
Comme cette rose de soie qui ne se fanera jamais... |
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Invité Invité
 | Sujet: Re: Vengeance secrète Lun 9 Jan - 21:58 | |
| Chapitre 16 : Rusé(e) comme un renard « Aller… viens Alain » ALAIN : non, je crois que pour ce soir j’ai eu ma dose de vin… je vais rentrer à la caserne. Vous devriez faire comme moi. Le lieutenant de police quitta ses amis de beuverie et sortit de l’estaminet. Il aimait bien ces soirées entre soldats mais il n’aimait pas finir sa soirée ivre mort comme les autres. Il faut dire qu’il y avait peu de distraction pour les gens de petite naissance le soir à Paris… surtout quand on était célibataire et qu’on avait peu de sous en poche. Donc les soirs de congé se terminaient souvent de la même manière : cartes, vin et fille pour certains. Après une quinzaine de minutes, Alain Soisson aperçut la bâtisse faiblement éclairée de la caserne. Quelques flambeaux illuminaient la cour tandis que les lumières des dortoirs éclairaient les baraquements. Depuis sa promotion au grade de lieutenant, le jeune homme bénéficiait d’une petite chambre individuelle dans le même bloc que celui du Capitaine Girodelle. A présent il longeait le mur d’enceinte entourant les quartiers militaires … il était à quelques centaines de mètres de l’entrée quand il entendit un bruit étrange, comme un grattement. Intrigué par ce bruit si tard dans la soirée et voulant en trouver l’origine, il se laissa guider par son ouïe. Très vite, il se trouva nez à nez avec la croupe d’un cheval… un superbe animal à la robe sombre, du moins à ce qu’il pouvait en deviner dans la pénombre. « Que fais tu là mon beau » demanda-il en lui caressa doucement l’encolure. Puis sa main glissa sur la selle… il ne pouvait que deviner le travail de tanneur du bout des doigts… soudain sa main s’immobilisa : sur le côté gauche du pommeau, ses doigts dessinèrent une minuscule épée et deux triangles de part et d’autre de celle-ci, incrustés dans le cuir… « Elle est là… » murmura-t-il. Elle avait dû entrer dans la place par un des murs d’enceinte. Alain prononça quelques paroles « réconfortantes » au cheval puis monta sur la selle, se mit debout et se hissa sur le mur. Il ne savait pas où elle se trouvait mais elle finirait bien par récupérer son cheval… et il serait là ! Le lieutenant s’assit sur le muret du côté de la cour trouvant un poste d’observation dans les nombreux recoins de pénombre. …………………… Pendant ce temps, Astrée fouillait discrètement le bureau du Capitaine Girodelle. Celui-ci avait vaguement mentionné à Oscar Jarjayes lors de leur dernière rencontre qu’il avait pour mission d’escorter un convoi d’armes au cours de son passage dans la capitale. Malgré ses questions déguisées pour en savoir plus, le militaire s’était tu sur les détails de l’affaire. Ne voulant pas éveiller ses soupçons, la jeune femme avait donc décidé de prendre les renseignements à la source : dans le bureau de Girodelle ! Elle avait donc agi le soir suivant, à une heure aussi tardive, seuls quelques policiers faisaient leur ronde et avec précaution elle avait peu de chance de se faire repérer. Elle pénétra alors ni vue ni connue dans le bureau du capitaine et remuait les diverses paperasses en prenant soin de tout remettre à sa place : si quelqu’un découvrait son intrusion, les plans seraient changés ! Après quelques minutes de fouille, elle finit par tomber sur l’objet de sa visite : un document, accompagné d’un plan, expliquant le chemin emprunté par le convoi. Astrée prit quelques instants pour mémoriser le tout et replaça l’ensemble dans le tiroir où elle l’avait trouvé. Il ne lui restait plus qu’à partir et quitter ce lieu qui grouillait de policiers. Elle sortit, referma doucement la porte de Girodelle et se faufila hors du baraquement. Elle allait prendre le chemin inverse de son intrusion quand elle aperçut deux des gardes qui s’étaient installés au centre de la cour pour discuter. « Zut » pensa Astrée… Soit elle attendait que les hommes s’en aillent, soit elle devait s’organiser autrement : à cause d’eux, elle ne pouvait pas rejoindre le mur où l’attendait Tempête. Résignée et surtout impatiente, elle regarda autour d’elle, se déplaça le long des dortoirs pour trouver une issue. Finalement, elle remarqua que l’entrée n’était plus en vue des deux gardiens et que les grilles étaient encore ouvertes. Tempête pourrait sans doute la rejoindre sans alerter les policiers. Elle siffla doucement et entra dans une bâtisse en attendant l’arrivée de son cheval. Les écuries… ………………… Alain entendit dans son dos le cheval s’éloigner juste après avoir perçu un infime sifflement : il n’avait pas prévu ça … le cheval allait rejoindre son écuyère ! Il sauta au sol dans la cour et se dirigea vers les bâtiments, il se trouva bientôt à quelques mètres des deux hommes de ronde. ALAIN : vous n’auriez pas vu un cheval ? SOLDAT 1 : un cheval ? A cette heure ? Je crois que tu as trop bu Lieutenant… SOLDAT 2 : Va dans les écuries, il y a plein de chevaux là-bas, ah ah… ALAIN en s’éloignant des deux compères : idiots…. Le lieutenant ne savait pas dans quelle direction aller quand il vit l’ombre du cheval se refléter sur un des murs face à lui. Il semblait se diriger… vers les écuries ! « Je crois, ma belle, que cette fois je te tiens ». Il courut jusqu’au hangar : la bête venait d’y pénétrer quelques secondes auparavant. Il ralentit le pas, faisant son possible pour ne pas l’effrayer, pour ne pas qu’elle fuit ! Elle était là… une lanterne suspendue à un clou permettait de distinguer ses courbes… c’était bien elle : les jambes fines, qu’on devinait musclées, étaient moulées dans un pantalon de cuir noir… sa taille étroite portait une large ceinture sur laquelle étaient, en autre, accrochés un fouet et une épée… sur son dos reposait une sorte de cuirasse tandis qu’un heaume noir englobait son visage et ses cheveux. L’espace d’un instant, Alain se demanda comment étaient ses cheveux… de quelle couleur… étaient ils longs… étaient ils soyeux…. Il devait se reprendre : il était là pour l’arrêter pas pour convoler avec elle ! ALAIN : bonsoir… Que nous vaut l’honneur de cette visite ? Astrée se retourna brusquement ! Lui ! Encore lui ! C’était la seconde fois qu’il la surprenait ! Comment faisait-il ? ASTREE : bonsoir… lieutenant ? … je crois Sa voix : pour la première fois, Alain venait d’entendre sa voix… une charmante mélodie à ses oreilles : douce, posée, presque enjouée… ALAIN en s’inclinant : oui Mademoiselle : Lieutenant Alain Soisson… pour vous arrêter… ASTREE : vraiment ? Il me semble que c’est ce que vous m’avez déjà dit lors de notre première rencontre… Sur ces mots, Astrée se dirigea vers Tempête qui mangeait du foin près de l’entrée de l’écurie. Elle saisit ses rênes quand un fin sifflement la frôla : un couteau venait de couper les lanières de cuir à quelques centimètres de la main d’Astrée et s’était planté sur le chambranle de la haute porte. « Notre seconde rencontre… » rectifia-t-il. Elle le regarda de nouveau, le regard incrédule : c’était lui l’homme au couteau… celui qui l’avait poursuivie il y a quelques mois, celui qui avait lancé ce couteau après qu’elle se soit sauvée par les toits. Astrée réalisa tout d’un coup quelque chose : à l’époque l’homme ne l’avait pas épargnée par manque d’adresse… mais intentionnellement… ces dernières minutes en étaient la preuve ! Le lieutenant s’avérait être bien doué avec ces lames. Ainsi il n’était pas décidé à la laisser partir. Eh bien soit ! Il goûterait de sa lame ! La jeune femme sortit la lame de son fourreau et se mit en garde. ASTREE : si vous insistez, Lieutenant Alain semblait presque jubiler : elle avait du caractère et il aimait ça ! Mais cette fois-ci il ne se ferait pas avoir par ses « charmes ». Etait-ce son devoir ou sa curiosité qui le manipulait… sans aucun doute sa curiosité : il n’avait qu’une envie, savoir qui se cachait sous ce masque… s’assurer que cette femme était bien réelle ! Il dégaina à son tour son épée et lui fit face. C’était décidé : il arriverait à la mettre à sa merci, du moins en évitant de la blesser… Les deux lames s’entrechoquèrent : Astrée à force d’entraînement était devenue une habile épéiste et à sa grande surprise, le Lieutenant se défendait très bien. Elle réussit à couper un lambeau de tissu à son adversaire, au niveau du ventre, tandis que ce dernier venait de lui faire une fine estafilade sur une manche. Les « coups » redoublèrent et bientôt les manches noires d’Astrée ressemblaient à des franges. De son côté Alain voyait sa « belle » chemise zébrée de part en part. Voulant mettre fin à ce jeu, Alain amorça une attaque et poussa l’épée de la jeune femme de tout son poids. Surprise, Astrée fut contrainte de prendre son épée à deux mains, reculant, s’adossant au montant de la porte, les deux lames croisant le fer à quelques centimètres de sa poitrine. Elle voulut se dégager et essaya en basculant son bassin de pivoter mais sans succès : il la maintenait ! Alors d’un mouvement vif, elle leva son genou espérant atteindre le bas ventre du jeune homme ! Malheureusement, Alain se décala légèrement sur le côté pour éviter le coup. ALAIN se rapprochant de son visage : vous mettez ma virilité à rude épreuve… si vous en preniez soin plutôt… Astrée tressaillit : « serait-il en train d’essayer de me séduire » pensa-t-elle. Non, ce devait être une tactique, comme celle qu’elle avait utilisée avec lui ! Si son masque ne lui cachait pas tout le visage, il aurait sans aucun doute vu ses joues virer au vermillon. Soudain, elle sentit ses doigts chauds remonter le long de sa nuque : elle ne s’était même pas aperçue que de sa main, il allait défaire le nœud qui maintenait son masque ! Cet homme était dangereux, bien trop dangereux : dans quelques instants, il découvrirait son visage, son identité ! Les yeux clairs se plongèrent dans ceux du lieutenant : hypnotisé par leur intensité, Alain avait ralenti la course de sa main qui avait réussi à défaire le premier nœud et ne pouvait se détacher de ces iris. Appréciant que son idée marche, Astrée libéra son épée d’une main qu’elle fit courir le long du chambranle de la porte. Comme elle l’espérait, ses doigts rencontrèrent le couteau… elle était sauvée ! Elle s’efforça de ralentir les battements de son cœur quand le second et dernier nœud de son heaume fut défait par les mains d’homme. Elle essaya de maintenir son regard dans les yeux marron qui lui faisaient face, tandis qu’elle posait sa main sur la garde du couteau. Elle devait faire vite ou bientôt ce ne seraient pas seulement ses yeux qu’Alain Soisson admirerait ! D’un geste précis, la jeune femme glissa le poignard le long de son ventre et guida la lame dans la ceinture de son adversaire… à quelques centimètres de sa « virilité ». Sentant la lame froide contre son anatomie, Alain ôta sa main du cou de la justicière et abaissa son épée. ALAIN : dommage, j’ai bien failli réussir… ASTREE : vous ne m’avez pas laissée le choix ALAIN : c’est bien ce que je vous disais : vous mettez ma virilité à rude épreuve Malgré sa position fort « inconfortable » et hautement « risquée », du moins pour ses aventures futures, Alain ne se sentait pas en danger : si elle avait voulu le blesser ou le tuer, elle lui aurait directement planté le couteau dans le ventre, il ne s’en serait sans doute aperçu que trop tard… il devrait faire plus attention la prochaine fois ! ALAIN : me direz vous un jour votre nom ? ASTREE : on m’appelle Astrée ALAIN avec un petit rire : ça je le sais … je parle de votre vrai nom Astrée rangea son épée et s’approcha du jeune homme en prenant soin de ne pas le blesser. ASTREE doucement : si je vous le disais… je serais obligée de vous tuer… Avant de se détacher de lui, elle tira le couteau vers elle, sectionnant la ceinture du lieutenant. Libéré de tout lien, son pantalon alla rejoindre la paille posée au sol tandis que sa chemise lui préservait un minimum d’intimité. Astrée se dégagea finalement et s’approcha de Tempête. ASTREE : vous devriez rentrer vous changer… lieutenant Sur ce, elle sauta sur son cheval et partit au galop à travers la cour de la caserne. Les deux hommes de garde eurent à peine le temps de donner l’alerte que la cavalière était déjà loin. Pendant ce temps, le lieutenant Alain Soisson s’était allongé dans le foin, le pantalon remonté à la taille et riait de sa bêtise. Plus que jamais il était déterminé à l’attraper… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Jeu 12 Jan - 20:04 | |
| Chapitre 16 : Rusé(e) comme un renard « Aller… viens Alain » ALAIN : non, je crois que pour ce soir j’ai eu ma dose de vin… je vais rentrer à la caserne. Vous devriez faire comme moi. Le lieutenant de police quitta ses amis de beuverie et sortit de l’estaminet. Il aimait bien ces soirées entre soldats mais il n’aimait pas finir sa soirée ivre mort comme les autres. Il faut dire qu’il y avait peu de distraction pour les gens de petite naissance le soir à Paris… surtout quand on était célibataire et qu’on avait peu de sous en poche. Donc les soirs de congé se terminaient souvent de la même manière : cartes, vin et fille pour certains. Après une quinzaine de minutes, Alain Soisson aperçut la bâtisse faiblement éclairée de la caserne. Quelques flambeaux illuminaient la cour tandis que les lumières des dortoirs éclairaient les baraquements. Depuis sa promotion au grade de lieutenant, le jeune homme bénéficiait d’une petite chambre individuelle dans le même bloc que celui du Capitaine Girodelle. A présent il longeait le mur d’enceinte entourant les quartiers militaires … il était à quelques centaines de mètres de l’entrée quand il entendit un bruit étrange, comme un grattement. Intrigué par ce bruit si tard dans la soirée et voulant en trouver l’origine, il se laissa guider par son ouïe. Très vite, il se trouva nez à nez avec la croupe d’un cheval… un superbe animal à la robe sombre, du moins à ce qu’il pouvait en deviner dans la pénombre. « Que fais tu là mon beau » demanda-il en lui caressa doucement l’encolure. Puis sa main glissa sur la selle… il ne pouvait que deviner le travail de tanneur du bout des doigts… soudain sa main s’immobilisa : sur le côté gauche du pommeau, ses doigts dessinèrent une minuscule épée et deux triangles de part et d’autre de celle-ci, incrustés dans le cuir… « Elle est là… » murmura-t-il. Elle avait dû entrer dans la place par un des murs d’enceinte. Alain prononça quelques paroles « réconfortantes » au cheval puis monta sur la selle, se mit debout et se hissa sur le mur. Il ne savait pas où elle se trouvait mais elle finirait bien par récupérer son cheval… et il serait là ! Le lieutenant s’assit sur le muret du côté de la cour trouvant un poste d’observation dans les nombreux recoins de pénombre. …………………… Pendant ce temps, Astrée fouillait discrètement le bureau du Capitaine Girodelle. Celui-ci avait vaguement mentionné à Oscar Jarjayes lors de leur dernière rencontre qu’il avait pour mission d’escorter un convoi d’armes au cours de son passage dans la capitale. Malgré ses questions déguisées pour en savoir plus, le militaire s’était tu sur les détails de l’affaire. Ne voulant pas éveiller ses soupçons, la jeune femme avait donc décidé de prendre les renseignements à la source : dans le bureau de Girodelle ! Elle avait donc agi le soir suivant, à une heure aussi tardive, seuls quelques policiers faisaient leur ronde et avec précaution elle avait peu de chance de se faire repérer. Elle pénétra alors ni vue ni connue dans le bureau du capitaine et remuait les diverses paperasses en prenant soin de tout remettre à sa place : si quelqu’un découvrait son intrusion, les plans seraient changés ! Après quelques minutes de fouille, elle finit par tomber sur l’objet de sa visite : un document, accompagné d’un plan, expliquant le chemin emprunté par le convoi. Astrée prit quelques instants pour mémoriser le tout et replaça l’ensemble dans le tiroir où elle l’avait trouvé. Il ne lui restait plus qu’à partir et quitter ce lieu qui grouillait de policiers. Elle sortit, referma doucement la porte de Girodelle et se faufila hors du baraquement. Elle allait prendre le chemin inverse de son intrusion quand elle aperçut deux des gardes qui s’étaient installés au centre de la cour pour discuter. « Zut » pensa Astrée… Soit elle attendait que les hommes s’en aillent, soit elle devait s’organiser autrement : à cause d’eux, elle ne pouvait pas rejoindre le mur où l’attendait Tempête. Résignée et surtout impatiente, elle regarda autour d’elle, se déplaça le long des dortoirs pour trouver une issue. Finalement, elle remarqua que l’entrée n’était plus en vue des deux gardiens et que les grilles étaient encore ouvertes. Tempête pourrait sans doute la rejoindre sans alerter les policiers. Elle siffla doucement et entra dans une bâtisse en attendant l’arrivée de son cheval. Les écuries… ………………… Alain entendit dans son dos le cheval s’éloigner juste après avoir perçu un infime sifflement : il n’avait pas prévu ça … le cheval allait rejoindre son écuyère ! Il sauta au sol dans la cour et se dirigea vers les bâtiments, il se trouva bientôt à quelques mètres des deux hommes de ronde. ALAIN : vous n’auriez pas vu un cheval ? SOLDAT 1 : un cheval ? A cette heure ? Je crois que tu as trop bu Lieutenant… SOLDAT 2 : Va dans les écuries, il y a plein de chevaux là-bas, ah ah… ALAIN en s’éloignant des deux compères : idiots…. Le lieutenant ne savait pas dans quelle direction aller quand il vit l’ombre du cheval se refléter sur un des murs face à lui. Il semblait se diriger… vers les écuries ! « Je crois, ma belle, que cette fois je te tiens ». Il courut jusqu’au hangar : la bête venait d’y pénétrer quelques secondes auparavant. Il ralentit le pas, faisant son possible pour ne pas l’effrayer, pour ne pas qu’elle fuit ! Elle était là… une lanterne suspendue à un clou permettait de distinguer ses courbes… c’était bien elle : les jambes fines, qu’on devinait musclées, étaient moulées dans un pantalon de cuir noir… sa taille étroite portait une large ceinture sur laquelle étaient, en autre, accrochés un fouet et une épée… sur son dos reposait une sorte de cuirasse tandis qu’un heaume noir englobait son visage et ses cheveux. L’espace d’un instant, Alain se demanda comment étaient ses cheveux… de quelle couleur… étaient ils longs… étaient ils soyeux…. Il devait se reprendre : il était là pour l’arrêter pas pour convoler avec elle ! ALAIN : bonsoir… Que nous vaut l’honneur de cette visite ? Astrée se retourna brusquement ! Lui ! Encore lui ! C’était la seconde fois qu’il la surprenait ! Comment faisait-il ? ASTREE : bonsoir… lieutenant ? … je crois Sa voix : pour la première fois, Alain venait d’entendre sa voix… une charmante mélodie à ses oreilles : douce, posée, presque enjouée… ALAIN en s’inclinant : oui Mademoiselle : Lieutenant Alain Soisson… pour vous arrêter… ASTREE : vraiment ? Il me semble que c’est ce que vous m’avez déjà dit lors de notre première rencontre… Sur ces mots, Astrée se dirigea vers Tempête qui mangeait du foin près de l’entrée de l’écurie. Elle saisit ses rênes quand un fin sifflement la frôla : un couteau venait de couper les lanières de cuir à quelques centimètres de la main d’Astrée et s’était planté sur le chambranle de la haute porte. « Notre seconde rencontre… » rectifia-t-il. Elle le regarda de nouveau, le regard incrédule : c’était lui l’homme au couteau… celui qui l’avait poursuivie il y a quelques mois, celui qui avait lancé ce couteau après qu’elle se soit sauvée par les toits. Astrée réalisa tout d’un coup quelque chose : à l’époque l’homme ne l’avait pas épargnée par manque d’adresse… mais intentionnellement… ces dernières minutes en étaient la preuve ! Le lieutenant s’avérait être bien doué avec ces lames. Ainsi il n’était pas décidé à la laisser partir. Eh bien soit ! Il goûterait de sa lame ! La jeune femme sortit la lame de son fourreau et se mit en garde. ASTREE : si vous insistez, Lieutenant Alain semblait presque jubiler : elle avait du caractère et il aimait ça ! Mais cette fois-ci il ne se ferait pas avoir par ses « charmes ». Etait-ce son devoir ou sa curiosité qui le manipulait… sans aucun doute sa curiosité : il n’avait qu’une envie, savoir qui se cachait sous ce masque… s’assurer que cette femme était bien réelle ! Il dégaina à son tour son épée et lui fit face. C’était décidé : il arriverait à la mettre à sa merci, du moins en évitant de la blesser… Les deux lames s’entrechoquèrent : Astrée à force d’entraînement était devenue une habile épéiste et à sa grande surprise, le Lieutenant se défendait très bien. Elle réussit à couper un lambeau de tissu à son adversaire, au niveau du ventre, tandis que ce dernier venait de lui faire une fine estafilade sur une manche. Les « coups » redoublèrent et bientôt les manches noires d’Astrée ressemblaient à des franges. De son côté Alain voyait sa « belle » chemise zébrée de part en part. Voulant mettre fin à ce jeu, Alain amorça une attaque et poussa l’épée de la jeune femme de tout son poids. Surprise, Astrée fut contrainte de prendre son épée à deux mains, reculant, s’adossant au montant de la porte, les deux lames croisant le fer à quelques centimètres de sa poitrine. Elle voulut se dégager et essaya en basculant son bassin de pivoter mais sans succès : il la maintenait ! Alors d’un mouvement vif, elle leva son genou espérant atteindre le bas ventre du jeune homme ! Malheureusement, Alain se décala légèrement sur le côté pour éviter le coup. ALAIN se rapprochant de son visage : vous mettez ma virilité à rude épreuve… si vous en preniez soin plutôt… Astrée tressaillit : « serait-il en train d’essayer de me séduire » pensa-t-elle. Non, ce devait être une tactique, comme celle qu’elle avait utilisée avec lui ! Si son masque ne lui cachait pas tout le visage, il aurait sans aucun doute vu ses joues virer au vermillon. Soudain, elle sentit ses doigts chauds remonter le long de sa nuque : elle ne s’était même pas aperçue que de sa main, il allait défaire le nœud qui maintenait son masque ! Cet homme était dangereux, bien trop dangereux : dans quelques instants, il découvrirait son visage, son identité ! Les yeux clairs se plongèrent dans ceux du lieutenant : hypnotisé par leur intensité, Alain avait ralenti la course de sa main qui avait réussi à défaire le premier nœud et ne pouvait se détacher de ces iris. Appréciant que son idée marche, Astrée libéra son épée d’une main qu’elle fit courir le long du chambranle de la porte. Comme elle l’espérait, ses doigts rencontrèrent le couteau… elle était sauvée ! Elle s’efforça de ralentir les battements de son cœur quand le second et dernier nœud de son heaume fut défait par les mains d’homme. Elle essaya de maintenir son regard dans les yeux marron qui lui faisaient face, tandis qu’elle posait sa main sur la garde du couteau. Elle devait faire vite ou bientôt ce ne seraient pas seulement ses yeux qu’Alain Soisson admirerait ! D’un geste précis, la jeune femme glissa le poignard le long de son ventre et guida la lame dans la ceinture de son adversaire… à quelques centimètres de sa « virilité ». Sentant la lame froide contre son anatomie, Alain ôta sa main du cou de la justicière et abaissa son épée. ALAIN : dommage, j’ai bien failli réussir… ASTREE : vous ne m’avez pas laissée le choix ALAIN : c’est bien ce que je vous disais : vous mettez ma virilité à rude épreuve Malgré sa position fort « inconfortable » et hautement « risquée », du moins pour ses aventures futures, Alain ne se sentait pas en danger : si elle avait voulu le blesser ou le tuer, elle lui aurait directement planté le couteau dans le ventre, il ne s’en serait sans doute aperçu que trop tard… il devrait faire plus attention la prochaine fois ! ALAIN : me direz vous un jour votre nom ? ASTREE : on m’appelle Astrée ALAIN avec un petit rire : ça je le sais … je parle de votre vrai nom Astrée rangea son épée et s’approcha du jeune homme en prenant soin de ne pas le blesser. ASTREE doucement : si je vous le disais… je serais obligée de vous tuer… Avant de se détacher de lui, elle tira le couteau vers elle, sectionnant la ceinture du lieutenant. Libéré de tout lien, son pantalon alla rejoindre la paille posée au sol tandis que sa chemise lui préservait un minimum d’intimité. Astrée se dégagea finalement et s’approcha de Tempête. ASTREE : vous devriez rentrer vous changer… lieutenant Sur ce, elle sauta sur son cheval et partit au galop à travers la cour de la caserne. Les deux hommes de garde eurent à peine le temps de donner l’alerte que la cavalière était déjà loin. Pendant ce temps, le lieutenant Alain Soisson s’était allongé dans le foin, le pantalon remonté à la taille et riait de sa bêtise. Plus que jamais il était déterminé à l’attraper… |
|  | | Invité Invité
 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Fév - 22:47 | |
| Chapitre 16 : Rusé(e) comme un renard « Aller… viens Alain » ALAIN : non, je crois que pour ce soir j’ai eu ma dose de vin… je vais rentrer à la caserne. Vous devriez faire comme moi. Le lieutenant de police quitta ses amis de beuverie et sortit de l’estaminet. Il aimait bien ces soirées entre soldats mais il n’aimait pas finir sa soirée ivre mort comme les autres. Il faut dire qu’il y avait peu de distraction pour les gens de petite naissance le soir à Paris… surtout quand on était célibataire et qu’on avait peu de sous en poche. Donc les soirs de congé se terminaient souvent de la même manière : cartes, vin et fille pour certains. Après une quinzaine de minutes, Alain Soisson aperçut la bâtisse faiblement éclairée de la caserne. Quelques flambeaux illuminaient la cour tandis que les lumières des dortoirs éclairaient les baraquements. Depuis sa promotion au grade de lieutenant, le jeune homme bénéficiait d’une petite chambre individuelle dans le même bloc que celui du Capitaine Girodelle. A présent il longeait le mur d’enceinte entourant les quartiers militaires … il était à quelques centaines de mètres de l’entrée quand il entendit un bruit étrange, comme un grattement. Intrigué par ce bruit si tard dans la soirée et voulant en trouver l’origine, il se laissa guider par son ouïe. Très vite, il se trouva nez à nez avec la croupe d’un cheval… un superbe animal à la robe sombre, du moins à ce qu’il pouvait en deviner dans la pénombre. « Que fais tu là mon beau » demanda-il en lui caressa doucement l’encolure. Puis sa main glissa sur la selle… il ne pouvait que deviner le travail de tanneur du bout des doigts… soudain sa main s’immobilisa : sur le côté gauche du pommeau, ses doigts dessinèrent une minuscule épée et deux triangles de part et d’autre de celle-ci, incrustés dans le cuir… « Elle est là… » murmura-t-il. Elle avait dû entrer dans la place par un des murs d’enceinte. Alain prononça quelques paroles « réconfortantes » au cheval puis monta sur la selle, se mit debout et se hissa sur le mur. Il ne savait pas où elle se trouvait mais elle finirait bien par récupérer son cheval… et il serait là ! Le lieutenant s’assit sur le muret du côté de la cour trouvant un poste d’observation dans les nombreux recoins de pénombre. …………………… Pendant ce temps, Astrée fouillait discrètement le bureau du Capitaine Girodelle. Celui-ci avait vaguement mentionné à Oscar Jarjayes lors de leur dernière rencontre qu’il avait pour mission d’escorter un convoi d’armes au cours de son passage dans la capitale. Malgré ses questions déguisées pour en savoir plus, le militaire s’était tu sur les détails de l’affaire. Ne voulant pas éveiller ses soupçons, la jeune femme avait donc décidé de prendre les renseignements à la source : dans le bureau de Girodelle ! Elle avait donc agi le soir suivant, à une heure aussi tardive, seuls quelques policiers faisaient leur ronde et avec précaution elle avait peu de chance de se faire repérer. Elle pénétra alors ni vue ni connue dans le bureau du capitaine et remuait les diverses paperasses en prenant soin de tout remettre à sa place : si quelqu’un découvrait son intrusion, les plans seraient changés ! Après quelques minutes de fouille, elle finit par tomber sur l’objet de sa visite : un document, accompagné d’un plan, expliquant le chemin emprunté par le convoi. Astrée prit quelques instants pour mémoriser le tout et replaça l’ensemble dans le tiroir où elle l’avait trouvé. Il ne lui restait plus qu’à partir et quitter ce lieu qui grouillait de policiers. Elle sortit, referma doucement la porte de Girodelle et se faufila hors du baraquement. Elle allait prendre le chemin inverse de son intrusion quand elle aperçut deux des gardes qui s’étaient installés au centre de la cour pour discuter. « Zut » pensa Astrée… Soit elle attendait que les hommes s’en aillent, soit elle devait s’organiser autrement : à cause d’eux, elle ne pouvait pas rejoindre le mur où l’attendait Tempête. Résignée et surtout impatiente, elle regarda autour d’elle, se déplaça le long des dortoirs pour trouver une issue. Finalement, elle remarqua que l’entrée n’était plus en vue des deux gardiens et que les grilles étaient encore ouvertes. Tempête pourrait sans doute la rejoindre sans alerter les policiers. Elle siffla doucement et entra dans une bâtisse en attendant l’arrivée de son cheval. Les écuries… ………………… Alain entendit dans son dos le cheval s’éloigner juste après avoir perçu un infime sifflement : il n’avait pas prévu ça … le cheval allait rejoindre son écuyère ! Il sauta au sol dans la cour et se dirigea vers les bâtiments, il se trouva bientôt à quelques mètres des deux hommes de ronde. ALAIN : vous n’auriez pas vu un cheval ? SOLDAT 1 : un cheval ? A cette heure ? Je crois que tu as trop bu Lieutenant… SOLDAT 2 : Va dans les écuries, il y a plein de chevaux là-bas, ah ah… ALAIN en s’éloignant des deux compères : idiots…. Le lieutenant ne savait pas dans quelle direction aller quand il vit l’ombre du cheval se refléter sur un des murs face à lui. Il semblait se diriger… vers les écuries ! « Je crois, ma belle, que cette fois je te tiens ». Il courut jusqu’au hangar : la bête venait d’y pénétrer quelques secondes auparavant. Il ralentit le pas, faisant son possible pour ne pas l’effrayer, pour ne pas qu’elle fuit ! Elle était là… une lanterne suspendue à un clou permettait de distinguer ses courbes… c’était bien elle : les jambes fines, qu’on devinait musclées, étaient moulées dans un pantalon de cuir noir… sa taille étroite portait une large ceinture sur laquelle étaient, en autre, accrochés un fouet et une épée… sur son dos reposait une sorte de cuirasse tandis qu’un heaume noir englobait son visage et ses cheveux. L’espace d’un instant, Alain se demanda comment étaient ses cheveux… de quelle couleur… étaient ils longs… étaient ils soyeux…. Il devait se reprendre : il était là pour l’arrêter pas pour convoler avec elle ! ALAIN : bonsoir… Que nous vaut l’honneur de cette visite ? Astrée se retourna brusquement ! Lui ! Encore lui ! C’était la seconde fois qu’il la surprenait ! Comment faisait-il ? ASTREE : bonsoir… lieutenant ? … je crois Sa voix : pour la première fois, Alain venait d’entendre sa voix… une charmante mélodie à ses oreilles : douce, posée, presque enjouée… ALAIN en s’inclinant : oui Mademoiselle : Lieutenant Alain Soisson… pour vous arrêter… ASTREE : vraiment ? Il me semble que c’est ce que vous m’avez déjà dit lors de notre première rencontre… Sur ces mots, Astrée se dirigea vers Tempête qui mangeait du foin près de l’entrée de l’écurie. Elle saisit ses rênes quand un fin sifflement la frôla : un couteau venait de couper les lanières de cuir à quelques centimètres de la main d’Astrée et s’était planté sur le chambranle de la haute porte. « Notre seconde rencontre… » rectifia-t-il. Elle le regarda de nouveau, le regard incrédule : c’était lui l’homme au couteau… celui qui l’avait poursuivie il y a quelques mois, celui qui avait lancé ce couteau après qu’elle se soit sauvée par les toits. Astrée réalisa tout d’un coup quelque chose : à l’époque l’homme ne l’avait pas épargnée par manque d’adresse… mais intentionnellement… ces dernières minutes en étaient la preuve ! Le lieutenant s’avérait être bien doué avec ces lames. Ainsi il n’était pas décidé à la laisser partir. Eh bien soit ! Il goûterait de sa lame ! La jeune femme sortit la lame de son fourreau et se mit en garde. ASTREE : si vous insistez, Lieutenant Alain semblait presque jubiler : elle avait du caractère et il aimait ça ! Mais cette fois-ci il ne se ferait pas avoir par ses « charmes ». Etait-ce son devoir ou sa curiosité qui le manipulait… sans aucun doute sa curiosité : il n’avait qu’une envie, savoir qui se cachait sous ce masque… s’assurer que cette femme était bien réelle ! Il dégaina à son tour son épée et lui fit face. C’était décidé : il arriverait à la mettre à sa merci, du moins en évitant de la blesser… Les deux lames s’entrechoquèrent : Astrée à force d’entraînement était devenue une habile épéiste et à sa grande surprise, le Lieutenant se défendait très bien. Elle réussit à couper un lambeau de tissu à son adversaire, au niveau du ventre, tandis que ce dernier venait de lui faire une fine estafilade sur une manche. Les « coups » redoublèrent et bientôt les manches noires d’Astrée ressemblaient à des franges. De son côté Alain voyait sa « belle » chemise zébrée de part en part. Voulant mettre fin à ce jeu, Alain amorça une attaque et poussa l’épée de la jeune femme de tout son poids. Surprise, Astrée fut contrainte de prendre son épée à deux mains, reculant, s’adossant au montant de la porte, les deux lames croisant le fer à quelques centimètres de sa poitrine. Elle voulut se dégager et essaya en basculant son bassin de pivoter mais sans succès : il la maintenait ! Alors d’un mouvement vif, elle leva son genou espérant atteindre le bas ventre du jeune homme ! Malheureusement, Alain se décala légèrement sur le côté pour éviter le coup. ALAIN se rapprochant de son visage : vous mettez ma virilité à rude épreuve… si vous en preniez soin plutôt… Astrée tressaillit : « serait-il en train d’essayer de me séduire » pensa-t-elle. Non, ce devait être une tactique, comme celle qu’elle avait utilisée avec lui ! Si son masque ne lui cachait pas tout le visage, il aurait sans aucun doute vu ses joues virer au vermillon. Soudain, elle sentit ses doigts chauds remonter le long de sa nuque : elle ne s’était même pas aperçue que de sa main, il allait défaire le nœud qui maintenait son masque ! Cet homme était dangereux, bien trop dangereux : dans quelques instants, il découvrirait son visage, son identité ! Les yeux clairs se plongèrent dans ceux du lieutenant : hypnotisé par leur intensité, Alain avait ralenti la course de sa main qui avait réussi à défaire le premier nœud et ne pouvait se détacher de ces iris. Appréciant que son idée marche, Astrée libéra son épée d’une main qu’elle fit courir le long du chambranle de la porte. Comme elle l’espérait, ses doigts rencontrèrent le couteau… elle était sauvée ! Elle s’efforça de ralentir les battements de son cœur quand le second et dernier nœud de son heaume fut défait par les mains d’homme. Elle essaya de maintenir son regard dans les yeux marron qui lui faisaient face, tandis qu’elle posait sa main sur la garde du couteau. Elle devait faire vite ou bientôt ce ne seraient pas seulement ses yeux qu’Alain Soisson admirerait ! D’un geste précis, la jeune femme glissa le poignard le long de son ventre et guida la lame dans la ceinture de son adversaire… à quelques centimètres de sa « virilité ». Sentant la lame froide contre son anatomie, Alain ôta sa main du cou de la justicière et abaissa son épée. ALAIN : dommage, j’ai bien failli réussir… ASTREE : vous ne m’avez pas laissée le choix ALAIN : c’est bien ce que je vous disais : vous mettez ma virilité à rude épreuve Malgré sa position fort « inconfortable » et hautement « risquée », du moins pour ses aventures futures, Alain ne se sentait pas en danger : si elle avait voulu le blesser ou le tuer, elle lui aurait directement planté le couteau dans le ventre, il ne s’en serait sans doute aperçu que trop tard… il devrait faire plus attention la prochaine fois ! ALAIN : me direz vous un jour votre nom ? ASTREE : on m’appelle Astrée ALAIN avec un petit rire : ça je le sais … je parle de votre vrai nom Astrée rangea son épée et s’approcha du jeune homme en prenant soin de ne pas le blesser. ASTREE doucement : si je vous le disais… je serais obligée de vous tuer… Avant de se détacher de lui, elle tira le couteau vers elle, sectionnant la ceinture du lieutenant. Libéré de tout lien, son pantalon alla rejoindre la paille posée au sol tandis que sa chemise lui préservait un minimum d’intimité. Astrée se dégagea finalement et s’approcha de Tempête. ASTREE : vous devriez rentrer vous changer… lieutenant Sur ce, elle sauta sur son cheval et partit au galop à travers la cour de la caserne. Les deux hommes de garde eurent à peine le temps de donner l’alerte que la cavalière était déjà loin. Pendant ce temps, le lieutenant Alain Soisson s’était allongé dans le foin, le pantalon remonté à la taille et riait de sa bêtise. Plus que jamais il était déterminé à l’attraper… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Fév - 22:48 | |
| Chapitre 17 : Autour d’un verre Le sommeil l’avait fui la nuit précédente, elle avait du jouer à l’héritier toute la journée en compagnie de plusieurs hommes influents de la capitale. Ne pas attirer l’attention, essayer de plaire sans se laisser manipuler par ces politiciens, essayer d’en apprendre le plus sur les affaires, honnêtes et moins honnêtes, qui se déroulaient dans le secret des affaires courantes. Oscar de Jarjayes, l’homme, ne pouvait pas agir au grand jour… mais Astrée, l’ombre, serait son instrument. Le soleil avait quitté l’horizon depuis quelques heures, la cavalière traversait à présent Paris pour rejoindre sa demeure, elle était seule : Alfred avait été renvoyé au Château de Jarjayes en fin d’après midi, les affaires qu’Oscar devait traiter ne nécessitaient pas sa présence. Le cheval s’arrêta… le visage enfoui sous son chapeau, elle regarda la bâtisse qui lui faisait face… un sourire étira ses fines lèvres : il était sans doute là… « Etrange tout de même que nos chemins se croisent tant » pensa-t-elle. D’un mouvement ferme, la jeune femme tira sur les rênes de sa monture et s’éloigna de la caserne. Oscar longea les maisons, elle semblait errer, elle voulait rentrer mais elle savait que le sommeil serait à nouveau long à venir. Pourquoi ? Etait-ce sa vie aux Amériques qui lui manquait ? Là bas, elle n’était personne, seulement Oscar Jarjayes, un « jeune homme » comme les autres, sans passé. Ici, tous le voyaient comme une fortune ou un amant à conquérir. Tous… non… Bernard n’était pas comme ça…. André, non plus… elle eut senti une étrange sensation étreindre son cœur en repensant à l’apothicaire : il avait tant fait par le passé, la bastille, le peuple et il faisait tant pour elle à présent… pourrait elle seulement un jour lui rendre la pareille ? L’esprit toujours emprunt à ces questions, elle se laissa guider par son cheval, passa devant un estaminet d’où s’échappaient cris, rires et bruits divers. Mais quelques mètres plus loin, la joie et la bonne humeur semblaient avoir quitté la nuit : un homme faisait face à la cavalière tandis que deux comparses empêchaient toute retraite. « Il est tard… ce n’est pas prudent de circuler seul par les temps qui courent » Oscar n’avait aucun doute sur le caractère peu amical de la remarque. Aussitôt l’homme de tête attrapa les rênes du cheval pour le maintenir pendant que les deux autres tirèrent la cavalière pour la jeter au sol. « On veut ta bourse ! » « Venez la chercher » leur cria Oscar, tendant sa jambe et fauchant part là même un des assaillants qui chuta lourdement sur les pavés. « Maintenez-le… on va le fouiller ! » Sentant le danger que représentait cette situation, la jeune femme se releva aussi vite qu’elle le put et s’adossa au mur. Elle porta la main à sa taille pour dégainer son épée mais s’aperçut trop tard de son erreur… l’arme était attachée à la selle de son cheval et à cette distance, elle n’avait aucune chance de pouvoir l’atteindre…. Elle devrait se battre à mains nues ! Alors qu’un des malfrats reposait toujours sur le sol, les deux autres s’approchèrent du jeune homme pour l’alléger de quelques pièces. Oscar ôta prestement sa cape qu’elle jeta sur un des hommes, l’immobilisant un court instant, avant de s’élancer sur le second… ses poings frappèrent vite et bien : pris par surprise, la victime se retrouva à son tour les épaules au sol étourdi. « Tu vas nous payer ça » entendit-elle dans son dos. Le troisième homme venait de lui saisir violemment le bras et lui décocha un coup sur le coin du visage… Oscar perdit l’équilibre et se rattrapa de justesse à un muret. Elle se frotta la mâchoire endolorie avant de prendre une posture de défense. « Je vais te montrer… » L’homme se rua littéralement sur elle, le visage déformé par la haine, les coups manquaient de précisions mais pas de puissance… elle put en éviter un grand nombre par son agilité naturelle mais elle fut incapable qu’esquiver un coup dans l’épaule. Affaiblie, elle sortit une dague de sa botte… l’homme ne lui laissait pas le choix… elle referma son poing sur la garde et frappa de toutes ses forces son adversaire du poing. Le visage en sang, l’homme roula au sol, inconscient. Oscar ramassa sa cape, la secoua avant de la reposer sur ses épaules et de rabattre la capuche sur ses cheveux blonds. Elle rejoignit son cheval et rebroussa chemin. Quelques pas plus loin, elle se retrouva devant l’estaminet devant lequel elle était passée plus tôt… « Un verre ne me fera pas de mal ». La jeune femme attacha sa monture, se passa un mouchoir pour effacer les traces de sang sur son visage avant d’ouvrir la porte. L’ambiance n’avait rien à voir avec le tumulte qu’elle avait vécu dehors. Une bande de soldats semblait s’amuser à boire, un pari d’après ce qu’elle pouvait percevoir de leur conversation. Quelques hommes jouaient également aux cartes dans un coin de la taverne et d’autres discutaient, semble-t-il, politique. « Qu’est-ce que je vous sert, jeune homme ? « demanda le tavernier. « Qu’est ce que vous avez de fort ? » « J’ai un cognac de vingt ans d’âge… » « Ca fera l’affaire, merci » La jeune femme prit le verre et la bouteille et s’installa dans un coin en retrait de la place. Elle se versa un fond de verre qu’elle but cul sec. L’alcool lécha ardemment ses lèvres, brûlant ses blessures, les cautérisant au passage. « Perdu Lassalle !!! Il ne reste plus que Martin et Alain… allez les gars ! » Oscar leva les yeux vers les soldats. Un homme se leva et quitta la table centrale sur laquelle était posée bon nombre de verres et bouteilles de vin. Apparemment le « Lassalle » en question venait de perdre. « Je vous rappelle que le gagnant passe la nuit avec Rosy et le perdant nous paye une tournée à tous ! » La jeune femme se replongea dans ses pensées, l’alcool pouvait apporter tant, l’oubli, la joie pour certains… elle s’apprêtait à se verser un nouveau verre quand elle réalisa que ce n’était pas la solution. Elle reposa la bouteille et appela le tavernier. « Vous désirez autre chose, Monsieur ? A manger ? De la compagnie peut être ? » « Non…. Pourrez vous apporter cette bouteille aux soldats qui s’amusent, qu’ils en profitent » demanda Oscar en désignant les joueurs. « Comme vous voudrez, Monsieur » « Voilà pour vous » Oscar quitta son siège et posa quelques pièces sur la table. « Merci, Monsieur… » salua le tavernier. Refermant son col de ses mains, Oscar sortit de l’estaminet et libéra son cheval. « Rentrons maintenant… » Elle posa son pied sur l’étrier et se hissa sur sa selle. Soudain ce fut le choc ! Elle était à terre, le visage plaqué au sol, les bras bloqués dans son dos. « Alors tu croyais t’en sortir comme ça !!! » vociféra l’homme La jeune femme n’eut pas de doute en entendant la voix menaçante de l’identité du personnage : les trois hommes étaient revenus à l’attaque et cette fois-ci elle était prise au piège. L’homme la releva en la tirant par les cheveux puis la plaqua violemment contre le mur. « Je vais te montrer qu’on se moque pas de moi comme ça » hurla-t-il en la frappant dans les côtes. Oscar essaya de se dégager mais l’étreinte était terrible et elle sentait la pierre dure meurtrir son corps et sa joue. Elle réussit tout de même à plier une de ses jambes qu’elle détendit brusquement, son talon frappa un des pieds de son tortionnaire. Sous la douleur, l’homme la libéra partiellement : une de ses mains emprisonnait toujours la nuque de sa victime. « Approchez les gars… Maintenez le pendant que je m’occupe de lui » Oscar fut alors maintenue, les bras en croix par les deux hommes de main tandis que le dernier s’avançait en boitillant, remontant ses manches. « Une fois qu’on en aura fini avec toi, tu ne viendras plus traîner ici…ah ah » Un premier coup fut porté, puis un second… Oscar faisait de son mieux pour supporter la violence dont elle était victime… l’important était qu’ils ne découvrent pas sa vraie nature sans quoi ils « joueraient » avec elle de manière beaucoup plus douloureuse. ……………….. « T’es vraiment le plus fort Alain ! » félicitèrent les hommes Le tavernier posa la bouteille de cognac devant le vainqueur. « Nous n’avons pas commandé cela » protesta Alain « Je sais, lieutenant, c’est le jeune homme qui était là à l’instant qui vous l’offre » répondit le tavernier « Lassalle, va le rattraper, qu’il trinque avec nous » « Oui Lieutenant ! » en saluant son supérieur Quelques secondes après, le soldat entra précipitamment dans la taverne, en criant. « Alain, un homme se fait malmener par trois autres… il va finir dans un sale état » « Aller les gars, un peu d’activité nous fera du bien » ordonna Alain en ôtant sa veste. ……………….. Dehors…. « Alors mon mignon, t’as toujours rien à dire ? » Oscar s’obstinait à fixer son bourreau dans les yeux. Une de ses côtes était certainement cassée, sa bouche était emplie de sang, qu’elle tentait de ne pas avaler pour ne pas avoir de nausée, son arcade était ouverte… « Eh bien… trois contre un…. Quel courage » entendit-elle Encore cette voix… Comment était-ce possible ? Elle devait être inconscience … mais pourquoi entendait elle cette voix en particulier ? Elle cligna des yeux et vit un inconnu frapper son tortionnaire. L’homme tenta de se relever mais le lieutenant glissa un couteau sous sa gorge pour l’en dissuader. « Je te conseille de rester là…. Si je te vois à nouveau rôder dans le coin, tu es mort ! ». Le brigand allait protester quand il vit pardessus les épaules du soldat une dizaine d’hommes, le rictus aux lèvres… aucune chance…. Alain se baissa près de la victime et la souleva sur ses épaules. « Ca va mon gars, on va te soigner ». Il pénétra dans l’estaminet et appela le tenancier. ALAIN : Où est Rosy ? ROSY : Je suis là mon chouchou… c’est quand tu veux… ALAIN : ce sera pour une autre fois… Occupe-toi de lui en attendant, il a été salement amoché ROSY : comme tu veux. Alain porta Oscar jusqu’à la chambre de la jeune femme et l’allongea sur le lit. « Mais c’est… » en découvrant son visage. ROSY : tu le connais ? ALAIN : oui, c’est un ami du Capitaine ROSY : de Victor ? ALAIN : oui… soigne-le et fait venir une calèche demain pour le ramener chez lui, nous, on doit rentrer à la caserne ROSY : mais si les autres reviennent ? ALAIN : y’a peu de chance, on a du leur faire suffisamment peur ROSY : d’accord, je vais m’occuper de lui Le lieutenant déposa un baiser sur la joue de la jeune femme qui ne s’en satisfit pas… elle l’embrassa à pleine bouche avant de le libérer. « Voilà pour ta peine » murmura Alain en glissant quelques piécettes dans sa main. « A bientôt »… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Mar 7 Fév - 20:33 | |
| Chapitre 18 : Mises au point La clochette tinta à l’ouverture de la porte. ANDRE : bonjour, que puis-je pour vous ? L’apothicaire releva la tête pour apercevoir la personne qui venait de franchir le seuil de son échoppe. Il s’agissait d’une jeune femme d’environ dix-huit ans, ses cheveux châtains étaient tressés dans son dos et ses épaules étaient recouvertes d’un épais châle de laine qu’elle maintenait fermement serré sur sa poitrine. ANDRE : oh bonjour Lira… comment allez vous ? LIRA intimidée par la présence de cet homme qui s’était avancé : bien Monsieur André… ANDRE en lui souriant pour la détendre : voyons…. Ne vous ai-je pas dit plusieurs fois de ne plus m’appeler « Monsieur »… cela fait tant d’années que l’on se connaît. C’était vrai. Il l’avait rencontrée pour la première fois dans une des ruelles voisines ; elle était à la recherche de la boutique de l’apothicaire justement mais dans sa quête, elle avait fait une mauvaise rencontre : un homme, imbibé d’alcool, avait voulu l’entraîner dans un coin et si André n’était pas passé par là, la jeune femme serait sans aucun doute déshonorée à ce jour. Depuis la jeune femme se sentait intimidée en sa présence. LIRA le rouge au joue : bien Mons…. André… ANDRE : alors que te faut-il aujourd’hui ? LIRA : Madame m’a donné une liste… ANDRE : très bien, je vais voir si j’ai tout cela… L’apothicaire prit le papier des mains de la jeune femme et commença sa recherche : il sortit des bocaux, pila ses ingrédients, transvasa certains liquides inconnus. ANDRE : j’ai tout sauf le dernier ingrédient de la liste… ce sera prêt ce soir Il rassembla les différents produits dans le panier de la servante et lui tendit le tout. Ses mains frôlèrent imperceptiblement les fines mains de Lira qui s’empourpra dans la seconde. « M…erc… » bredouilla-t-elle. ANDRE : tu reviens ce soir pour le reste ? LIRA en tenant fermement le panier à deux mains le long de son corps : je ne sais pas… Madame me donne beaucoup de travail… sans doute à la fin de la semaine ANDRE : c’est comme tu veux… tu es toujours la bienvenue ici. Le visage de Lira devint écarlate… cet homme était vraiment intimidant : son œil vert brillait d’une telle tendresse… elle se sentait comme une enfant en sa présence… ANDRE : à bientôt Lira… LIRA en s’inclinant devant lui : oui, à bientôt…. André… Elle lui tourna le dos et sortit de la boutique. L’homme sourit devant la « maladresse » de la servante… elle avait une beauté infantile, innocente… mais il avait passé l’âge de ces jeux… et puis Lira était si différente d’ELLE… ELLE était la beauté, la force, le caractère réunis…. un peu comme Oscar…. …………………… La calèche s’arrêta devant le Château des Jarjayes. Un jeune homme en descendit, ses cheveux blonds étaient maintenus par un bandage tandis qu’il avançait, le pas légèrement hésitant, vers le perron. Un homme d’âge mûr franchit les hautes portes de bois et se précipita à la rencontre de l’arrivant. ALFRED : que s’est-il passé ? Tu as disparu depuis deux jours ! OSCAR : ça va aller… j’ai fait une mauvaise rencontre, c’est tout ALFRED furieux : « une mauvaise rencontre… c’est tout » et tu n’as rien d’autre à me dire… je me suis un soucis monstre ! La jeune femme nota alors les yeux rougis, les traits tirés, les vêtements froissés de son ami : visiblement, il n’avait pas fermé l’œil depuis sa disparition. Pour la seconde fois elle réalisa l’affection que lui portait Alfred, ce second « père ». Elle se précipita dans ses bras. « Pardon » murmura-t-elle. « C’est moi qui te fais des excuses, je ne voulais pas m’énerver » chuchota-t-il en la serrant tendrement dans ses bras. Au fil des années, il avait appris à aimer ce garçon manqué comme sa propre fille… OSCAR en se dégageant de cette douce étreinte : allons nous reposer… j’ai quelque chose à faire ensuite… ALFRED : quoi donc ? OSCAR un sourire aux lèvres : trouve moi simplement une bouteille de notre meilleur cognac… Il regarda Oscar interrogateur… ………………… A la caserne, le Capitaine Girodelle revoyait les plans du convoi d’armes quand on frappa à la porte de son bureau. GIRODELLE : entrez SOLDAT : excusez moi de vous déranger Capitaine, mais Monsieur Jarjayes souhaiterait s’entretenir avec vous. GIRODELLE surpris par une telle visite : bien sûr, qu’il entre. Le capitaine rassembla tous les documents qu’il déposa au fond d’un de ses tiroirs et se leva pour accueillir son visiteur. Il s’arrêta net devant le jeune homme : Oscar avait une cicatrice sur le coin de l’œil, œil qui avait pris une teinte violacée, il remarqua également que celui-ci boitait légèrement. GIRODELLE empressé : que vous est-il arrivé, mon ami ? Dites moi et je ferai immédiatement arrêter ce scélérat ! OSCAR : calmez-vous, Capitaine… je ne suis pas là pour ça…je désire seulement voir votre lieutenant… GIRODELLE s’énervant : quoi ? Comment a-t-il osé…. OSCAR voyant que Girodelle s’imaginait des choses : il suffit Capitaine, Monsieur Soissons n’est en rien responsable de mes blessures… GIRODELLE gêné : pourtant je croyais que… OSCAR : que croyez vous donc… que votre lieutenant m’aurait frappé ? GIRODELLE : en fait c’est déjà arrivé… OSCAR : comment ? GIRODELLE : oui…. il y a quelques mois, il a frappé un noble qui devenait trop empressé auprès de sa jeune sœur OSCAR satisfaite de glaner quelques informations sur cet homme étrange : qu’en est-il advenu ? GIRODELLE presque naturellement : le Lieutenant lui a brisé la mâchoire. OSCAR un rictus aux lèvres : je vois…. Non je dois voir le lieutenant pour tout autre chose… Pourriez vous m’indiquer sa couchette ? GIRODELLE : en fait, il a sa propre chambre… je vais demander à un de mes hommes de vous y accompagner OSCAR : merci Capitaine. Que pouvait bien vouloir le jeune héritier au lieutenant ? Girodelle laissa là ses pensées : il avait une autre mission bien plus importante : le convoi d’armes. ………………… On frappa à la porte de sa chambre. « Lieutenant, une visite pour vous ». Pensant qu’il s’agissait de sa sœur Diane, Alain ne prit pas la peine de refermer le col de sa chemise et de mettre sa veste. Quand il ouvrit la porte, il croisa le regard bleuté … il marqua un temps d’hésitation puis invita son visiteur à entrer. Apparemment le jeune homme s’était en partie remis de ses blessures… il imaginait mal les gros titres de la Gazette de Paris : « Le riche héritier des Jarjayes battu à mort à quelques pas d’une bande de soldats saouls. » ALAIN : que me vaut l’honneur de cette visite ? OSCAR : Mademoiselle Rosy m’a informée que vous et vos amis êtes venus à mon aide l’autre soir. ALAIN en se frottant la tête de la main : bah on passait par là alors on est intervenu… n’importe qui en aurait fait pareil. OSCAR : je ne sais pas…. mais c’est un geste que je n’oublierai pas Alain regarda le jeune homme : ses yeux azurs trahissaient le sérieux de ses mots. Il était impressionné qu’une personne si jeune puisse montrer une telle force de caractère… d’ailleurs il se rappelait des mots que le tavernier avait prononcé le fameux soir alors que lui et sa bande allaient quitter l’estaminet. ……………………….. TAVERNIER : ce doit être les mêmes ALAIN : les mêmes quoi ? TAVERNIER : les mêmes hommes qui ont attaqué le gamin tout à l’heure avant qu’il n’entre ici ALAIN : quoi ! Il s’était déjà fait attaqué ? TAVERNIER : je pense bien : il avait du sang qui coulait de sa bouche et avait du mal à marcher. « Il s’est battu à un contre trois, tout à l’heure » pensa le lieutenant, perplexe. ……………………….. Oscar s’approcha de la petite table qui trônait dans la pièce et y posa une bouteille de cognac. OSCAR : voilà pour vous et vos hommes… Merci …. Sur ce elle se retourna et ouvrit la porte. Un sifflement admiratif emplit la chambre. « Eh ben… une bouteille de presque tente ans d’âge, c’est pas rien » la gratifia le lieutenant. Oscar quitta la pièce sans se retourner … elle sourit…. son cadeau lui faisait plaisir. |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Mar - 6:20 | |
| Chapitre 19 : Entre hommes Quelques jours passèrent. Oscar ménageait ses efforts pour suivre au mieux sa convalescence, faisant son possible pour assister aux rassemblements importants mais négligeant quelques temps les soirées données dans la capitale. Ce soir là justement, elle devait faire son retour parmi les têtes pensantes de Paris : elle avait reçu une invitation à la soirée d’anniversaire donnée par Anjeline Odaves, dans son hôtel particulier. Malgré son manque évident d’envie de participer à cette fête, Oscar se contraignit à y assister : beaucoup de personnes influentes seraient présentes pour l’occasion… elle se faisait donc un devoir d’y assister également. Après avoir accompagné la jeune femme en la demeure de la « reine » de la soirée, Alfred rejoignit son ami André, dans une taverne voisine de son échoppe, afin de profiter de sa soirée de libre pour déguster un bon repas et un succulent vin. ANDRE : alors Al… tu es de repos ce soir ? Elle a décidé de sortir seule. ALFRED : non, elle est invitée à une soirée en comité restreint. ANDRE : hey bien, cela nous donne l’occasion de trinquer tous les deux… comme au bon vieux temps. ALFRED : tu as raison… pour ce soir au moins, je ne me ferais pas de soucis pour elle ANDRE : tu y es vraiment attaché à cette petite, pas vrai ? ALFRED : je la considère comme ma fille… j’aimerais tant qu’elle mette fin à ce jeu absurde. ANDRE : elle y mettra fin quand elle le jugera utile…. ALFRED : … ou quand elle se fera prendre… je voudrais qu’elle abandonne, qu’elle devienne une jeune dame ANDRE : ah ah ah… je t’avoue que je l’imagine assez mal en dame « sage »… elle ne tiendrait pas une journée à ce traitement. ALFRED : … sauf si elle trouvait un homme à sa convenance ANDRE : tu penses à quelqu’un en particulier ? André croisa le regard rieur de son ami. ANDRE : n’y pense même pas ! ALFRED : elle ne te plait pas ? ANDRE : bien sûr qu’elle me plait mais… Trop tard, l’apothicaire avait répondu sans réfléchir. Il but une gorgée de vin et se ressaisit. ANDRE : attends, ce n’est pas ce que je voulais dire… et puis on a presque vingt ans d’écart… je pourrais être son père ! ALFRED : tu sais très bien que la différence d’âge à peu d’importance. ANDRE : arrête Al… je n’ai aucune intention de me remarier et tu le sais. ALFRED : dommage… Le majordome avait une petite idée des émotions qui possédaient son ami… au fil des années, il avait vu Oscar grandir, changer… le garçon aurait du rester mâle mais la nature en avait décidé autrement : malgré les vêtements masculins qu’elle s’obstinait à porter, elle devenait femme. Ses hanches s’étaient affinées, ses jambes s’étaient allongées restant fines malgré leur musculature et sa poitrine…même étouffée sous le tissu, ses seins s’étaient développés. Oui le temps avait fait d’Oscar une femme. Mais le corps ne fut pas le seul à changer, le garçon timide avait cédé la place à un être fort, courageux, brave mais aussi téméraire. Elle s’était entraînée sans relâche parmi les soldats qu’il avait sous son commandement… jamais elle ne s’était plainte, malgré la tristesse, malgré la douleur, malgré la solitude, elle s’était battue. Voilà pourquoi il comprenait André : sa femme défunte possédait le même feu intérieur. ALFRED : allez, laisse moi te servir un verre et parlons d’autre chose. ANDRE : tu disais qu’elle passait la soirée chez Madame Odaves ? ALFRED : en effet ANDRE : j’espère qu’elle ne va pas tomber dans ses griffes ALFRED : pourquoi dis-tu cela ? ANDRE : d’après ce que m’a dit un ami, la dame a des vues sur Oscar, enfin sur l’héritier du Général. Mais Oscar n’a rien à craindre : Anjeline ne tentera rien de « dangereux » tant qu’il y aura d’autres invités présents. ALFRED : j’espère… ANDRE : Alfred ? ALFRED : en fait maintenant que tu me dis ça, je me demande pourquoi il n’y avait encore aucun invité quand nous sommes arrivés à son hôtel ANDRE : quoi ? Oscar était la seule invité ? ALFRED : non, je ne pense pas… enfin il semblait qu’elle était la première arrivée ANDRE : prends ton manteau ! ALFRED : pourquoi ? ANDRE : on va la chercher ! ALFRED : mais… ANDRE : j’ai dit qu’on allait la chercher, j’ai un mauvais pressentiment. L’apothicaire sortit précipitamment de la taverne, suivi par son aîné inquiet. ALFRED ne comprenant pas ce qu’il se passait : qu’y a-t-il ? Pourquoi réagis-tu ainsi ? Est-ce qu’Oscar est en danger ? ANDRE en montant à cheval : j’espère que je me trompe mais je pense que cette soirée est un piège… ALFRED perdant de plus en plus son calme : quoi ? ANDRE : je pars devant à cheval… rejoins moi le plus vite possible avec la calèche … on risque d’en avoir besoin. Sans attendre, André élança sa monture en direction des quartiers riches de la capitale. Pourquoi n’avait-il pas réagit avant ? Il aurait dû chercher à en savoir plus quand Lira était venue chercher le reste de sa commande cet après midi… il n’avait pas fait le lien entre les deux : le « médicament » et Oscar. Maintenant le temps pressait. « Espérons qu’il n’est pas trop tard » pensa-t-il. ……………………. Quelques heures plus tôt chez l’apothicaire… ANDRE : voilà Lira, je t’ai préparé le produit qui manquait. LIRA : merci… André Elle le salua et ouvrit la porte pour sortir. ANDRE : tu as l’air bien pressée aujourd’hui… LIRA : en effet, Madame attend ce médicament avec impatience… je crois qu’elle reçoit un invité particulier ce soir… ANDRE : dis-moi pourquoi a-t-elle besoin de cela ? LIRA : je l’ignore… je sais juste qu’elle me demande d’en faire une infusion. André l’avait donc laissée partir avec les feuilles de belladone |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Mar - 6:20 | |
| Chapitre 20 : Piégée « Ouvrez » hurla André en tambourinant sur la haute porte en bois. « Que voulez vous » demanda une voix timide, effrayée par les cris de l’homme, n’osant pas prendre le risque d’ouvrir. ANDRE : Lira ? C’est moi, André, je suis à la recherche d’Oscar Jarjayes ! Est-il ici ? LIRA : oui mais… ANDRE : fais moi entrer vite ! C’est urgent ! La jeune femme ouvrit la porte, l’apothicaire n’était pas du genre à mentir sur la gravité d’une situation, elle lui faisait confiance. LIRA : qu’y a-t-il ? ANDRE ne prit pas le temps de lui répondre : où est-il ? Je dois le voir immédiatement ! LIRA : c’est que… il est avec Madame… elle m’a ordonné de ne pas les déranger ANDRE en la saisissant par les épaules : Lira c’est très important, montre moi où il est. LIRA : très bien suivez moi La jeune femme le guida parmi les longs couloirs jusqu’à une porte recouverte de feutre rouge. LIRA : Madame l’a fait entrer dans ce boudoir, mais je ne sais pas si nous avons le droit de les déranger. Les joues de la servante se rosirent, André ne doutait pas de ce que pouvait faire sa maîtresse avec ses invités masculins. ANDRE en posant calmement la main sur son épaule : ne t’en fais pas… reste là Il ouvrit la porte et pénétra dans la pièce. Le boudoir était savamment décoré, essentiellement dans les teintes rouges, comme le sofa disposé au centre de la pièce sur lequel était allongée Oscar, endormie. Aucune trace d’Anjeline. Inquiet, l’apothicaire s’approcha de la jeune femme : son visage, d’habitude si pâle, était étrangement rouge ; ses mains étaient sèches, sa respiration semblait par contre régulière. Il examina ses yeux : ses pupilles étaient dilatées, on ne percevait qu’un infime anneau bleuté entourer le cœur sombre de son œil. André fit le tour de la pièce du regard et nota la présence d’un verre de vin à demi vide sur un guéridon ; il le porta au visage et sentit la faible odeur du poison. Pas de doute, Oscar avait été droguée ! Il tenta de la réveiller mais sans espoir : tant que la belladone parcourrait ses veines elle resterait dans cet état de léthargie, à condition que la dose létale ne soit pas franchie. La porte s’ouvrit alors à la volée : Anjeline Odaves apparut sur le pas de la porte. Malgré sa tenue diaphane plus que suggestive, son visage exprimait toute la colère d’être ainsi dérangée chez elle. ANJELINE : qui êtes vous ? Que faites vous chez moi ? ANDRE en soulevant la jeune femme blonde : je viens chercher Oscar ANJELINE furieuse : je vous interdis… il est à moi ! Le beau visage de la dame prit soudain des traits haineux. André eut l’étrange sensation d’avoir déjà vu cette femme quelque part mais dans un autre lieu, longtemps auparavant… très longtemps… Qui était cet homme qui venait ainsi perturber son plan. Comment savait-il qu’il pourrait trouver le jeune homme ici ? Elle prit peur : et si on découvrait sa machination, elle serait à nouveau exilée… comme par le passé. Non ! Cela elle ne le supporterait pas ! D’un mouvement de rage, elle fit basculer un des chandeliers… les flammes se mirent à lécher les tapis pour prendre rapidement possession ses rideaux. En quelques instants, les tentures rouges du boudoir flamboyèrent en des milliers d’éclats. ANJELINE : Adieu Sans attendre, elle referma la porte du boudoir et donna un tour de clef, emprisonnant ses occupants dans le brasier… les morts ne parlent pas ! Lira, inquiétée par la fumée qui avait envahi le rez de chaussée, s’était hâtée pour prévenir les invités. Dans sa précipitation, elle croisa sa maîtresse qui sortait prestement de la bâtisse. LIRA : que ce passe-t-il, Madame ? ANJELINE : tu le vois bien, idiote, il y a le feu ! LIRA : mais Monsieur André et Monsieur Jarjayes ??? ANJELINE ne ralentissant pas sa course avec l’extérieur : ils sont déjà sortis… ne reste pas là ! La servante allait la suivre quand elle entendit des coups. Elle rebroussa chemin : André criait derrière la porte dont s’échappait la fumée et tentait de l’enfoncer. LIRA : André ? ANDRE : Lira ? Vite ouvre-nous ! LIRA en essayant de tourner la poignée : je ne peux pas… la porte est fermée à clef ! Les coups redoublèrent. En vain, la porte résistait. La fumée commença alors à envahir les poumons de l’apothicaire. S’il ne trouvait pas une solution rapidement, ils mourraient asphyxiés puis leurs corps brûleraient dans ces flammes de l’enfer. Il engloba la pièce du regard : aucune fenêtre, aucune autre issue. Il regarda la jeune femme inanimée… ils devaient sortir de là ! Alors qu’il commençait à douter de leur survie, il vit une sorte de scintillement émaner du coup d’Oscar. Il réalisa soudain… pourvu que… Il entrouvrit la chemise de sa compagne… une lueur d’espoir l’envahit… le passe : Oscar avait gardé le passe qu’il lui avait confectionné. « Bien joué » pensa-t-il. Il lui caressa la joue avant de détacher la chaîne qui le maintenait. Rapidement il se dirigea vers la porte, priant pour que le passe-partout fasse son office… il entendit le déclic de la serrure et poussa la porte… Lira les attendait de l’autre côté. LIRA : André ? ANDRE : je prends Oscar et on sort vite ! Aussitôt dit, aussitôt fait ! Oscar dans les bras, il franchit le perron et se dirigea vers la calèche où l’attendait Alfred. ANDRE : vite, Al, on rentre au château… elle a besoin de soin d’urgence ! ALFRED en apercevant la jeune servante à quelques pas : et cette demoiselle ? ANDRE : viens-tu avec nous ou restes tu ici ? Lira regarda les flammes envahir l’ensemble du bâtiment. Sa maîtresse l’avait abandonnée sans aucun remord, laissant André en proie au brasier. Non elle n’avait plus sa place ici. LIRA : je vous suis… si vous le voulez bien. ALFRED : en route alors… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Mar - 6:21 | |
| Chapitre 21 : le jour d’après Les deux hommes étaient dans le salon quand des bruits de pas se firent entendre. Ils se levèrent en même temps : Oscar venait de descendre les escaliers, la main posée sur la rambarde pour maintenir son équilibre, ses traits étaient tirés, ses cheveux nattés et elle portait un pantalon et une tunique de toile qui ne laissaient apparaître que ses pieds nus. Lorsqu’elle posa le talon sur le marbre froid du salon, elle tressaillit… ses muscles, bien que fragilisés, fonctionnaient à nouveau mais les sensations de toucher ne revenaient que progressivement. Mais cette apparente santé était bien précaire… la jeune femme commença à chanceler et dut s’asseoir sur la dernière marche pour ne pas tomber. Inquiets, André et Alfred virent à ses côtés. ANDRE : comment te sens tu ? ALFRED : tu n’aurais pas du te lever André s’agenouilla auprès d’elle et examina ses yeux : ses pupilles avaient à présent regagné leur aspect original mais les yeux bleus paraissaient étranges, peut être même suppliants… non… simplement la flamme qui y brûlait s’était momentanément estompée. L’apothicaire passa ensuite ses mains le long des bras et des jambes d’Oscar afin de vérifier leur tonicité : le plus dur était passé, l’anesthésiant avait cessé toute efficacité. Il ne restait plus qu’à la malade à se restaurer et reprendre les quelques forces que ce repos forcé lui avait dérobé. ANDRE : d’ici deux ou trois jours, tu n’auras plus de séquelles. Alfred, aide-la à regagner sa chambre je te prie, je vais lui préparer une infusion. ALFRED en aidant sa protégée à se relever : allons-y OSCAR : non, attendez vous deux… je ne vais pas rester à dormir pendant que cette folle erre dans les rues à l’insu de tous ! ANDRE : ne t’inquiète pas… pour le moment elle ne bougera pas… elle nous croit morts ! OSCAR : comment ? En effet, Oscar réalisa qu’elle ignorait ce qu’il s’était passé quelques heures plus tôt. Les seuls souvenirs qu’elle conservait étaient de s’être rendue chez Madame Odaves, d’avoir été conduite dans un boudoir par une jeune servante et d’avoir bu un peu de vin. Tout le reste était dans une sorte de brouillard, comme un rêve : quelques minutes après avoir bu, sa vue se brouilla, elle sentit des fourmillements envahir sa main, d’ailleurs elle dut poser son verre avant de lâcher prise… puis plus rien… Elle avait perdu conscience. Finalement, Alfred installa la jeune femme dans le petit salon au rez de chaussée, sur un sofa en prenant soin de la couvrir d’une couverture. Quelques instants plus tard, André lui apportant une infusion et une collation. OSCAR : je n’ai pas faim, je me sens nauséeuse ANDRE : nous avons du te faire rendre pour te débarrasser de la drogue que tu avais encore dans l’estomac, mais il faut que tu manges à présent, sans quoi tu mettras du temps à te remettre… et à l’arrêter. L’apothicaire savait que le dernier argument ferait mouche. Oscar se résigna à avaler quelques bouchées et à boire la mixture préparée. La fin de journée se déroula sans événement notable, les trois compagnons discutaient, parfois plaisantaient même, du moins quand la jeune femme ne perdait pas le fil en s’endormant sous le regard attendri des deux hommes. A ce moment là, la discussion reprenait un ton sérieux. ALFRED :vous l’avez échappé belle… ANDRE :oui… ALFRED:que comptes-tu faire de la jeune femme que nous avons ramené ? ANDRE :je ne sais pas… mais si elle n’a nulle part où aller, je lui proposerai de rester avec moi ALFRED:ah ah et après ça tu prétends que tu ne t’intéresses pas aux jeunettes ! ANDRE : arrête de dire des bêtises ALFRED croyant avoir vu rougir un instant son ami : des bêtises, hein… ANDRE :Al… Alfred arrêta de rire devant le visage sérieux de son ami. ALFRED:que se passe-t-il ? ANDRE :que sais tu sur cette Anjeline ? ALFRED:pas grand chose : elle serait la veuve d’un riche militaire étranger, on dit que a autant d’amants dans son lit que de toilettes… sinon je ne sais rien de plus… pourquoi ? que se passe-t-il ? ANDRE :quand je l’ai vue hier, j’ai cru reconnaître une femme, une femme dont je n’avais pas entendu parler depuis de nombreuses années… ALFRED:une de tes connaissances ? ANDRE :pas vraiment… tu te souviens, une femme avait fait les gros titres en dénonçant des calomnies sur la reine, elle avait était emprisonnée à la bastille mais s’était enfuie et on n’avait plus entendu parlé d’elle après la mort de Marie Antoinette. ALFRED:n’est-ce pas elle qui avait été recueillie par la Marquise de Boulainvilliers ? ANDRE :en effet… elle aurait péri dans l’incendie de son château… mais maintenant je doute qu’il s’agissait d’un accident ! ALFRED:tu penses qu’elle aurait pu y mettre le feu ? ANDRE :c’est une possibilité, quand je repense à ce qu’il s’est passé hier…Elle est dangereuse Alfred… ALFRED:oui, nous devons protéger Oscar OSCAR : qui est cette femme ? Les deux hommes se tournèrent vers elle… depuis quand était elle réveillée ? OSCAR : répondez moi ! ANDRE : elle s’appelle Jeanne de Valois… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Mar - 6:21 | |
| Chapitre 22 : GIRODELLE : Lieutenant, est-ce que nos hommes sont en place ? LIEUTENANT : oui Capitaine. On vient de me signaler que l’escorte du convoi était en vue. GIRODELLE : très bien… tenons nous sur nos gardes : je crains une attaque et je ne veux pas qu’on se fasse surprendre. LIEUTENANT : à vos ordres GIRODELLE : au fait Lieutenant… Si Elle se manifeste, je veux qu’elle soit mise derrière les barreaux. Malheureusement Alain savait pertinemment de qui parlait le Capitaine Girodelle : il ne pensait à aucun moment que la jeune femme puisse être du bon côté de la loi. Victor Girodelle était réputé pour sa droiture, son respect de la justice mais pour la première fois, Alain pensait que son supérieur avait tort : Astrée ne pouvait pas être à l’origine des méfaits qu’on semblait lui reprocher… mais était-il objectif ? Le lieutenant s’obligea à chasser cette femme de son esprit pour se concentrer sur sa mission. Il se traita d’idiot en réalisant qu’il était en train de tomber amoureux d’une femme dont il ignorait tout… « Si ça se trouve c’est un laideron » tenta-t-il même de se convaincre. Non c’était impossible, elle ne pouvait être que belle, une magnifique chimère… Astrée avait pris en filature le convoi quelques kilomètres avant l’entrée dans la capitale. Le plan qu’elle avait examiné dans le bureau de Girodelle lui permettait de connaître les différents points de passage ainsi que les endroits où les soldats avaient été placés stratégiquement. Avec de la chance, le convoi arriverait à bon port sans qu’elle ait à se montrer. ………………………….. Les soldats qui accompagnaient les différents chariots d’armes scrutaient la moindre ombre, le moindre bruit. Tous avaient les nerfs à fleur de peau et certains estimaient que leur maigre paye ne justifiait pas une telle prise de risque. A tout moment, on craignait de voir surgir un ennemi et malheureusement dans cette mission, le convoi était plus important que la vie de chacun ; du moins c’était ce qu’on leur répétait sans cesse. Contrairement aux peurs de tous, le convoi traversa la capitale sans encombre. Les soldats parurent tous soulagés de constater qu’il y avait plus de peur que de mal : leurs supérieurs avaient craint une attaque et avaient sans aucun doute pris bien assez de précautions pour dissuader le moindre brigand de les approcher. Mais pour quelques personnes, l’affaire ne serait entendue qu’une fois les armes mises à l’abri dans les baraquements prévus à cet effet à quelques minutes de leur position actuelle. Anjeline regarda avec un rictus satisfait les militaires se bercer d’illusions : elle savait que tout homme était affaibli quand il se croyait en sécurité, loin du danger qu’il redoutait tant. Elle avait patiemment attendu que le convoi ait effectué la quasi totalité du trajet avant de mettre son plan à exécution. A présent, les soldats étaient beaucoup moins sur leurs gardes et l’attaque n’en serait que plus aisée. Sans hésitation, elle donna l’ordre d’attaquer ! Comme elle l’avait prévu, les troupes mirent du temps à mettre en place leur défense. Leur organisation rigide avait été effacée de la main par une confiance trop rapidement retrouvée. L’alerte fut vite donnée mais les soldats en place furent rapidement écrasés sous la violence de l’attaque. Mais bientôt les renforts arriveraient. On aurait pu croire devant le peu d’assaillants, que la partie était d’office gagnée par les militaires, en effet les « associés » d’Anjeline étaient tout au plus une douzaine alors que les soldats armés devaient être vingt-cinq ou trente. Mais la dame ne semblait pas sans ressource : elle ne reculerait devant rien pour que son plan réussisse : un de ses hommes arma une sorte de canon dont la détonation surpris les défenseurs du convoi ; ils regardaient effarés au-dessus de leur tête pour tenter de repérer le point de chute du boulet…mais il n’y avait aucun boulet…seulement une épaisse fumée blanchâtre qui enveloppa les chariots d’armes. Bientôt les gorges piquèrent, les yeux brûlèrent… aucun homme ne songeait à présent à se défendre : leur moindre effort résidait dans leur respiration : ne pas étouffer était leur seul objectif. L’ordre fut ensuite donné par Anjeline de prendre le convoi d’assaut. Les soldats étaient éliminés les uns après les autres. Le capitaine Girodelle faisait de son mieux pour contenir les malfaiteurs, se battant contre plusieurs hommes en même temps, mais ne parvenant qu’à ralentir l’inéluctable défaite. Astrée n’avait pas d’autre choix que d’intervenir, sinon ce serait un massacre : les militaires n’avaient aucune chance face à ces assassins. Elle s’enveloppa le bas du visage d’une étoffe et lança Tempête dans le tumulte des affrontements. Les cris redoublèrent, les détonations se multiplièrent mais les chances étaient maigres… il leur fallait du renfort, c’était leur seule chance. A présent une poignée de soldats était encore en état de combattre alors que la plupart des assaillants étaient toujours debout. En quelques minutes, les dernières défenses tombèrent, le Capitaine de police fut mis au sol, le corps subissant la violence des adversaires. « Arrêtez ! Ne le tuez pas, il peut encore nous être utile ! » Ordonna Anjeline alors qu’un de ses hommes pointait une arme sur l’homme à terre. Pendant ce temps, Astrée s’approcha de la femme tout de noir vêtue, le visage caché par une large capuche. Tous les soldats avaient été mis hors d’état et la brigande regardait de haut son amant. « Alors Victor, où se trouve le reste des munitions ? » « Anjeline ? Que faites vous ici ? » « Tu t’as toujours rien compris ? Tu es vraiment aveugle si tu n’as toujours pas compris que tu n’étais qu’un pantin entre mes mains… je te parle des canons, dis-moi où ils sont entreposés ! » « Ca suffit ! Rendez vous » somma Astrée, épée à la main « Encore toi, sale morveuse, il est temps que tu disparaisses ! » Sans attendre, Anjeline sortit un pistolet de dessous sa cape et mit en joue la justicière. Elle s’apprêtait à tirer quand une lanière de cuir vint lui cingler la main : d’un geste vif, Astrée avait paré la menace en lançant son fouet en direction de l’arme. Débarrassée de son avantage, la vilaine voulut fuir mais elle fut rapidement rattrapée par la jeune femme … un étrange ballet commençant entre les deux femmes, Anjeline se battait toutes griffes dehors alors qu’Astrée tentait de la maîtriser. Pendant ce temps, les sbires commençaient à rassembler l’objet de leur méfait alors que des cris se rapprochaient dans la direction de la scène du crime. Le renfort de police, enfin… Profitant de la cohue qui s’établit peu à peu, le Capitaine Girodelle saisit le pistolet de son amante tombé au sol et l’arma pour tirer un coup de sommation, espérant ainsi stopper les deux protagonistes. Il pointa l’arme vers le ciel et appuyant sur la gâchette. Le percuteur vint frapper l’amorce créant ainsi un épais nuage sombre. Un hurlement déchira l’atmosphère. Le pistolet apparemment défectueux venait d’exploser dans les mains du capitaine, qui se tenait à présent le visage blessé. Quand il reprit enfin ses esprits, il releva la tête vers les deux femmes qui s’étaient arrêté en entendant la détonation. Sa joue droite était maintenant meurtrie par des sillons écarlates. « Capitaine ! » s’écria un soldat venu avec les renforts. « Arrêtez ces femmes ! » hurla Girodelle entre deux plaintes. Les troupes de réserve entourèrent Astrée et Anjeline qui se retrouvèrent bientôt prises au piège. N’ayant pas le choix, Astrée dégaina son épée et fonçant dans le mur humain qui lui faisait face, elle réussit à esquiver deux hommes mais elle perdit son épée dans la lutte. Elle se trouvait dorénavant, seule face à quatre hommes n’ayant comme seul moyen de défense que ses poings et un petit poignard. Aucune issue en dehors de la fuite… Pour la première fois de sa vie, elle devait fuir… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Mar - 6:21 | |
| Chapitre 23 : Dans le noir Astrée courrait le long des rues. Elle devait fuir, elle qui avait toujours fait son possible pour faire face devait à présent fuir comme une pleutre….elle n’avait pas le choix : Girodelle la croyait responsable de tout cela, pourtant elle n’avait que chercher à l’aider, voire le protéger. Mais la folie semblait s’être emparé de lui. L’ordre avait été donné de tirer à vue et de l’attraper morte ou vive. Elle entendait les pas des soldats qui la poursuivaient. Malgré sa discrétion, elle ne pourrait bientôt plus échapper au piège qui se refermait sur elle : les militaires commençaient peu à peu à l’encercler, bloquant les issues les unes après les autres. Astrée ne comprenait plus… elle pensait être du bon côté de la justice, pourtant c’était elle à présent qui était traquée comme une criminelle ! Non, cela ne pouvait pas finir ainsi ! Elle devrait se battre, jusqu’à la mort s’il le fallait…. Elle songea un instant à ôter son masque et son armure : Oscar Jarjayes pourrait peut-être convaincre ses poursuivants de sa présence incongrue dans ce lieu… non personne ne croirait ça ! La jeune femme alors poursuivit sa course folle ; cherchant le moyen de regagner la hauteur protectrice des toits. Mais à en croire le mauvais sort, aucun échappatoire ne semblait se profiler. Les cris poursuivants redoublèrent ; les bruits de pas se firent de plus en plus proches. Astrée, justicière de la nuit, serait dans quelques instants stoppée. « Séparons-nous » Alors que les hommes dans son dos réduisaient la distance qui les séparait, Astrée entendit que face à elle de nouvelles troupes prenaient place : un étau, elle était maintenant à la merci du premier soldat qu’elle allait croiser. Elle porta la main à sa ceinture pour saisir son unique arme… elle ne se rendrait pas sans combattre ! Elle s’approcha en courant de l’homme qui lui barrait à présent la route. De haute stature, le soldat ne fit aucun geste pour la stopper quand elle glissa son poignard le long de sa gorge. « Je n’ai pas le choix » murmura-t-elle. D’un mouvement déterminé, elle se plaqua contre un pan de bois et obligea son otage à se serrer contre elle. L’homme sentit cette femme trembler contre lui : elle était à bout de nerfs, sa course l’avait affaiblie et elle faisait son possible pour rester maîtresse de la situation. « Je ne les laisserais pas vous attraper » murmura-t-il avant de poser ses lèvres sur les siennes. Rapidement, les poursuivants passèrent devant ce couple enlacé sans même y prendre garde, le lieu n’était pas toujours bien fréquenté et il n’était pas rare de croiser quelques donzelles usant de leurs charmes pour quelques pièces. Astrée restait figée… pourquoi faisait-il cela ? Pourquoi ne la dénonçait-il pas ? Elle était là dans ses bras, brandissant ce couteau près de sa gorge mais lui ne semblait pas s’en soucier… il était calme, il l’embrassait, il la protégeait…. « Où est-elle ? » « Elle a du nous échapper il y a quelques mètres, revenons sur nos pas » L’homme relâcha sa compagne. Il frappa sur une des lattes de bois et libéra un passage dans une sorte d’entrepôt. « Entrez, nous devons attendre qu’ils abandonnent les recherches ». Astrée éloigna le poignard de son sauveur et le suivi dans l’antre sombre. « D’ici une heure ou deux, le quartier sera redevenu calme et vous pourrez rentrer chez vous ». ASTREE : Pourquoi ? Mais l’homme ne répondit pas. Il se contenta d’ôter son ceinturon, de poser son épée et son pistolet et d’entrouvrir sa veste. Puis il tenta dans la pénombre d’examiner les lieux. Aux premiers abords, il s’agissait d’un entrepôt. On pouvait y recenser des victuailles comme de la farine et du grain ainsi que quelques ballots de paille. Il prit une couverture qui semblait sécher sur un fil et l’étala sur le fourrage. « Autant nous installer confortablement ». Dans son habit sombre, Astrée le regardait s’affairer. Elle ne comprenait toujours pas ce qui le poussait à lui venir en aide. Il ne lui parlait presque pas, il lui parlait d’une voix calme et posée alors que dans sa poitrine, son cœur s’affolait. Elle se résigna à attendre une explication. Elle s’assit sur la couche de fortune et attendit à ses côtés que les flambeaux qui dispersaient de la lumière à travers les interstices des murs les abandonnent à l’obscurité. Elle ne cessait d’observer le toit de leur abri, essayant de puiser dans les larges poutres la force de le quitter : la nuit était maintenant profonde et seule la respiration régulière à ses côtés trahissait l’autre présence. « Il s’est endormi… comment peut-il dormir dans un moment pareil ? » se demanda-t-elle. A tâtons, elle effleura l’épaule de l’homme : il avait replié ses bras derrière sa tête et semblait dormir profondément. Astrée ne put s’empêcher de sourire à la situation. Elle se pencha légèrement et posa doucement ses lèvres sur celles du dormeur. Satisfaite de le savoir toujours endormi, elle voulut se dégager mais une main vint se glisser derrière sa nuque. Les doigts défirent le premier nœud, puis le second avant que le heaume de cuir ne soit abandonné au sol : les fils d’or envahirent les épaules d’Astrée avant de venir chatouiller le visage du jeune homme. « Je le savais… ». Oscar avait à présent son visage à quelques centimètres de celui du soldat mais la nuit ne lui permettait que de deviner ses traits. Mue par une étrange impulsion, elle s’empara à nouveau de ses lèvres… elle suivait son instinct, elle connaissait si peu cet homme et pourtant elle était prête à se donner à lui sous le couvert de l’anonymat. Elle s’écarta un instant de son compagnon, elle délassa son armure, retira ses bottes et s’allongea sur ce corps masculin. De son côté, il sentait son corps vibrer aux appels de cette femme si souvent désirée. Même dans ses fantasmes, il ne pensait pas qu’un tel moment soit possible : elle était contre lui, sa jambe moulée dans le cuir faisant sa place entre ses cuisses, ses seins reposant sur sa poitrine échauffée par cette proximité… même s’il ne pouvait pas entrevoir le moindre de ses traits, tout son corps, toutes ses courbes attisaient son désir. « Qui êtes-vous en réalité ? » demande-t-il Pour toute réponse, elle l’embrassa de nouveau, glissa sa main le long de la taille du jeune homme. Bientôt ses doigts rencontrèrent la garde de plusieurs couteaux qui étaient savamment glissés dans la ceinture du pantalon. Comme dans un appel muet, il retira ses armes une à une et les déposa au dessus de sa tête, à l’abri de leurs ébats. Puis il se redressa sans prévenir et plaça la jeune femme sur ses genoux, ses longues jambes de part et d’autre de son bassin. « Avez vous la moindre idée de l’effet que vous provoquez à la caserne ? Ils veulent tous vous capturer » « Tous ? » « Oui » répondit-il en prenant possession de sa bouche. « Moi encore plus que les autres ». Il ne cessait de l’embrasser. Il ne pouvait se résoudre à la lâcher de peur qu’elle ne s’évapore comme un fantôme, un spectre irréel. Il l’avait attrapée, du moins elle s’était laissée attraper, et il n’était pas résolu à la laisser filer aussi facilement. Pas cette fois. Oscar se laissait faire : pour la première fois, elle voyait cet homme différemment. Il l’avait surprise plusieurs fois, tant sous les traits d’Astrée qu’en tant qu’Oscar Jarjayes… il n’était nullement impressionné par « l’homme » qu’elle était et avait toujours joué franc jeu avec la justicière. Saurait-il un jour qu’elle était ce « maigrichon plutôt mignon » ? A cette idée, elle avait envie de prendre une petite revanche. Pendant qu’elle réfléchissait à une éventuelle « punition », Oscar sentait les lèvres du soldat parcourir son visage, tracer les pourtours de son oreille en prenant soin d’écarter du bout des doigts les quelques mèches qui s’obstinaient à en masquer l’accès. Le souffle faisait danser les boucles tandis que les baisers emballaient le corps et le coeur de la belle. Elle glissa ses mains gantées dans la chevelure de cet homme, l’incitant à accentuer le contact de ses lèvres sur sa peau. Mais elle voulait plus. Etrangement, elle se comportait comme ces femmes qui ne cessaient leurs approches auprès de l’héritier fortuné. Non… elle faisait bien pire… elle offrait son corps à cet homme, à ce soldat dont elle savait si peu de choses mais pour lequel elle était prête à lui concéder toute sa confiance. En fait, voulait-elle donner ou tout simplement prendre ? Oui… elle le voulait lui également, elle sentit un frisson de peur la parcourir : était-elle comme Anjeline ? Non, elle désirait un homme et un seul : lui ! « Attendez… » Oscar quitta les cuisses du jeune homme et se leva. Dans cette quasi obscurité, d’une part son identité restait impossible à déterminer mais surtout elle pouvait se comporter en femme, sans réelle pudeur… D’un geste faussement assuré, elle dénoua sa chemise et la posa sur une caisse, puis elle fit de même avec son pantalon… rapidement, elle se retrouva entièrement dénudée devant l’homme. De son côté, le soldat percevait chaque bruissement de tissus, chaque parcelle de métal qui touchait le sol… même s’il était incapable de la voir, il sentait la chaleur émaner de ce corps de femme. Il se leva à son tour, se plaça devant elle et se déshabilla. Elle guettait chacun de ses gestes, chacune de ses respirations…elle le savait, il faisait de même. Avant qu’elle n’ait eu le temps de faire ou dire quoi que ce soit, il était déjà sur elle. Son empressement en était presque violent. Il la voulait, son esprit était torturé depuis des semaines par cette inconnue et son corps à présent réclamait son du. D’un mouvement vif mais assuré, il l’allongea sur la couverture, embrassa ses seins, caressa son corps essayant de graver dans son esprit tous les reliefs que l’obscurité lui interdisait de discerner. Oscar de son côté se cambrait, plaquant davantage son corps contre celui du soldat. Etrangement, la peur l’avait quittée : il n’y avait plus de poursuite, plus de capture… simplement un homme et une femme emportés par un désir commun. L’homme percevait la respiration saccadée de sa partenaire : ses caresses provoquant frissons et attisant d’autant plus l’envie, non… le besoin de ne faire plus qu’un. Il l’embrassa à nouveau, sa bouche avait un doux parfum fruité, sa peau était si douce et ses mains parcouraient son dos dans une danse voluptueuse. Son esprit semblait vagabonder, tentant de faire le rapprochement entre le contact qu’il avait avec cette femme et les images indélébiles qui n’avaient cessé de le hanter. Cette femme avait un corps sublime et il en avait maintenant la preuve. Ne pouvant plus réfréner son envie, l’homme se glissa entre les jambes d’Oscar, l’obligeant à s’adosser à un ballot, puis il vint en elle : il sentit cette étrange chaleur envahir son sexe tandis qu’elle refermait son étau sur son bassin. Il poursuivit ses baisers et pénétrant un peu plus dans ses chairs. Puis il se redressa légèrement en la sentant se raidir, marqua un temps d’arrêt avant qu’elle ne l’entraîne d’elle même dans un mouvement tout d’abord calme et rythmé puis plus rapide, plus profond, presque endiablé. Leurs ébats prirent fin dans une jouissance commune : les corps suffocants se détachèrent l’un de l’autre, le soldat se libéra de son amante et s’allongea à ses côtés. Aucune question, aucune remarque… ce serait pour demain, en attendant ils profitaient de cet instant unique. Il ferma les yeux et se laissa bercer par le chant de leurs corps. La nuit touchait à sa fin : les premiers rayons du soleil transformèrent la profonde obscurité de l’entrepôt en un lieu où des dizaines de rayons dorés filtraient à travers les murs de bois… douce chaleur matinale. L’homme ouvrit les yeux sur cette nouvelle journée mais constata qu’il était seul à présent : Astrée avait disparu. Etrangement, il n’en fut pas étonné : elle avait profité de la nuit pour s’échapper. Alain se redressa, commença à enfiler son uniforme. La nuit avait été merveilleuse… ELLE avait été merveilleuse. Il se leva pour récupérer ses couteaux quand un rayon de soleil attira son attention sur sa couche : un fil d’or jouait de ses éclats. Il se baissa pour le ramasser, un sourire sans pareil illumina son visage : « Ce n’est qu’une question de temps mais je vais te retrouver ma belle ». |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Dim 5 Mar - 22:05 | |
| Chapitre 24 : Au-delà des apparences Plusieurs jours après l’attaque du convoi d’arme, la police n’avait toujours pas eu de nouvelles du capitaine Victor Girodelle. D’après les dernières informations qui étaient arrivées jusqu’au haut commandement, le Capitaine avait vaillamment défendu de sa vie la cargaison jusqu’à l’arrivée des renforts mais avait été, semble-t-il, gravement blessé au visage au cours de l’attaque. Plusieurs soldats présents sur les lieux l’avaient vu pénétrer en titubant dans l’obscurité d’une ruelle, sa main tentant de contenir la blessure qui lui dévorait à présent la moitié du visage. Depuis ce terrible soir, l’homme restait introuvable. Etait il mort ? Nul ne le savait. La caserne ne pouvant rester sans commandement, le lieutenant Alain Soisson fut promu Capitaine en attendant le retour éventuel de Girodelle. Même s’il ne portait pas les « anciens nobles » dans son cœur, il appréciait son supérieur et donna l’ordre à ses hommes de partir à sa recherche. Mais une quinzaine de jour après la disparition de Girodelle, les recherches furent arrêtées, infructueuses. Dans une ultime tentative, Alain se rendit au château de Jarjayes : Oscar avait depuis son retour tissé un impressionnant réseau de relations. Il espérait avec son aide glaner quelque information sur son capitaine. ………………. Il s’avança sur le perron du château de Jarjayes. Il allait frapper à la lourde porte d’entrée quand il entendit des détonations à l’arrière du château. Sans attendre, il dégaina son épée et partit en courant dans la direction des coups de feu : si des brigands s’en prenaient au riche héritier, il se devait d’intervenir. Une fois de l’autre côté de la bâtisse, il ne put que constater son erreur : Oscar Jarjayes mettait en joue des bouteilles alors que son serviteur rechargeait un pistolet. Il n’assistait pas à une attaque mais simplement à un entraînement. Ne se rendant pas compte de la présence de l’intrus, Oscar poursuivit ses tirs, faisant mouche à chaque nouvelle tentative. « Hey bien si je m’attendais à cela… il cache bien son jeu » pensa-t-il. « Il fait croire à tous qu’il est préoccupé essentiellement par ses affaires, or d’après ce que je peux voir, il sait se défendre » Ainsi cela confirmait aussi ce qui s’était passé à la taverne quelques semaines plus tôt : le tavernier avait mentionné à Alain que le jeune héritier avait tenu tête aux trois bandits, donc sous cette frêle apparence, se cachait un gars capable de faire face à plus fort que lui. Mais pourquoi faisait il croire à une fausse faiblesse, qu’est ce qui le poussait à paraître ce qu’il n’était pas… ALFRED voyant le stock de cibles baisser : veux tu que j’ailles chercher d’autres bouteilles ? OSCAR : oui je veux bien Alfred quitta la zone de tir pour se diriger vers la demeure. Il fit quelques pas puis aperçut l’homme, l’épée à la main, qui les observait. Il reconnut sans difficulté le lieutenant de police qui était venu rendre visite à sa « maîtresse ». « Depuis combien de temps est-il là ? » se demanda-t-il alors qu’Oscar continuait impassiblement son entraînement sans se douter de la présence de ce spectateur. Il s’arrêta devant le jeune homme pour s’enquérir de la raison de sa présence en la demeure. ALFRED : Lieutenant… que puis-je pour votre service ? ALAIN : je souhaiterais m’entretenir avec Monsieur Jarjayes, s’il a quelques minutes à m’accorder. ALFRED : je vais le prévenir de votre présence. Le majordome rejoignit la jeune femme blonde, posa sa main sur son bras tendu alors qu’elle s’apprêtait à tirer de nouveau. OSCAR : qu’y a-t-il Alfred ? ALFRED : je suis désolé de te déranger… mais il semble que quelqu’un soit venu assister à tes prouesses. Oscar se retourna et suivit du regard la direction que lui indiquait son ami. Elle le vit. Il était là, à quelques mètres d’elle en train de rengainer son épée. D’après ce que lui avait dit Alfred, il l’avait vu tirer. Trop tard, elle ne pouvait plus revenir en arrière. De son côté, Alfred observait sa protégée : après un instant de surprise à la découverte du visiteur, il vit son regard bleu, si souvent distant, s’imprégner d’une étrange lueur. Qu’y avait-il entre ces deux êtres ? Il savait qu’Oscar et cet homme s’étaient rencontrés à plusieurs reprises mais il percevait un étrange manège entre eux. Et si ?.... ALFRED à voix basse : y aurait-il quelque chose dont tu voudrais me parler ? OSCAR se retournant avant que le rouge ne lui monte aux joues : je ne vois pas ce dont tu veux parler ALFRED pour lui-même : je crois bien que si… Elle posa son pistolet, prit le temps de s’essuyer les mains puis rejoignit cet homme. Elle dut se faire violence pour empêcher ses souvenirs de refaire surface. Milles pensées impures réapparaissaient, milles brûlures envahissaient son corps de femme. « Pas maintenant » pensa-t-elle… elle était Oscar, pas Astrée. Il était Alain Soisson, le policier… pas l’amant qu’elle avait découvert ce soir là… OSCAR retrouvant son calme apparent : bonjour Lieutenant, que me vaut le plaisir de votre visite ? ALAIN : bonjour, Monsieur Jarjayes. Je suis désolé de vous déranger et de me présenter ainsi sans y être invité OSCAR : vous êtes tout excusé. Je suppose que vous avez une excellente raison pour venir à Jarjayes. ALAIN : en effet… je suis à la recherche du Capitaine Girodelle La jeune femme l’invita à le suivre dans la demeure familiale et le fit entrer dans son bureau où elle lui offrit un siège. Elle s’approcha d’un petit guéridon sur lequel reposait une bouteille. Elle présenta un verre au soldat qu’elle remplit du liquide bordeau puis s’assit face à lui. OSCAR : j’ai cru comprendre qu’il était porté disparu depuis plusieurs jours ALAIN : c’est effectivement vrai : nous avons subi une attaque, il y a une quinzaine de jours et le capitaine a été semble-t-il gravement blessé. Nous ignorons où il se trouve et s’il est encore en vie. OSCAR : qu’attendez vous de moi ? ALAIN : je sais que le capitaine et vous êtes amis, je me demandais si vous aviez une idée pour le retrouver… nous l’avons cherché jour et nuit dans les endroits où il avait l’habitude de se rendre mais nous sommes toujours rentrés bredouilles. Oscar repensa à cette affaire. Oui Oscar Jarjayes et Girodelle étaient devenus disons des amis au fil des mois mais elle était également Astrée, justicière de la nuit, et le Capitaine de police avait toujours cherché à la capturer... la dernière fois qu’elle avait croisé son chemin, il n’avait exprimé qu’un souhait : la tuer ! OSCAR : malheureusement, je crains de ne vous être d’aucun secours. J’ignore où peut se trouver le capitaine. J’essayerais d’interroger mes connaissances si cela peut vous ouvrir une piste. ALAIN : je vous en saurais gré. OSCAR : sait-on qui est l’auteur de ces méfaits ? Oscar vit pour la première fois, le lieutenant hésiter, comme s’il cherchait ses mots. ALAIN : oui… une femme a été arrêtée. Elle était recherchée de longue date d’après les informations que j’ai pu obtenir. Elle était à la tête d’une organisation et était l’investigatrice de plusieurs attaques et vols. Elle s’appelle Jeanne de Valois… mais elle est connue sous un autre nom…Anjeline Odaves… L’homme guetta la réaction d’Oscar Jarjayes. Contrairement à ses attentes, le jeune homme blond ne sourcilla pas. « Comme la dernière fois » réalisa-t-il. « Comme lorsque je lui ai annoncé la perte de son navire ». Alain ne comprenait pas : l’homme qui buvait tranquillement son vin devant lui prenait la nouvelle calmement, trop calmement. Il se demanda presque s’il n’était pas au courant avant qu’il ne lui donne l’information… Comment serait-ce possible ? Les secondes s’écoulèrent dans un silence pesant. Oscar faisait tourner le nectar dans son verre, le liquide léchant les parois en laissant une fine pellicule colorée. A quoi pensait-il ? Se doutait-il de quelque chose ? Elle était tiraillée par ses sentiments ambigus. Elle voulait lui dire la vérité, lui avouer son attirance pour lui ; mais elle avait également une tâche à achever, la rupture de son anonymat affaiblirait sa force… elle devait se protéger, elle voulait le protéger. ALAIN brisant le silence : ce sont de fort belles armes que vous avez dans cette pièce. Il engloba du regard les nombreuses épées et armes à feu qui trônaient fièrement sur les murs. OSCAR : ces armes sont dans ma famille depuis des années. C’est mon père qui a commencé à les rassembler. J’avoue qu’au fil du temps, je n’y prête plus attention. Le policier se leva pour examiner de plus prés un des pistolets qui était posé sur une commode. Il le sortit de son écrin et toucha du bout des doigts les armoiries gravées sur la crosse de l’arme : un lion bleu tenant un sabre. ALAIN en reposant le pistolet : j’ai pu vous voir à l’œuvre tout à l’heure… OSCAR : Alfred était Capitaine aux Amériques, c’est lui qui m’a enseigné le tir AlAIN : je suis surpris qu’un homme tel que vous sache si bien se battre… OSCAR oscillant entre l’inquiétude et la curiosité : quel homme croyez vous que je sois ? ALAIN : pour être franc, j’hésite… vous êtes à la fois très mondain, très apprécié de la haute société parisienne si j’en crois les rumeurs et… OSCAR : et ? ALAIN : il est très étonnant qu’un homme de votre position sache aussi bien tirer au pistolet ou faire front à des saoulards Le visage d’Oscar devint soudain figé : elle regarda le jeune homme dans les yeux, posa le verre qu’elle faisait danser dans sa main sur la table. OSCAR : vous connaissez sans doute mon passé… vous comprendrez que je ressente le besoin de savoir me défendre. Alain fut troublé par cet aveu : la voix de son hôte était légèrement altérée. Pour la première fois Oscar Jarjayes perdait de son flegme. « Pardonnez-moi si j’ai fait ressurgir de mauvais souvenirs » ne put-il s’empêcher de dire. OSCAR : c’est ce passé qui a fait de moi ce que je suis aujourd’hui… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Lun 6 Mar - 20:05 | |
| Chapitre 25 : Facettes L’ambiance était noire dans la petite taverne. Les hommes hurlaient, rotaient, crachaient, certains se battaient suivant les soirs… les femmes de petite vertu riaient à gorge déployée, dévoilant leurs charmes de manière indécente, essayant d’entraîner dans leur couche le moindre volontaire. Un homme n’avait que faire de tout ce remue-ménage : il attendait simplement celui qui lui avait donné rendez vous en ce lieu. Qui pouvait croire qu’un jour ils se rencontreraient de cette manière ? Eux qui s’étaient évités des années, eux qui étaient si différents, eux qui étaient les deux faces opposées d’une même pièce… Oui ce soir il avait rendez-vous avec son ennemi de toujours. Il sortit à nouveau le message de la poche de son veston : les mots étaient griffonnés par une main incertaine, peu encline à l’écriture. Il avait tout d’abord cru à une mascarade mais le messager était de confiance … l’affaire était sérieuse. Toujours prévoyant, il avait fait poster des hommes aux abords de l’estaminet : il était un des assassins les plus recherchés de la capitale… il devait se montrer prudent. En attendant son « invité », il faisait glisser son poignard sur un long morceau de bois. Au fil des minutes, le rondin insignifiant fut transformé en un fin pieu de bois. « Cela pourra toujours servir » pensa l’artisan de mort. « Bonjour Saint Just » L’assassin regarda l’homme qui se présentait à lui. Il était élégant, habillé de sombre, ses cheveux châtains reposaient librement sur ses épaules mais une partie de son visage était occultée par une large mèche. Etait-ce vraiment lui ? Le nouvel arrivant s’invita de lui-même à s’asseoir. Dans son mouvement, Saint Just put entrevoir la partie droite du visage révélée par la mèche de cheveux : un demi masque de cuir recouvrait l’ensemble de la peau… mais il pouvait voir de profondes arabesques pourpres courir jusqu’à la base de son cou. L’assassin eut l’impression d’être face à deux personnages : deux visages… deux hommes. D’un côté le capitaine de police Victor Girodelle et de l’autre… un inconnu. SAINT JUST: Capitaine… GIRODELLE : je ne suis plus Capitaine Girodelle parlait d’une voix froide. Saint Just connaissait ce comportement : il était lui-même ainsi depuis son plus jeune âge, depuis qu’il effectuait la « sale besogne »… les hommes le craignaient pour sa froideur, d’ailleurs ne l’avait-on pas surnommé « L’Archange de la Terreur » ? Oui l’homme qui lui faisait face n’était plus le même. SAINT JUST: pourquoi vouliez vous me rencontrer ? Cela fait des années que vous me pourchassez… GIRODELLE : une trêve SAINT JUST: une trêve ? Depuis quand un policier fait-il une trêve avec une personne comme moi ? GIRODELLE : je vous l’ai déjà dit : je ne suis plus policier ! Nous avons un ennemi commun ! SAINT JUST: vraiment ? Puis-je savoir lequel ? GIRODELLE : cette femme…cette Astrée ! SAINT JUST: expliquez vous GIRODELLE : c’est simple : elle vous empêche de commettre certains de vos forfaits SAINT JUST: c’est exact mais cela arrange la police, n’est-ce pas ? GIRODELLE : Non ! Je veux que cette femme disparaisse ! Je veux qu’on ne puisse plus jamais prononcer son nom ! L’assassin regarda l’homme perdre son sang froid. Il percevait de la haine dans sa voix. Oui… Girodelle était sérieux : il semblait haïr cette femme plus que tout au monde… plus que lui, l’homme qu’il n’avait jamais cessé de pourchasser des années durant. Pour éliminer cette femme, l’ancien policier était prêt à pactiser avec le diable. SAINT JUST: très bien, je vous écoute. Les deux hommes restèrent à discuter de longues minutes, Girodelle exposa ses intentions au tueur. Il avait eu le temps de prendre sa décision pendant ses longues heures d’agonie. Il avait tout perdu à cause d’elle : la femme qu’il aimait, son commandement, sa place dans la société, son honneur. Les tiraillements de ses chairs meurtries étaient comme des appels à la vengeance. …………………….. Quelques heures plus tard au château de Jarjayes… ALFRED : alors comme cela, Madame Odaves a été arrêtée OSCAR : oui, c’est ce que m’a annoncée Alain ALFRED : Alain ? Tu veux sans doute parler du lieutenant Soisson OSCAR : bien sûr, de qui veux tu que je parle ? Alfred regardait presque amusé Oscar sortir de ses gonds. Elle qui affichait toujours une attitude calme, perdait consistance dès qu’il était question du soldat. Il se rappelait de la nuit où il l’avait entendue rentrer très tard. Elle était Astrée ce soir là, pourtant elle avait changé : son heaume était simplement posé sur son visage alors que ses cheveux blonds dansaient sur ses épaules ; sa chemise noire était légèrement débraillée et son armure reposait sur la croupe de Tempête. Il sut instinctivement que quelque chose avait changé. En tant que protecteur, il avait essayé d’en savoir un peu plus sur la situation. Oscar lui avait raconté sa nuit : comment elle avait intercepté Anjeline, l’accident avec Girodelle ainsi que sa fuite. Mais l’homme d’expérience qu’était Alfred perçut que la jeune femme ne lui avait pas tout dit ; comme un blanc dans les pages d’un livre… un secret… Après la visite d’Alain Soisson, il eut la certitude que cet homme était la clef du mystère. Son œil scrutateur notait que le comportement d’Oscar changeait imperceptiblement en présence du policier, d’ailleurs suite à sa première visite, il avait retrouvé la jeune femme presque bouleversée. Il devait savoir, il devait s’assurer que cet homme ne lui ferait pas de mal. ALFRED : que sait le lieutenant au sujet d’Astrée ? La question surprit Oscar. Pourquoi Alfred avait tout d’un coup ce regard sérieux ? Que croyait-il ? Sans s’en rendre compte, le sang lui monta aux joues, elle tenta de contenir ses émotions. OSCAR : je pense qu’il ne la croit pas mêlée à toutes ces affaires. C’est un homme intègre. Je pense que je pourrais m’en faire un allié. ALFRED : sait-il qui elle est en réalité ? OSCAR : non ALFRED : attention, Oscar, s’il a rencontré Astrée plusieurs fois, il pourrait te reconnaître. « C’est vrai » pensa Oscar. « Il connaît mon corps, il saurait reconnaître mon parfum… ». Soudain mille doutes l’assaillirent. Devait elle lui dire la vérité avant qu’il ne soit trop tard ? Cette nuit avait-elle était une folie ? Alfred regardait sa « maîtresse » plongée dans ses pensées. Il eut le cœur serré en la sentant ainsi, sujette à ses incertitudes. OSCAR pensant à voix haute : se pourrait-il que j’ai commis une erreur ? ALFRED : à quel sujet ? Le visage de la jeune femme rosit instantanément. Il n’en fallut pas plus à Alfred pour comprendre. Elle était une belle femme, et ce jeune soldat semblait la troubler. Son cœur se déchira lorsque les yeux azurs se remplirent de larmes. Oscar ressemblait à une petite fille effarouchée. Il s’approcha d’elle, passa sa main derrière sa tête blonde et l’obligea à se reposer sur son épaule… ALFRED : l’aimes-tu ? Il la sentit sursauter en entendant la question. Elle ne répondit pas. Savait-elle quoi répondre d’ailleurs? Connaissait-elle la signification du mot « amour » ? Il l’ignorait. ALFRED : laisse faire le temps, si tu l’aimes… s’il t’aime, les choses s’arrangeront d’elles mêmes. Ils restèrent ainsi, Alfred continua à lui parler d’une voix douce… comme un père à son enfant… |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Mer 8 Mar - 20:34 | |
| Chapitre 26 : Entraide Astrée pénétra discrètement dans l’enceinte de la caserne. Elle franchit les postes de garde sans difficulté et atteignit la porte de la chambre du Capitaine Soisson. Les flambeaux qui éclairaient les abords du bâtiment abandonnèrent peu à peu la jeune femme à l’obscurité des couloirs. Elle chercha à tâtons la poignée de la porte et la tourna sans bruit avant d’entrer dans la pièce. La chambre du soldat était faiblement éclairée par la lumière extérieure, attenante au bureau qu’elle avait visité quelques mois auparavant. Un lit était disposé dans un coin de la pièce tandis qu’une chaise et une commode complétaient le mobilier. La jeune femme s’approcha discrètement de la forme allongée, tendant son bras vers l’épaule dénudée pour réveiller le dormeur. « Capitaine ? » murmura-t-elle à ses côtés. En un éclair, elle se retrouva étendue à plat ventre sur le matelas, le bras droit replié dans son dos, un poids lui écrasant les reins. ASTREE tentant de hurler sans bruit : Qu’est ce qui vous prend ? C’est moi ! Aussitôt l’homme desserra son étreinte sans pour autant la libérer. ALAIN : vous êtes folle de débarquer ainsi en pleine nuit sans prévenir. J’aurais pu vous blesser… à moins que vous soyez venue pour me tenir compagnie… Il venait de prononcer ces dernières paroles tout près de l’oreille d’Astrée, caressant son cou de ses lèvres. La jeune femme percevait ses larges mains sur ses hanches et ses jambes se glisser le long des siennes. Après quelques instants de ce traitement, son cœur commença à s’emballer au souvenir de leurs ébats. Une des mains d’Alain se faufila ensuite sous le cuir de son heaume, laissant échapper quelques mèches de ses cheveux, du bout des doigts, il put enfin admirer leur nuance : fins fils d’or … Astrée retint sa respiration : si le soldat lui ôtait son masque, sa véritable identité ne lui échapperait plus. ASTREE d’une voix autoritaire : nous avons plus urgent à accomplir ! Levez-vous, je vous prie ALAIN poursuivant ses effleurements : qu’y aurait-il de plus important que vous et moi ? ASTREE : Alain ! Je ne plaisante pas ! Le capitaine fut comme frappé en pleine poitrine par le ton sans équivoque de la jeune femme mais également par l’appel de son nom ! Pour la première fois, sa belle l’appelait par son prénom… il ferait en sorte d’obtenir plus d’elle. Pour le moment elle ne semblait pas lui accorder davantage. Résigné, il relâcha sa prise, se leva du lit pour finalement s’asseoir sur la chaise. ALAIN après quelques étirements : allez, dites-moi ce qui est tellement important pour perturber une charmante nuit. ASTREE en remettant ses cheveux en place : j’ai entendu dire que certaines personnes complotaient pour faire libérer Jeanne de Valois de la Conciergerie ALAIN : où avez-vous entendu cela ? ASTREE : dans une taverne, dans un quartier sombre ALAIN le regard malicieux : ainsi vous fréquentez les estaminets ? De mieux en mieux… ASTREE : je vous parle sérieusement, arrêtez de faire l’enfant ! ALAIN : soit ! Mais il faudra que vous me reparliez de ces tavernes où vous allez. Quand est prévue l’affaire ? ASTREE : ce soir ALAIN : quoi ? Mais pourquoi ne pas l’avoir dit plus tôt ? ASTREE : mais c’est ce que j’essaye de vous expliquer depuis une heure alors que vous ne pensez qu’à vous amuser ! Sans attendre, le Capitaine de police enfila sa chemise et sa veste, boucla son ceinturon et mit ses bottes. Il ouvrit la porte de la chambre, non sans avoir déposé un fugace baiser sur les lèvres de sa compagne. ALAIN : allons-y ! ASTREE : vous n’y allez pas avec un régiment ? ALAIN : vous plaisantez, vous savez l’heure qu’il est ? Le temps que mes hommes soient prêts, les brigands seront déjà retournés se coucher… Non on va agir tous les deux… …………………. Etrange duo. Le Capitaine de police et la justicière masquée longeaient le mur de la prison de la Conciergerie. Ils ne mirent pas bien longtemps à découvrir le lieu de l’effraction : une lourde porte secondaire avait été forcée et les barreaux étaient comme rongés, sans doute par un quelconque acide. ASTREE en pénétrant dans l’enceinte : allons-y ! Alain admirait avec quelles méthode et stratégie la jeune femme opérait. Elle aurait sans doute fait un excellent soldat. Il se faufila à ses côtés dans les longs couloirs de pierre. Ils découvrirent bientôt des gardiens écroulés au sol, morts ! Ainsi les malfaiteurs ne plaisantaient pas : ils étaient prêts à tuer sans hésitation. Les passages s’enchaînaient les uns après les autres, créant des minis labyrinthes. Les deux intrus suivaient les cadavres laissés à leurs pieds par leurs prédécesseurs. Astrée trouva la situation bien ironique. Elle était recherchée par toute la police, elle était accompagnée par un capitaine et comble de tout : elle entrait sciemment dans la prison la plus célèbre de Paris. Elle jouait décidément avec le feu. Une large main se posa soudain sur son bras. Alain venait de lui faire signe de s’arrêter : des bruits se faisaient entendre à quelques pas de leur position. Il s’approcha d’elle pour lui murmurer : « Soyez prudente… je n’ai aucune envie de vous perdre ». Sans attendre, il déboucha sur les assassins ! Avant que les hommes n’aient pu faire le moindre geste, le capitaine de police en avait déjà abattu un d’un coup de pistolet et un autre à l’aide d’un poignard. Puis il dégaina son épée et se lança dans la bataille. A l’autre bout de la geôle, Astrée faisait face à ses adversaires : soulageant un des tueurs de son arme d’un coup de fouet, plantant de-ci de-là son épée dans les corps. Il ne resta bientôt plus trace de menace : les assassins furent tous maîtrisés avant de parvenir à la cellule de leur complice. ALAIN : je crois qu’ils ont leur compte. Nous devrions partir avant que les autres gardiens n’arrivent… il ne faudrait pas qu’on vous surprenne ici… ASTREE : dans le pire des cas, vous leur diriez que vous m’avez attrapée ALAIN un fin sourire aux lèvres : n’est-ce pas le cas ? Alain dut se satisfaire du silence de la belle. Comment pouvait elle paraître si froide alors que lui était ébranlé par le moindre de ses gestes, la moindre de ses paroles. Ils sortirent finalement de cette prison où il ne faisait pas bon rester. Alain saisit les rênes des chevaux et invita Astrée à monter. Il se posta ensuite à la gauche de sa monture, accrocha son épée au pommeau en interpellant sa partenaire : « et si nous allions visiter un de vos estaminets ? »… seuls le bruit des sabots lui répondirent : Astrée avait profité de son inattention pour s’éclipser. « Elle me rend fou… je me mets même à parler tout seul » pensa-t-il. Il monta sur son cheval et reprit calmement la direction de la caserne, résigné à sa nuit solitaire. Mais dans un espace en retrait, à l’abri des regards, un homme n’avait rien manqué de la scène. |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Ven 10 Mar - 11:05 | |
| Chapitre 27: Dans les bras d’un(e) autre Alain se mit à déambuler dans les ruelles de Paris. Finalement passer cette nuit seul ne le tentait pas. ELLE avait échauffé son corps et son esprit. Il opta finalement pour un petit détour dans une de ses tavernes préférées : un peu de vin et une jolie fille calmeraient sans doute ses ardeurs. Quelques minutes plus tard, il se retrouva donc assis au comptoir, un verre à la main… il repensa soudainement à Oscar Jarjayes. « Ce n’est pas le moment de penser à lui ! » se mit-il à bougonner. D’ailleurs pourquoi pensait-il à lui maintenant ? Sans doute en souvenir du verre de vin qu’ils avaient partagé. Sans doute à cause de cette soirée de beuverie où certains de ses hommes et lui lui avaient porté secours ici même… oui c’était sans doute ça. En guise d’oubli, il but une gorgée de son nectar. « Alain ? Que fais-tu ici à cette heure ? Ce n’est pas dans tes habitudes » Le Capitaine se tourna vers la jeune femme qui venait de l’interpeller. Une belle brune, aux formes généreuses, à la tendresse sans pareille. Rosy était sa seule « femme » régulière. Elle savait se montrer attentionnée auprès des hommes auxquels elle tenait compagnie. « Tu m’as l’air bien triste… tu m’offres un verre ? » Le jeune homme ne put résister à son sourire. Il lui fit signe de s’asseoir à ses côtés et lui versa un verre de vin. ROSY : alors, qu’est ce qui se passe ? ALAIN en buvant une nouvelle gorgée : rien, j’avais seulement besoin d’un peu de compagnie. ROSY : dans ce cas ! Sans plus de cérémonie, la jeune femme lui attrapa le bras et le tira à sa suite. ALAIN : attend…. Qu’est-ce que tu fais ? ROSY : je sais comment te remonter le moral ! ALAIN : pas ce soir… et je n’ai pas un sou ROSY : je ne me fais pas de soucis… et puis je te dois une nuit, n’oublie pas Docile, le capitaine se laissa mener à la chambre de sa maîtresse. A peine le seuil franchi, Rosy lui ôta ses bottes, sa chemise et le poussa sur le lit. « A nous deux mon fringant Capitaine ». Elle retira sa robe diaphane et s’allongea langoureusement sur son compagnon. Experte, elle remonta ses mains le long des muscles abdominaux, jusqu’à la poitrine d’Alain, collant outrageusement ses seins à sa peau. Le jeune homme « affaibli » par un tel traitement, se laissa faire, capturant ses lèvres au passage. Le baiser s’approfondit, les mains de Rosy rejoignirent bientôt les courbes du mâle, contournèrent la base de ses cuisses avant de s’engouffrer dans son pantalon. Alain ne put retenir une inspiration de surprise au contact de ces doigts sur son membre. « Attend !!! » ROSY : quoi ? ALAIN en refermant son pantalon : je ne peux pas faire ça ! ROSY : comment ? Tu n’as pas envie ? Pourtant d’habitude…. ALAIN : non Rosy pas ce soir, je …. ROSY : mais… Voyant le regard soudain sérieux de son ami, Rosy n’insista pas. Elle se leva, enfila sa robe et prit place sur le lit aux côtés d’Alain. Celui-ci s’était assis contre les oreillers, il se passait la main dans les cheveux comme dans l’attente d’une réponse qui ne viendrait jamais. ROSY : c’est cette femme, n’est-ce pas ? ALAIN : quelle femme ? ROSY : cette blonde… Aussitôt l’image d’Astrée se dessina dans l’esprit du policier. Oui c’était à cause d’elle. Serait-ce possible qu’il soit tellement attachée à elle qu’il ne puisse plus voir aucune autre femme ? Pas même Rosy ? ROSY : sincèrement je ne sais pas ce que tu lui trouves. Au début j’ai pensé que ce mignon que tu m’avais ramené, profiterait de l’occasion pour passer un agréable moment… mais j’ai été bien déçue… il n’avait rien pour me satisfaire… tu t’es bien moqué de moi : j’ai joué les infirmières toute la nuit avec cette fille au lieu de me faire quelques pièces avec un jeune homme qui avait de l’argent à dépenser dans mes bras. Alain regroupa peu à peu les informations que lui donnait Rosy : elle parlait d’une personne qu’elle avait prise pour un homme alors que, semble-t-il, il s’agissait d’une femme… mais de qui voulait elle parler ? ROSY : d’ailleurs je ne comprends pas qu’on veuille frapper aussi violemment une femme… Qu’avait elle donc fait ? Le policier avait du mal à rassembler les pièces : la seule personne qu’il avait confiée à Rosy était Oscar Jarjayes… donc d’après les dires de sa maîtresse : Oscar était une femme ? ALAIN : Oscar ? ROSY : ah c’est comme ça qu’elle s’appelle ? Ainsi elle ne porte pas seulement des vêtements d’homme, elle en a même le nom ! Mais sincèrement, je ne vois pas ce que tu peux lui trouver à part si maintenant tu as une préférence pour une fille qui n’a pas de formes… pas étonnant qu’on la prenne pour un homme ! « Non, elle doit faire erreur, ce n’est pas possible. Oscar Jarjayes est un homme, il est le fils du Général de Jarjayes. Personne ne pourrait ainsi abuser son monde. D’ailleurs il a tenu tête à plusieurs hommes… une femme en serait incapable… oui Rosy doit se tromper. J’irai demain à Jarjayes, j’en aurais le cœur net » pensa longuement Alain. ALAIN : je dois y aller. Merci pour cette soirée Rosy ROSY : mais... Mais le Capitaine ne l’écoutait plus. Il se rhabilla et descendit mes escaliers qui menaient aux chambres. Il était temps qu’il retourne à la caserne ; demain il aurait un point à éclaircir. ROSY : reviens quand tu veux mon chéri La jeune femme le regarda partir les mains posées sur la rambarde de l’étage. Etrangement elle sentit qu’Alain ne reviendrait plus la voir… La pièce principale de la taverne s’était prodigieusement vidée depuis quelques minutes. La plupart des saoulards étaient rentrés chez eux et quelques derniers clients étaient dans les chambres pour prendre du bon temps en compagnie des filles. Alain s’avança vers la porte extérieure mais avant qu’il n’ait pu faire le moindre geste, deux hommes l’avaient immobilisé tandis qu’une montagne humaine lui envoyait son poing dans l’estomac, lui faisant perdre tout résistance. « Ahhhhhhhhh » cria Rosy impuissante devant la violence du geste « La ferme ! » hurla un des kidnappeurs Un homme, le visage à demi dissimulé, pénétra dans l’estaminet sous le regard impuissant des derniers clients : « si quelqu’un s’avise de nous suivre… nous le tuons » « Qui êtes vous ? Que me voulez-vous ? » demanda Alain entre deux respirations difficiles L’homme s’approcha de lui, lui releva la tête en lui tirant les cheveux vers l’arrière : « Tu le sauras bien assez tôt ». Son poing claqua comme un fouet sur le visage du capitaine, qui évanouit sous le coup. « Emmenez le ! » |
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 | Sujet: Re: Vengeance secrète Mer 15 Mar - 6:15 | |
| Chapitre 28 : Prisonnier Le réveil fut aussi brutal pour Alain que son « endormissement » : un seau d’eau ! « Installe-le ! » ordonna un homme. La montagne humaine ramassa le policier à demi inconscient et l’assit sur une chaise, les mains liées dans le dos. Le prisonnier commença à ouvrir les yeux mais il ne parvint à distinguer que quelques formes floues : son œil gauche était tuméfié et son œil droit tentait de compenser le préjudice. Un homme s’approcha de lui : « je veux savoir où elle est. Dites-le moi et vous serez libre ». Alain connaissait cette voix. Il l’avait maintes fois entendue : « Capitaine Girodelle ? » demanda-t-il. Mais de qui voulait-il parler ? Pourquoi Girodelle l’avait-il fait enlever ? GIRODELLE : allons Alain, je sais que vous savez où elle se cache ALAIN : je ne sais pas de quoi vous parlez GIRODELLE gagné peu à peu par la colère : je veux Astrée ! ALAIN : je ne vois pas ce que je viens faire ici, je… GIRODELLE en le giflant : inutile de mentir, je vous ai vus hier soir… ALAIN : Hier soir ? … Bien sûr c’est vous qui avez voulu libérer Jeanne de Valois GIRODELLE le frappant de nouveau : je vous interdis de l’appeler ainsi ; elle s’appelle Anjeline, MADAME Anjeline Odaves. Alain comprit bien vite que son ancien capitaine avait peu à peu perdu la raison : il était tellement obsédé par Astrée qu’il avait perdu tout raisonnement objectif. ALAIN calmement : je ne sais pas où elle se trouve GIRODELLE : très bien… allez-y… occupez vous de lui ! Girodelle venait de s’adresser aux deux hommes qui l’accompagnaient : Saint Just et son homme de main. Il quitta la cellule et fit signe à l’assassin de le suivre dehors. GIRODELLE : je veux qu’il nous dise tout ce qu’il sait sur elle SAINT JUST : à n’importe quel prix ? GIRODELLE en jetant un œil sur le prisonnier : ne le tuez pas… pas pour le moment SAINT JUST : très bien Sur ce, l’ancien homme droit et fier qu’était le Capitaine Victor Clément Girodelle laissa son ancien lieutenant aux mains du criminel. SAINT JUST: alors Capitaine, je suppose que tu ne veux pas que mon ami ici présent te fasse plus de mal… tu devrais parler… plus vite tu nous dis ce qu’on veux savoir sur cette femme, plus vite tu pourras partir d’ici. ALAIN : je me trouve bien ici, je pense que je vais rester encore un peu. SAINT JUST: idiot ! Vas-y ! Délie-lui un peu la langue. La brute entama la valse des coups. Malgré ses mauvais traitements, Alain persistait à rester conscient au grand bonheur de Saint Just. SAINT JUST: je vois que tu es résistant, très bien... Es tu enfin décidé à parler ? Je veux savoir où se cacher celle qui se fait appeler Astrée ALAIN avec un petit rire : si vous le découvrez, j’aimerai bien le savoir également. Son ironie valut à Alain une nouvelle vague de coups. Saint Just commençait à perdre patience : habituellement ses victimes avouaient sans grande difficulté au bout de quelques minutes. Cet homme non seulement lui tenait tête mais en plus il osait se moquer de lui ouvertement, lui, l’assassin. Il regarda dans un coin de la cellule : les affaires du policier avaient été entreposées là à la va vite. Le tueur s’en approcha et examina les objets : en repoussant la veste, il découvrit une épée, un pistolet ainsi que trois poignards. Un rictus de satisfaction se dessina sur ses lèvres : il prit une de ces lames et la fit voltiger dans sa main… ……………………. Au château de Jarjayes, Alfred descendait précipitamment les escaliers, criant intérieurement que les coups à la porte cessent. L’aube n’était pas encore levée que quelqu’un osait déjà se présenter au manoir. Qui osait les réveiller ainsi ? Il avait à peine eu le temps d’enfiler une robe de chambre et des pantoufles qu’il se ruait littéralement vers l’entrée en espérant qu’Oscar ne est pas été réveillée par ce vacarme. En effet, le fait qu’Oscar soit réveillée en sursaut présageait une journée difficile. Il ouvrit la porte sur une jeune femme : ses traits étaient tirés, ses habits sales et la rosée avaient eu raison d’elle. Ses cheveux bruns se collaient à son châle humide, ses épaules tressaillaient sous la fraîcheur de la nuit encore présente. ALFRED : que puis-je pour vous… Mademoiselle ? ROSY en essayant de reprendre ses esprits : je voudrais voir Oscar Jarjayes ALFRED : je suis désolé mais… ROSY le regard humide : c’est très important, je dois parler à Mademoiselle Oscar ! Alfred sursauta en entendant ainsi appeler la maîtresse des lieux. Très peu de personnes était au courant sa nature féminine. Qui était cette femme ? ALFRED:entrez, Mademoiselle, je vais voir… « Qui est-ce Alfred ? » Oscar se tenait en haut des escaliers, elle avait pris le temps d’enfiler un pantalon et une chemise avant de se présenter. ALFRED en se décalant pour laisser apparaître Rosy : il y a là une jeune dame… Aussitôt elle aperçut la jeune courtisane qui avait pris soin d’elle. L’affaire devait être grave pour qu’elle vienne ainsi se présenter au château. Oscar descendit rapidement les marches pour rejoindre Alfred et Rosy. OSCAR : Mademoiselle Roseline ? Que se passe-t-il ? ROSY : des hommes sont venus à la taverne hier soir… OSCAR : ceux de l’autre jour ? ROSY : non ! L’un portait un masque sur le visage… ils se sont mis à frapper Alain sans raison puis ils l’ont emmené ! OSCAR inquiète : Alain ? Savez vous où ils l’ont conduit ? ROSY qui commençait à verser toutes les larmes de son corps : non je ne sais pas… mais un des hommes a parlé d’un palais, je ne sais pas vraiment, je n’ai pas tout compris. ALFRED:c’est peut-être le Palais Royal OSCAR : mais il n’y a que la haute société au Palais Royal, je ne pense pas que quiconque aurait l’intention de kidnapper un capitaine de police. Ca n’a pas de sens. ALFRED:tu es trop jeune pour avoir connu ça mais il y a quelques années, le Palais royal était une des caches de tous les malfrats et divers voleurs… comme le masque noir… OSCAR : le masque noir ? ALFRED:tu demanderas à Bernard Châtelet… en attendant nous devons déterminer ce que nous pouvons faire pour cet homme. OSCAR : je vais aller le chercher ! ALFRED:mais tu ne… OSCAR : inutile de m’en dissuader ! Oscar regarda une dernière fois Rosy avant de se diriger dans son bureau. OSCAR : prépare une chambre pour Mademoiselle Roseline, veux-tu et trouve-lui des vêtements secs. Elle se retourna…. « Prend ceux de Maman… » murmura-t-elle d’une voix pleine d’émotion. |
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