi ?... je sais qu’il n’hésiterait pas un instant à tirer… il me parle… « Tu as éborgné André ». Je regarde mon double, le colonel s’adresse à lui… « André » … c’est donc lui… voilà pourquoi Rosalie et la vieille femme n’ont pas eu peur au début : elles m’ont prise pour cet homme. Ainsi Oscar de Jarjayes serait prêt à me tuer pour venger la blessure de cet homme ? Pourquoi, qui est il pour elle ? |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Dim 27 Nov - 9:54 | |
| Pourquoi… Je n’ai pas le temps de me poser plus de question : Oscar de Jarjayes m’intime l’ordre de le suivre… sans doute veut il attendre que nous soyons à l’extérieur pour me tuer… si les hommes entendaient une détonation, ils accourraient dans l’instant et je sais qu’il ne veut pas prendre ce risque. Quelques instants après avoir quitté la cellule, nous rejoignons les chevaux. Oscar aide Rosalie à monter sur la monture sans détourner son pistolet de sa cible : moi ! Il monte à son tour sur la selle et maintient la jeune femme en passant un bras autour de sa taille. Rosalie lève le visage vers son compagnon, un regard empli de chaleur, de tendresse. Je les regarde étonné : le colonel semble si attentionné envers Rosalie que j’en oublie encore plus le fait que c’est une femme ! Oscar et Rosalie seraient-elles… amantes ? Mais le colonel ne se laisse pas distraire pour autant : il colle sa monture à la mienne et me donne l’ordre d’avancer jusqu’à la grille ; puis, caressant mes côtes de son arme, m’oblige à suivre son plan. Prétextant un transfert des prisonniers, nous franchissons la grille d’entrée… les voilà libres… et moi un peu plus pris au piège, hors de ma tanière. La chevauchée s’engage pour s’éloigner du Palais royal, alors que j’entends au loin : « oh ! un autre masque noir »… Nous galopons depuis de longues minutes quand j’essaie, une nouvelle fois, de le piéger en essayant de l’amadouer : je lui propose de lui révéler mon identité en enlevant mon masque… je suis sûr ainsi qu’il baisserait sa garde et je pourrais intervenir. Mais le bougre est futé… il ne se laisse pas aussi facilement berner par ce piège. Au moment où je vois s’échapper ma seule issue, je l’entends et je comprends enfin où il veut en venir : il veut me ramener au château de Jarjayes … où je serais à sa merci ! Si on arrive au château, je serais définitivement perdu ! Ma vie ne tient qu’à un fil… je vois, à mon grand désespoir, mon avenir m’échapper quand une calèche fait irruption à la croisée des chemins ! Mon cheval se cambre, m’expulsant sans ménagement au sol ! Oscar arrête dans la foulée son cheval, saute à terre pour semble-t-il me porter secours… bien joué, il s’est fait avoir cette fois-ci ! Alors qu’il s’approche, je le désarme … mais le colonel ne s’avoue pas vaincu pour autant : il commence à me décocher un coup de point, puis un suivant. Je riposte ! Que puis je faire d’autre ? A mon tour, je lui assène des coups : au visage, dans le ventre… finalement ma force physique prend le pas sur la frêle silhouette. Je m’apprête à le mettre KO mais je suis stoppé dans mon élan : une douleur fulgurante me transperce l’épaule gauche… mon regard se lève… je la vois… l’arme encore fumante à la main… ELLE a tiré… Rosalie vient de me tirer dessus pour le protéger. Mes jambes cèdent… je ne comprends plus…. Pourquoi ?????? |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Dim 27 Nov - 9:55 | |
| Châtiment C’est étrange, ELLE semble aussi surprise que moi d’avoir tirer… elle a failli me tuer pour défendre Oscar de Jarjayes ! Je savais qu’il existait une relation entre elle et Oscar… mais je ne pensais pas à un lien si fort ! Alors que mon regard incrédule fixe toujours le visage de ma tireuse… j’entends le colonel qui hurle : « Masque Noir ! » Je tourne la tête vers lui …il a profité de la situation pour récupérer le fouet qui s’était échappé de ma ceinture pendant ma chute. « Je vais arracher ton masque !» … Mon cœur suspend son battement : le colonel de Jarjayes me domine de sa hauteur… brandissant mon fouet, prêt à m’en faire goûter sa morsure ! Son regard n’exprime que la haine… la haine infinie… ses yeux ne reflètent plus aucun sentiment… comme un océan, gonflé par la tempête, prêt à tout anéantir. Il veut me tuer ! …Je sens ma fin venir… Alors que quelques larmes transpercent son regard de mort, il arme son bras … le serpent de cuir prêt à venir me lécher le corps… « Comme tu l’as fait pour mon pauvre André ». Comme dans un état second, je perçois ses dernières paroles… « Mon pauvre André »… elle agit donc par vengeance… elle veut me faire payer au centuple ce que j’ai fait à mon double… Mon corps perd peu à peu consistance… ma blessure à l’épaule, le sang perdu et la sentence de mort qui m’attend, viennent à bout de mes dernières forces… je ferme les yeux sur mon inconscient… j’attends ma mort … ma compagne pour l’éternité. |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Dim 27 Nov - 9:55 | |
| Fantôme Maman…. Maman, attends moi…. Non ne t’éloigne pas… laisse-moi te rejoindre… Je la vois me sourire…. Comme tu m’a manqué … Maman je ne veux plus jamais te quitter… Non, ne pleure pas … Maman… MAMAN !!!! J’ouvre les yeux… suis-je en vie ? Où suis-je ? Ma vision se fait alors plus nette… ELLE est là, près de moi… je pensais à ma mère et je LA vois près de moi… pourquoi me trouble-t-elle autant ? (on me fait remarquer qu’il manque les violons du thème de Hyoga, dans les Chevaliers du zodiaque) (mon bêta me dit « fin du chapitre » !) |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Dim 27 Nov - 9:55 | |
| Soumission Oui c’est bien elle, Rosalie… Je veux lui parler mais elle me demande de ménager mes forces. Ses yeux sont d’une douceur … une telle douceur que je me sens fondre sous son regard. Elle m’explique qu’elle n’avait pas l’intention de me blesser moi, Bernard châtelet… elle avait seulement eu peur qu’Oscar soit blessée. Mes prunelles sont rivées à ces lèvres roses qui déversent ses paroles comme un poème qu’on lit à un enfant pour s’endormir… les embrasser… pourrais je les embrasser un jour ? Ses traits ne présentent plus la maigreur de mes souvenirs… elle est encore plus belle que dans ma mémoire. Je voudrais lui demander ce qu’elle fait près de moi, savoir où je me trouve, pour quelle raison je suis encore en vie… Avant que je prononce le moindre mot supplémentaire, elle me donne ces informations, comme si elle les avait lu dans mon esprit. Elle m’apprend que je suis au château des Jarjayes, mais que seules quatre personnes sont au courant : Oscar, bien sûr, son compagnon André, la gouvernante à qui je dois une belle morsure et elle. Je suis donc à la merci du colonel ! Il m’a gardé en vie pour mieux me livrer ! Je suis sur le point de me lever quand elle arrête mon geste en posant sa main sur ma poitrine. Je sens la douceur de sa main à travers ma chemise. « Non, reste couché, ta blessure n’est pas encore refermée » me dit-elle en souriant timidement. Je lui explique que je refuse de rester prisonnier du pantin de la royauté et que je dois quitter cette demeure au plus vite si je ne veux pas mourir. Son regard s’assombrit… des larmes perlent… Dans un sanglot étouffé, elle me parle : « tu n’es pas juste ! Tu n’es pas prisonnier ! Et puis tu devrais avoir honte de traiter Oscar ainsi… tu sais, tu as eu de la chance qu’André soit intervenu sinon il…. » Elle ne finit pas sa phrase… les pleures emportent ses derniers mots. Que voulait elle dire ? Pourquoi cet André m’aurait-il sauvé la vie ? Je sens que je suis la cause du chagrin de Rosalie… sa tristesse me fait encore plus mal que ma blessure. Je prends alors mon courage à deux mains : « qu’y a-t-il entre toi et Jarjayes ? ». Ses larmes se tarissent, ses lèvres s’apprêtent à me répondre quand la porte s’ouvre sur lui ! En entrant, le colonel regarde Rosalie avec ce que j’interprète comme de l’affection ou de l’amour… je ne sais pas précisément… puis son regard se pose sur moi et soudain le calme de l’océan me fixe. C’est étrange… que s’est-il passé ces dernières heures pendant mon inconscience ? La dernière fois que j’ai croisé ce regard bleuté, Oscar de Jarjayes était prêt à me fouetter à mort … mais à présent il me regarde avec un calme olympien ! Pourquoi ? Qu’ai-je loupé ? Il me regarde avec un semblant de sourire… il se souvient de moi, de notre rencontre… maintenant qu’il connaît ma véritable identité, il va pouvoir me livrer à ses majestés… comme il doit jubiler… une jubilation sadique… Il se permet même d’insulter mon ami Robespierre qui, toute sa vie durant, a lutté contre l’oppression. Le ton monte entre le colonel et moi, je ne prête même plus attention à Rosalie qui regarde nos échanges d’un air inquiet… nous crions fort… Lui, toujours entouré de dorures, ne sait rien de nos vies, pauvre noble sans sentiment… Je dépense toute mon énergie dans ce combat de mots… ma blessure me fait mal à hurler… mais jamais je ne me plaindrai devant lui, jamais je ne lui ferai cette joie… mon corps pourtant me trahit : ma respiration se fait plus saccadée…Rosalie se précipite auprès de moi pour s’enquérir de ma santé… Une phrase retentit dans cet instant de silence… « C’est honteux d’être noble »… Ai-je bien entendu ??? De longues minutes s’écoulent… La gouvernante vient finalement avertir le colonel qu’il est attendu à Versailles. Alors qu’Oscar sort pour rejoindre la Reine, je l’accuse d’être une poupée manipulée par la royauté … il marque un temps d’arrêt… l’aurais je enfin touché ? Je l’ignore… il semble si imperméable à mes mots… au sort du peuple. |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Sam 11 Fév - 19:13 | |
| Blessure ouverte ! Attention ! Certains passages peuvent choquer les jeunes lecteurs ! Le calme, tout autour de moi respire le calme … Me suis-je endormi ? Certainement… le soleil est plus bas dans le ciel, l’après midi est sans doute avancé. Je me réveille, je me rappelle… les larmes de Rosalie, sa main sur mon cœur… suis-je jaloux de la femme colonel ? De sa relation avec ma poupée de porcelaine… Oui…. Pourquoi suis-je là ? Encore cette question qui n’arrête pas de me hanter… Je n’arrive pas à déterminer les intentions du colonel. La seule chose dont je suis à peu près certain c’est qu’il n’a plus la même haine envers moi. Rosalie m’a fait comprendre que je devais la vie à mon double… étrange… j’ai gravement blessé cet homme au visage et pourtant il m’a défendu. Qui sont ces deux êtres mystérieux ? Le découvrirai-je un jour ? La porte de ma chambre s’ouvre. Je la vois pénétrer le regard timide : je ne me lasse jamais de la voir sourire. Elle est mon rayon de soleil, ma lumière dans la nuit… elle est ma moitié. Mais elle, que pense-t-elle de moi ? Je sais qu’elle rougit en me voyant … mais est ce de la honte ou de l’attirance. Je me meurs à chaque fois que je la vois sourire au colonel… aucun de nous ne la mérite ! Elle s’approche de moi, les mains chargées de pansements et produits de soin. « il est temps de refaire ton pansement, Bernard » Je sursaute… j’étais encore plongé dans mes rêves, mes questions. J’espérais qu’elle venait me voir sans raison apparente mais non… elle vient pour mes soins. (Stop je sais à quoi vous pensez : le Nanard veut jouer au docteur avec l’infirmière ! Mais non, mais non… enfin si, je voudrais bien mais je suis le héros, je dois me comporter en gentleman.) Suis-je intimidé par elle, par son regard sur moi… sans doute. Ai-je peur de ses mains sur ma peau… c’est certain : je l’ai à fleur de peau (je suis sur que certains comprendront mon désespoir : vous savez parfaitement ce qui se passe quand une jolie fille s’approche de vous, les yeux pétillants. Vous sentez quelque chose vous chatouiller l’entre-jambe pour finalement se tendre au point que vous priez pour que cela ne quitte pas votre anatomie ! J’ai même entendu dire que certains voyaient leurs boutons de pantalon se dégrafer sous la pression si bien qu’ils étaient obligés avec leur compagne de les rechercher jusque sous les tables. D’autres paraît-il encore, vont jusqu’à se mettre la tête dans la glace pour calmer leurs ardeurs… Moi je ne fais pas partie de ceux là ! Moi, c’est la fuite ! J’évite l’affrontement !) Eviter l’affrontement… c’est justement ce que je veux faire face à Rosalie, mais la tâche est ardue, elle a toutes les armes de son côté : un regard clair presque suppliant (bref version « chien battu ») des lèvres humides (j’ai dis humides pas pulpeuses, arrêtez de baver sur le clavier messieurs), deux jolies formes qui se balancent discrètement à chaque mouvement et respiration et ses mains… deux fers rouges, délicates mais terriblement dangereuses ! (vous comprenez maintenant ce que je dois affronter !) Et ce moment tant redouté est arrivé ! Rosalie pose une de ses paumes sur mon bras… je suis perdu… je ne peux que rendre les armes devant cette déesse. Elle a su me dompter sans aucun effort, presque inconsciemment. Elle me fixe dans les yeux… je me perds dans cette immensité… Elle paraît si femme et si enfant à la fois… je me laisse faire mais je remarque ses joues rougir à la vue de mon torse (je rappelle que comme tout héros qui se respecte, j’ai un corps d’athlète, épaules carrées, poitrine ferme et imberbe, tablettes de chocolat fines mais présentes !). Sens-tu comme mon corps te répond… entends-tu mon cœur s’affoler sous tes doigts … vois-tu mes lèvres appeler les tiennes dans un appel silencieux. Je voudrais te le dire, te le crier, te le montrer. Je voudrais que nous soyons seuls, que plus rien d’autre n’existe autour de nous… je voudrais te faire payer les douces souffrances que tu imposes à mon corps et à mon âme… mais je ne peux pas… pas maintenant… Je t’aime tant… |
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 | Sujet: Re: l'Ombre Sam 11 Fév - 19:19 | |
| Mariage Comment aurais-je pu imaginer que cela arriverait ? Alors que mes blessures se refermaient, le colonel m’a fait une étrange proposition… Elle, qui il y a quelques jours à peine était sur le point de me tuer, est prête à me céder le plus beau de tous les joyaux. Un joyau qui n’a pas de prix. Moi, le masque noir partager ma vie avec ELLE… Rosalie. Certes il y a un prix à payer mais il semble si ridicule face au trésor qu’on me confie. Quelques heures après avoir accepté d’abandonner mon costume sombre de voleur, ma fiancée me conduit chez moi. La calèche s’arrête devant ma maison, Rosalie m’accompagne sur le pas de la porte tandis qu’Oscar reste en retrait. Encore timide, elle pose ses lèvres sur les miennes, ses joues rougissent… je l’aime… ………………. André et moi nous rencontrons régulièrement… nous sommes devenus amis. Comme c’est étrange, sans que l’on s’y soit attendus, nous sommes devenus des confidents l’un pour l’autre. Comme je le supposais Oscar occupe une place toute particulière dans le cœur de mon double… mais je vois une ombre envahir son regard quand il me parle d’elle… je le plains mais quelque part, son cœur est également aveugle… il ne voit pas le secret que renferme sa maîtresse derrière sa froide apparence. Elle était prête à me faire payer de ma vie sa blessure. Elle l’aime mais il ne s’en aperçoit pas. Qui sait ? Peut être qu’un jour… La date de notre mariage est fixée. Alors qu’on se retrouve pour parler politique, André me met dans la confidence : sa grand-mère, à la demande d’Oscar, était en train de confectionner une robe de mariée pour Rosalie. En m’annonçant la nouvelle, il ne peut retenir un rire. Intrigué, je lui demande la raison de son hilarité. Il m’explique que sous le sceau du secret, Oscar servait de modèle à la vieille femme. Pour la seconde fois, je prends réellement conscience qu’Oscar était une femme. Quand on voit le colonel de la garde, on l’imagine mal en tenue de mariée. On peut facilement se demander comment cet androgyne pourrait donner une image agréable dans un tel habit. J’entends déjà les mauvaises langues. « Elle doit remplir son bustier avec des étoffes pour se donner des formes » ou « Pourquoi mettre un corset, elle est déjà plate comme une planche ». Mais je sais que les hommes peuvent se montrer durs : « regardez cette perche, elle est tellement grande que sa robe lui arrive aux mollets ». Je vous avoue qu’aux premiers abords, j’aurais pensé la même chose… si je ne l’avais pas déjà vue en robe. En fait je serais assez soucieux de la tenue ridicule que serait contrainte de porter ma future femme. Même si je fais confiance à la grand-mère, j’ai peur de retrouver ma femme déguisée, ensevelie sous une multitude de nœuds et autres rubans, comme certains nobles que j’ai pu croiser au cours de mes « visites ». Mais le jour tant attendu est arrivé… Je n’ai jamais été aussi nerveux de toute ma vie… enfin si ! (Je vous rappelle que j’ai failli mourir sous les coups du colonel de Jarjayes). Comme vous pourriez le supposer nous avons demandé à Oscar t André d’être nos témoins ; hélas, Oscar n’assista que très discrètement à la cérémonie. Voilà peut être pourquoi elle avait tant insisté pour offrir sa tenue à Rosalie. ………………… « Voilà mon fils, tu sais à présent tout de ma rencontre avec ta mère et le secret du masque noir… en ce grand jour, mon cœur se serre à la fois de bonheur et de mélancolie…la joie de te voir te marier et la peine causée par l’absence de ces êtres qui ont tant marqué notre vie… voilà ta mère qui approche, va mon fils… va l’embrasser » prononça Bernard Châtelet à son fils François, la veille de son mariage… un fin ruisseau coulait de part et d’autre de son visage… FIN |
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