Comme cette rose de soie qui ne se fanera jamais...
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 Quatuor amoureux

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MessageSujet: Quatuor amoureux   Ven 10 Mar - 11:09

André qui se meurt d’amour pour Oscar, va se réfugier dans les bras d’une autre….

Prologue

Oscar François de Jarjayes, ancien colonel de la garde royale, avait demandé sa mutation à la tête des gardes françaises. Elle avait souligné auprès de sa Majesté Marie Antoinette son échec dans la capture du renommé Masque noir pour justifier sa demande. Mais la véritable raison n’était-elle pas d’éloigner André d’elle ? Oui sans doute. Depuis l’affaire du Masque noir, depuis la blessure à l’œil de son ami de toujours, elle voulait l’écarter des dangers qui étaient devenus courants dans sa vie.
Sa majesté s’était montrée très réticente dans le choix de son amie. En effet les gardes françaises étaient réputées pour être composées d’hommes durs, difficiles à discipliner : plusieurs commandants s’y étaient frottés sans succès. Oscar de son côté avait vu dans ce choix et un défit, orgueil des Jarjayes oblige, et l’occasion d’effacer ses blessures qui déchiraient son cœur froid.

Mais sa décision avait en partie été enrayée par la volonté d’André. Au lieu de rester au château de Jarjayes pour y vivre une existence tranquille au service de sa famille ; il avait fait un choix. Contre toute attente, André s’était enrôlé de lui-même dans les gardes françaises, dans le régiment d’Oscar en particulier. Après une explication tendue, le jeune homme lui avait signifié qu’il ne l’avait pas suivie mais qu’il avait simplement fait ce choix par conviction. Oscar s’était contentée de cette explication et prit la décision ce jour-là de le traiter comme tout soldat sous ses ordres, avec le même détachement.

Elle avait donc pris le commandement du régiment, faisant la connaissance de ces hommes au caractère fort; un en particulier. Celui qui, semble-t-il, avait seul une once d’autorité sur cette bande de rebelles… le sous lieutenant : Alain de Soisson. Oscar avait eu maille à partir avec ce caractère trempé… d’ailleurs si elle avait été « réellement » un homme, elle lui aurait sans doute ressemblé. Mais après quelques jours de service, la situation s’était stabilisée : le « noble » comme ils l’appelaient, avait fait ses preuves, et tous se résignèrent à respecter ses ordres…
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MessageSujet: Re: Quatuor amoureux   Ven 10 Mar - 12:27

Partie 1

Que la vie peut se montrer belle parfois…

Il est un moment dans la vie des soldats des gardes françaises qui ravit les plus coriaces : le jour des visites ! Dans ce monde d’hommes confrontés aux deux sociétés, le peuple et la noblesse, ce jour est un rayon de soleil dans le ciel tumultueux. C’est le moment où les soldats reçoivent des nouvelles de leur famille, où ils peuvent enfin avoir des marques infimes de tendresse dans la dureté de leur vie. Mais il est un évènement que chaque soldat guette avec attention.
Cet évènement se résume à un petit bout de femme… Elle semble si jeune, son sourire pourrait embraser le moindre cœur gelé, ses yeux prodiguent multitude d’étincelles de tendresse. Elle est aimée, elle est admirée, elle est choyée. Cette perle est le joyau de la caserne… plus particulièrement celui d’Alain de Soisson… il s’agit de Diane, sœur chérie du sous-lieutenant.
Il est de rumeur dans la caserne qu’Alain est très possessif envers sa sœur, du moins très protecteur. La réputation de ses camarades de chambrée n’est plus à faire, en matière de bagarres, de saoulerie ou de femmes aussi évite-il que Diane ne se sépare de lui au cours de ses visites et s’assure qu’aucun importun ne l’approche de trop prés.

Depuis son arrivée parmi les gardes françaises, André avait eu l’occasion de faire connaissance avec son supérieur. Ce grand gaillard était loin de se laisser marcher sur les pieds et même s’il tolérait les ordres du commandant, il n’en restait pas moins attentif au moindre écart d’Oscar de Jarjayes. Un jour de visite, Alain lui avait avoué qu’il était heureux que sa sœur ait su trouver l’homme qui faisait battre son cœur ; d’après ses dires il s’agissait d’un jeune homme, travailleur, de petite noblesse mais de réputation irréprochable.

Au fil des semaines, une amitié se tissa entre les deux hommes ; celui qui était au premier abord « l’espion » du commandant avait su faire sa place parmi les autres soldats, parfois à coup de poings. Il était à présent un homme du régiment à part entière. La seule chose qui le distinguait des autres était Oscar.
Pendant tant d’années elle avait été sa lumière, son étoile du berger, sa vie. Mais depuis le terrible soir, le soir de l’aveu, le soir du geste, elle s’était éloignée de lui pour finalement s’en séparer. Voilà comment il avait perçu l’entrée d’Oscar dans les gardes françaises : une rupture ! Son cœur saignait : il l’aimait, il ne cesserait jamais de l’aimer, jusqu’à son dernier souffle… mais elle ? Le verrait-elle un jour autrement que comme un frère perdu, comme cet agresseur qu’il avait été ? Sa décision était prise : sa vie en dépendait. Il devait agir, pour lui … et pour elle. Son cœur était mort, il lui redonnerait un souffle de vie.

Plongé dans ses pensées, il ne voit pas s’approcher la jeune femme. Son œil s’illumina à la vue de son sourire : « Bonjour Mademoiselle Diane »
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MessageSujet: Re: Quatuor amoureux   Sam 22 Juil - 20:19

Partie 2

Le soldat frappa à la porte du commandant. L’invitation à entrer lui fut donnée.

ANDRE : Oscar ?
OSCAR relevant la tête de ses papiers : Oui André ?

André entra dans le bureau et referma doucement la porte avant de se placer devant de bureau de sa supérieure. Il prit quelques secondes pour réfléchir, inspira profondément puis se lança.

ANDRE : Oscar j’aime une femme…

La main de la jeune femme se crispa sur sa plume : « pas encore » pensa-t-elle. Elle ne voulait pour rien au monde revivre la déclaration d’amour d’André.

ANDRE poursuivant d’un trait : Je l’aime sincèrement mais j’ai l’impression qu’elle ne me voit pas.

Un frisson la traversa de la tête aux pieds, ses mains devinrent moites. « Non André, je ne veut plus t’écouter, je ne veux plus entendre tes mots d’amour » priait elle en silence.

ANDRE inlassablement : Je voudrais qu’elle me voit … que pour une fois elle sache que je suis là…

Il marqua une pose.

ANDRE : Je sais que ce que je te demande, je… Voilà je me disais que si je la rendais jalouse alors peut être ferait-elle un petit peu attention à moi.

La main d’Oscar lâcha brusquement sa plume qui déversa son encre noire sur le papier

OSCAR de plus en plus mal à l’aise : André… nous en avons déjà discuté, je t’ai déjà dit que…

ANDRE comprenant sa méprise : Oh non Oscar ! Désolé… en fait je voulais savoir si tu étais d’accord pour m’aider.

Oscar écarquilla les yeux, le rouge aux joues : André ne lui avait pas fait une déclaration d’amour mais il venait lui demander son aide pour séduire une autre femme.

OSCAR encore sous le choc : Je ne comprends pas, qu’attends tu de moi ?

ANDRE : Je t’en prie Oscar, tu es la seule à qui je peux demander ça… en souvenir de notre amitié…

Oscar regarda le visage de son ami : il semblait souffrir à cause de cette femme. Elle l’avait chassé de sa vie, du moins éloigné, il était normal qu’il se reconstruise. Comment avait il put l’oublier si facilement alors que de son côté elle avait mis des années à effacer Fersen de son cœur.

OSCAR : Très bien, je vais t’aider

ANDRE le sourire aux lèvres : Merci Oscar, merci

Emporté par sa joie, André déposa un baiser anodin sur la joue de la jeune femme et ouvrit la porte pour la quitter.

ANDRE avant de partir : Donc à partir d’aujourd’hui tu deviens officieusement ma maîtresse

OSCAR manquant de tomber de son siège : Quoi ?... André !

Trop tard, André avait déjà refermé la porte derrière lui.

Pourquoi avait elle accepté ? Qui était cette femme qui avait à nouveau emprisonné son cœur ? Oscar se sentit étrangement mal tout d’un coup : quelque chose venait de se briser en elle.
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MessageSujet: Re: Quatuor amoureux   Sam 22 Juil - 20:19

Partie 3

ANDRE : Oscar tu es prête ?
Le commandant s’interrogeait : ne devait-elle pas tout de suite arrêter cette fourberie avant même qu’elle ne commence ? Se faire passer pour la maîtresse d’André pour rendre jalouse une autre femme, d’où avait-il bien pu sortir cette idée ? Autant certaines dames de la cour étaient expertes dans ces machinations, autant elle n’en revenait pas qu’André puisse utiliser de tels artifices.

OSCAR : André attends… j’ai bien réfléchi… je pense ne pas être la personne « adéquate » pour ce genre de « mission ».
ANDRE : mais non tu es parfaite au contraire…
OSCAR : non je suis sérieuse André… je suis certaine qu’une des jeunes servantes de Jarjayes ferait parfaitement l’affaire.
ANDRE : tu te trompes, je t’assure… aucune d’elles n’a ta prestance et toutes sont bien moins jolies… si je veux que ça marche, le mieux est que ce soit toi.
OSCAR résignée : très bien, j’ai dit que je t’aiderais, je t’aiderais. Alors quel est ton plan ?
ANDRE : le marché !
OSCAR : le marché ?
ANDRE : oui, Grand-mère m’a donné une liste de courses à faire.
OSCAR : oui mais et moi ?
ANDRE : mais toi tu m’accompagnes, tu es ma « maîtresse » ne l’oublie pas, il faut que tu sois à mes côtés.

Oscar ne put s’empêcher de tressaillir en entendant André la traiter de maîtresse. « Où cela va-t-il nous mener » s’interrogea-t-elle.

La calèche s’avança devant le perron du château. Le cocher descendit de son siège pour ouvrir la porte au fils du général.

COCHER : Où souhaitez vous que je vous conduise Monsieur de Jarjayes
OSCAR : je…
ANDRE en s’adressant au serviteur : laisse, je vais conduire Oscar moi-même.
COCHER : bien André.

Une fois, le domestique parti, André invita Oscar à monter dans l’habitacle.

OSCAR : qu’est-ce que ça veut dire André ? Tu ne prends pas la calèche d’habitude pour aller faire les courses ; et je te vois rarement la conduire.
ANDRE avec un petit sourire : c’est pour notre « mission »
OSCAR : mais…
ANDRE : monte, tu comprendras.

Oscar avait à peine posé les fesses sur le siège que la calèche entama sa course. Elle jeta un œil distrait sur la banquette qui lui faisait face. Ses yeux esquissèrent une lueur mêlée d’effroi et d’interrogation.

OSCAR hurlant à son cocher : André ! Qu’est-ce que c’est que ça !

André eut le sourire aux lèvres. « Dommage que je ne puisse pas voir la tête que tu fais, Oscar » pensa-t-il.

ANDRE : c’est pour notre « mission »

Oscar commençait à fulminer contre son ami. Outre le fait qu’il ne cessait de lui répéter « c’est pour notre mission », elle avait sous les yeux un large pan de tissu à fleurs et des souliers vernis. Elle n’osa pas déplier l’étoffe de peur de donner véracité à ses doutes. « Non pas ça… » Timidement, comme si le frôlement du tissu pouvait embraser sa main, elle se résigna … ses craintes étaient fondées : il s’agissait bien d’une robe, une robe simple sans aucune prétention, mais une robe !

OSCAR : André ! Tu ne comptes pas sur moi pour porter cette chose !
ANDRE plus menteur que jamais : je ne t’entends pas avec les chevaux… n’oublie pas d’enfiler ta robe avant de descendre. Tu ne voudrais pas qu’on croie que j’ai un homme comme maîtresse.
OSCAR : mais tu n’y penses pas … et si on me reconnaissait ?
ANDRE : aucune chance, là où nous allons, personne ne connaît Oscar de Jarjayes … et avec les cheveux attachés…
OSCAR : hors de question ! J’en ai assez, laisse moi descendre !

André stoppa les chevaux sous l’ordre. Sans bouger de son siège : « bon dans ce cas, je te ramène à Jarjayes … je trouverais une autre solution… » dit-il d’un ton désespéré.
La manière dont il prononça cette dernière phrase transperça Oscar : « très bien… tu as gagné ».
Aussitôt les rênes claquèrent et la calèche reprit son voyage.

« Merci Oscar » murmura le jeune homme.
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MessageSujet: Re: Quatuor amoureux   Sam 22 Juil - 20:20

Partie 4

Les vêtements étaient enfilés les uns après les autres. Chacun étant accompagné de quelques apostrophes et jurons. Tout y passa : la culotte de dentelle, la camisole, le jupon qui s’en prit pour son grade et la robe. Oscar remercia intérieurement André de ne pas lui avoir imposée de corset ; de toute façon la jeune femme qu’il cherchait à séduire n’avait aucune chance d’être noble et mise à part ces dames de la cour, aucune femme ne portait ces armatures.

« Nous sommes arrivés » prévint André.

Oscar se sentit particulièrement nerveuse à présent. Après s’être fait passée pendant des années pour un homme, elle devait jouer une nouvelle comédie : être une femme. Un nœud à l’estomac la tirailla quand la porte de la calèche s’ouvrit sur André. Elle n’aurait jamais cru autant regretter sa tenue d’homme, même devant son ami d’enfance.

ANDRE : mais tu n’es pas coiffée !

La jeune femme resta coite un instant : elle revêtait une robe pour la seconde fois de sa vie et lui tout ce qu’il trouvait à lui dire était qu’elle n’était pas coiffée ! Mais comment cette femme avait-elle pu autant le changer ? Il y a quelques mois, elle s’était présentée à lui en robe de bal et il avait semblé subjugué par sa tenue. Aujourd’hui il paraissait presque indifférent à un fait si exceptionnel !

OSCAR : mais je me coiffe ainsi depuis toujours… quand crois-tu que j’ai pu apprendre à me faire un chignon ? Entre deux tours de garde ?

André décida alors de prendre les choses en main : il monta dans la calèche et referma la porte derrière lui. « Très bien, je m’en charge ». La jeune femme ne mit pas bien longtemps à réaliser le sens de sa phrase : il commença à peigner les cheveux blonds de ses doigts, en sépara la masse en trois larges mèches qu’il tressa lentement. Oscar fut troublée par sa dextérité.

OSCAR : tu as l’air de t’y connaître…
ANDRE : évidemment, tu crois que c’est la première fois que je fais des tresses ?
OSCAR : en fait… oui
ANDRE : ah ah, non Oscar, il est des périodes où j’en fais par dizaines !
OSCAR : par dizaines ?

Elle n’en croyait pas ses oreilles : elle n’aurait jamais cru qu’André était un homme à femmes, à tant de femmes…

ANDRE : bien sûr, pour les défilés !
OSCAR : comment ?
ANDRE : les autres disent que je suis celui qui tresse le mieux donc je suis de corvée
OSCAR : …
ANDRE : ça ne me dérange pas plus que cela mais j’avoue que les pouliches sont les plus dociles.
OSCAR : les chevaux ?
ANDRE : oui les chevaux… tu pensais à quoi ?
OSCAR : à rien…
ANDRE en finissant sa tâche : voilà… c’est parfait.

Il descendit du véhicule et aida Oscar à sortir la prenant par la taille pour franchir le marche pied.

OSCAR : alors où va-t-on ?
ANDRE : voyons… le maréchal ferrant, le boucher, et le maraîcher.

Le couple pénétra dans la foule bruyante du marché. Au bout de quelques minutes, toutes les courses qu’avait demandées Grand-mère furent achetées et André amenait à présent sa compagne vers l’atelier du maréchal ferrant.

OSCAR : pourquoi venons nous ici ?
ANDRE : le cheval de ton père à besoin d’un nouveau harnais, je n’en ai plus.

Elle le suivit alors jusqu’au four où l’artisan battait le fer.

ANDRE : bonjour, Jean, avez-vous le harnais que je vous ai commandé ?
JEAN : bonjour André, bonjour Mademoiselle… il est derrière… Hey Lili, apporte la commande d’André, veux-tu ?
LILI : oui père.

Quelques instants plus tard, une belle jeune femme blonde sortit de l’écurie, son visage s’illumina en apercevant le jeune homme.

LILI d’une voix enjouée : bonjour André
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MessageSujet: Re: Quatuor amoureux   Sam 22 Juil - 20:20

Partie 5

LILI d’une voix enjouée : bonjour André

Le jeune homme lui rendit son sourire.

ANDRE : bonjour Lili, comment allez vous ?
LILI : très bien merci

La jeune femme s’était rapprochée du couple mais son regard était centré sur André. Elle lui tendit la lanière de cuir, la main d’André s’en empara tandis que les doigts fins s’y attardèrent discrètement.

LILI : aurons nous le plaisir de vous voir à la kermesse organisée dans quelques jours ?
ANDRE : si je peux y assister ce sera avec plaisir. Tu m’y accompagneras, n’est-ce pas chérie ?

André avait glissé sa main autour de la taille d’Oscar qui, sous le regard plus que curieux de Lili, n’osa se dégager. « Est-ce que c’est elle ? » s’interrogea-t-elle.

OSCAR : bien sûr… mon amour

Les derniers mots d’Oscar furent à peine audibles, mais André les entendit parfaitement et déposa un simple baiser sur sa joue. « Merci, chérie ». Aussitôt les joues de la militaire s’empourprèrent sous le regard envieux de la fille du maréchal ferrant.

ANDRE : nous devons y aller à présent, on se reverra donc à la fête.

Le jeune homme se détacha de sa compagne, ramassa ses paquets tandis qu’Oscar s’était déjà avancée sur le chemin du retour. Alors qu’il commençait à s’éloigner, Lili l’interpella : « Pourquoi ne viendriez-vous pas avec moi à la soirée ? » proposa-t-elle en lui caressant la joue. André regarda la silhouette blonde d’Oscar à quelques mètres de lui, son regard bleu rivé sur lui : « Je ne pense pas… Au revoir Lili »


Une fois, son compagnon à ses côtés, Oscar reprit sa marche. Elle restait silencieuse. André, lui, regardait les différents étales, détaillant les personnes qu’ils approchaient. Son regard s’arrêta alors sur une créature, ses cheveux roux ressortaient sur le mur blanc de la maison auquel elle était adossée. Sa fine main faisait glisser un fuseau sur une feuille de papier alors que ses yeux marron se relevaient sans cesse sur la foule pour capturer les images. André prit Oscar par la main pour la mener jusqu’à la portraitiste.

ANDRE : bonjour Claire

La jeune femme releva la tête et arrêta de dessiner en voyant le beau brun l’interpeller.
CLAIRE : bonjour André

Ses yeux glissèrent sur la jeune femme blonde qu’il tenait par la main. Elle la détailla de la tête aux pieds avant de s’intéresser à nouveau au jeune homme.

CLAIRE : que puis-je pour ton service ?
ANDRE : je voudrais que tu fasses un portrait de mon amie.

Oscar sursauta. Quelle idée ! Pourquoi André voulait-il que cette jeune personne fasse un portrait d’elle… à moins que… cette femme était-elle celle qu’il convoitait ? Mais dans ce cas, que représentait Lili pour lui ? Non s’obligea à penser Oscar, cela devenait trop tortueux.
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MessageSujet: Re: Quatuor amoureux   Sam 22 Juil - 20:20

Partie 6


La jeune femme rousse prit une nouvelle feuille de papier et commença son œuvre. Les minutes s’écoulèrent, les traits d’Oscar apparaissaient progressivement sur le papier blanc tandis qu’André regardait l’artiste se concentrer sur sa tâche. Après quelques minutes, il leur demanda de l’excuser un instant ; il venait d’apercevoir un ami.

CLAIRE à Oscar : vous êtes très belle… Comme toujours André a fait un bon choix

Oscar rougit immédiatement au compliment mais resta perplexe à la dernière remarque. Elle profita qu’André se soit éloigné pour en savoir plus.

OSCAR : pardonnez moi ?
CLAIRE : oui ?
OSCAR : pourquoi avez-vous dit qu’il avait fait un bon choix comme toujours ?
CLAIRE : mais les gens qui le connaissent, savent tous qu’André est très attentif dans ses choix. Voyez quand il vient pour des chevaux, il sait repérer le moindre défaut alors que la plupart des hommes fait à peine attention à la bête. Je suis sûre que pour les femmes, il est pareil.
OSCAR intimidée : est-ce que vous et lui…
CLAIRE : en voilà une question bien personnelle… et elle rougit en plus ! Hey bien, je pensais qu’André m’aurait écartée pour une fille de caractère pas pour une jouvencelle !

L’orgueil de la militaire ne put supporter cette attaque ! Sa timidité et sa pudeur laissèrent bientôt la place à la colère. « Mais pour qui se prend cette fille ! »

OSCAR le regard glacial : sachez que je ne suis pas une « jouvencelle » !
CLAIRE : mais c’est qu’elle a du caractère ! Une brebis qui mord comme une louve… Ca devient intéressant tout ça…
ANDRE qui refit son apparition avant que la situation ne s’envenime : je ne vous dérange pas mesdames.
OSCAR : non !
CLAIRE d’une voix enjôleuse : mais non André, jamais tu ne pourrais me déranger ; d’ailleurs j’en avais fini avec ton amie… Tenez

Oscar prit le dessin bon gré mal gré mais devait bien avouer que la jeune femme avait bien du talent : en quelques minutes, son visage était imprimé sur la feuille.

ANDRE : il est superbe, Claire… combien je te dois ?

La jeune dessinatrice se glissa près de lui, sous le regard furieux d’Oscar : « Pour toi c’est gratuit » lui murmura-t-il à l’oreille, caressant sa joue avec le dos de sa main. « A bientôt André » ajouta-t-elle d’une voix suave au moment où il la quitta.

ANDRE à Oscar : elle a vraiment beaucoup de talent… Tu ne trouves pas ?
OSCAR : certes, surtout si elle traite tous ses clients de la même manière !
ANDRE innocemment : que veux-tu dire ?
OSCAR : rien, ne fais pas attention.
ANDRE : comme tu veux…

Ils marchèrent ainsi, André avait une nouvelle fois prit la main de sa compagne, la foule s’était peu à plus dissoute et la circulation entre les marchands devenait plus facile. En passant près d’un vendeur de fleurs, André ne put résister à l’envie de cueillir un bel œillet qu’il glissa dans la chevelure blonde de sa « maîtresse ».

« Hey André ! Sale voleur ! »

Oscar se retourna dans la direction de la voix féminine qui poussait ces cris pour découvrir : une jeune femme, les cheveux châtains tressées avec des fleurs. « Elle se prend pour Mère-Nature » pensa-t-elle immédiatement.

« Oh bonjour Marie » lança André en levant sa main.
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Quatuor amoureux

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